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À propos de Ivo Rens

Professeur honoraire de l'Université de Genève

Tchernobyl. Nos enfants ont été irradiés ! Les preuves (*)

Source : Soir Mag Belgique

13 avril 2016

Exclusif

par

Benoît Franchimont

et Pauline Verhelst

 

Voici la preuve de la contamination de nos enfants

 

Une étude de l’UCL démontre que le taux de cancer de la thyroïde a augmenté significativement chez les jeunes Belges.

 

A quelques jours du 30ème anniversaire de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl (le 26 avril 1986), la publication des recherches de six médecins de l’hôpital universitaire de Mont-Godinne (UCL) va faire du bruit. Ces recherchent montrent, sur un échantillon large que le nombre de cancers papillières de la thyroïde (une forme de cancer qui peut être induite par les radiations) a augmenté significativement chez les enfants belges qui avaient moins de 15 ans en avril 1986.

 

LES JEUNES PLUS TOUCHÉS

Depuis 25 ans, le professeur Luc Michel, spécialiste des glandes endocrines à l’UCL, aujourd’hui à l’éméritat, est persuadé que la catastrophe de Tchernobyl a affecté la santé de nos enfants. En 2001 déjà, il présentait des chiffres alarmants, faisant état, parmi les patients de l’hôpital de Mont-Godinne (entre Dinant et Namur), d’un nombre inhabituel de cas de cancers de cancers de la thyroïde chez les enfants nés peu avant la catastrophe nucléaire.

Aujourd’hui, l’étude va plus loin. Et confirme encore davantage ce que le médecin craignait. Les recherches ont été menées conjointement par six médecins de services de chirurgie, endocrinologie et pathologie de l’hôpital universitaire, le professeur Luc Michel et ses collègues Julian Donelder, Alain Rosière, Caroline Fervaille, Julien Lemaire et Claude Bertrand. Elle est publiée dant le journal officiel de la Société royale belge de chirurgie, « Acta Chirurgica Belgica« . L’étude porte cette fois sur trois décennies d’expérience de cette équipe chirurgicale qui traite notamment les cancers de la thyroïde.

Résultat? Entre avril 1986 et avril 2015, 2349 patients nés avant avril 1986 ont été opérés à Mont-Godinne pour des lésions de la thyroïde. Les médecins ont examiné et comparé deux groupes distincts. Parmi les 2349 patients, 2164 avaient plus de 15 ans en 1986 (groupe A) et 185 moins de 15 ans (groupe B). Dans le groupe A, celui des patients les plus âgés donc, 175 ont développé un cancer papillaire de la thyroïde, soit 8,1°/oo. Dans le groupe B, les moins de 15 ans, cette proportion est plus que doublée: elle monte à 19,5 °/oo, soit 36 sur 185 patients ayant développé ce cancer.

 

LE TAUX DE CANCER NE DIMINUE PAS

Dans le détail, ces médecins de l’UCL constatent aussi que le taux de cancer de la thyroïde augmente au fil du temps dans les deux groupes d’âge différents, mais bien plus parmi les patients les plus jeunes. La différence entre les groupes A et B persiste tout au long de trois périodes étudiées (de 1986 à 1999, de 2000 à 2010 et de 2011 à 2015). Entre les périodes 1986-1999 et 2000-2010, on constate une diminution de l’écart du taux de cancer, mais la différence augmente à nouveau fortement entre 2011 et 2015.

« Nous ne nous attendions pas à une telle différence. De nouvelles techniques de diagnostic plus précises ont été introduites depuis 2011. Nous pensions que plus le temps passerait, plus le taux de cancer diminuerait chez les plus jeunes puisque ces techniques bénéficieraient aux deux groupes de patients. Ce n’est pas le cas. Le temps de latence peut donc être très long pour le cancer de la thyroïde induit par les radiations« , analyse le Pr Michel, que nous avons interrogé sur ces résultats interpellants.

 

DES BÉBÉS ATTEINTS

Les 36 patients du groupe B qui ont présenté un cancer avaient 12 ans d’âge moyen au moment de Tchernobyl. Leur âge moyen lors de l’intervention chirurgicale était de 33 ans. « Dramatiquement, nous avons rencontrés aussi six cas de bébés contaminés in utero, au stade foetal. Dans deux cas, il y a eu cancer de la thyroïde chez l’enfant. L’iode radioactif passe à travers le placenta ou via le lait maternel« , ajoute de Pr Michel. Pour nos médecins, cette longue étude démontre que l’exposition aux radiations du fameux nuage de Tchernobyl a été bien plus importante dans nos régions que ce que les autorités ont bien voulu reconnaître jusqu’ici.

Leurs recherches prouvent que, depuis 30 ans, le taux de cancer de la thyroïde chez les enfants belges qui avaient moins de 15 ans lors de l’accident nucléaire reste plus élevé que dans le reste de la population. « Je dirais plus précisément que c’est un problème à ne pas ignorer, et encore moins à nier, dans l’ensemble de la population européenne. En Belgique, j’aimerais obtenir les résultats d’études similaires sur tout le pays. Mais elles n’existent pas. Et le Registre du cancer, créé en 2008, ne donne aucune information pertinente sur le sujet« , déplore le professeur Michel.

« Il en est de même d’un récent rapport du KCE (Centre fédéral d’expertise des soins de santé, ndlr) sur tous les types de cancer de la thyroïde, qui n’aborde pas cette question spécifique. C’est étonnant. Pour moi, la date de naissance d’un patient présentant un problème thyroïdien est devenue la première information à considérer. »

 

« ON A RENTRÉ LES VACHES, PAS LES ENFANTS »

Depuis 1990, on sait avec précision que le nuage radioactif parti de Tchernobyl est passé au-dessus de la Belgique les 1er, 2 et 3 mai 1986. Et que les retombées radioactives ont été décelées sur tout le territoire, en dose plus ou moins élevée en province de Luxembourg et dans l’est de la province de Namur. Mais en 1986, aucune mesure n’a été prise, à part pour le bétail… Il aurait suffi, rappelle le Pr Michel, de confiner les enfants, plus sensibles à l’exposition, quelques jours à l’intérieur, et de leur distribuer, comme en Pologne, des comprimés d’iode. Mais rien n’a été fait. « En Belgique, on a fait rentrer les vaches, mais pas les enfants« .

« Des instructions simples et précises pour les inspections médicales scolaires seraient également fort utiles« , répète Luc Michel. Et il ajoute: « Ce n’est que depuis peu que les périmètres d’évacuation et de distribution de comprimés d’iode autour de nos centrales nucléaires ont été revus rationnellement en cas d’accident de type Fukushima. Mais mieux vaut tard que jamais. »

(*) Le titre journalistique de l’article parle d’irradiation, mais le contenu de l’article décrit une contamination radioactive, ce qui n’est pas pareil. (IR)

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L’éloquence d’une anagramme

L’éloquence d’une anagrammeCancer & Ruine.jpeg

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Centrale nucléaire du Bugey: Genève dépose plainte

par

Alexis Favre

Le Temps 2 mars 2016

 

La Ville et le canton intentent une action pénale concernant la centrale nucléaire française pour mise en danger de la vie d’autrui

Représentés par l’avocate et ancienne ministre française de l’ Environnement Corinne Lepage , la Ville et le canton de Genève annoncent le dépôt d’une plainte pénale contre X concernant la centrale nucléaire française du Bugey. Motifs invoqués: mise en danger de la vie d’autrui et pollution des eaux.

Contactées, les autorités genevoises ne souhaitent pas commenter cette décision annoncée dans un communiqué laconique. Elles ne précisent pas non plus le lieu du dépôt de la plainte. Le conseiller d’Etat Antonio Hodgers, la maire de Genève Esther Alder et le conseiller administratif Rémy Pagani  ne s’exprimeront que lundi lors d’une conférence de presse , aux côtés de Corinne Lepage.

Incidents et fuites constatées

En mars 2015, la Ville avait déjà annoncé qu’elle durcirait le ton contre la centrale du Bugey, située à quelque 70 kilomètres de Genève, dans l’Ain. Active depuis le début des années 1970, la centrale est l’une des plus vétustes de l’ Hexagone . Les associations anti-nucléaires constatent régulièrement des incidents et des fuites sur le site. Résolue à explorer «toutes les pistes» pour s’opposer à la poursuite de l’ exploitation de la centrale, la Ville de Genève disait agir dans le cadre de la Constitution cantonale, qui lui impose de « tout mettre en œuvre pour s’opposer à toutes velléités nucléaires dans et proches de ses frontières ».

Lire aussi:  La Ville de Genève hausse le ton contre la centrale nucléaire du Bugey

Les multiples procédures intentées jusque-là contre l’exploitant, EDF, se sont révélées infructueuses, «le Conseil d’Etat français prenant systématiquement position en faveur de l’énergie nucléaire», regrettait la Ville de Genève en mars dernier. La procédure pénale conjointe annoncée aujourd’hui par la Ville et le canton montrent que les autorités genevoises parlent désormais d’une seule voix sur le dossier, affichant leur détermination commune.

L’ opposition de la Ville de Genève à l’exploitation nucléaire en France voisine est une longue histoire . Epaulée par Corinne Lepage, la Ville avait déjà mené un long combat dans les années 1990 pour obtenir la fermeture de la centrale de Creys-Malville, intervenue en 1998.

 

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L’accident nucléaire en droit suisse

par

Pierre Mercier

Professeur honoraire

Faculté de droit

Université de Lausanne

 

  1. Sur le for nucléaire

 

Le Recueil systématique du droit fédéral, sous Droit privé, procédure civile, exécution, No 272, voir Annexe 1 au CPC, nous indique comme il suit la teneur de l’art. 38 a de ce Code :
Art.38 a Dommages nucléaires
1 Le tribunal du canton où l’évènement dommageable est survenu connaît impérativement des actions découlant d’un accident nucléaire.

2 S’il est impossible de déterminer ce canton avec certitude, le tribunal du canton où se situe l’installation nucléaire de l’exploitant responsable est impérativement compétent.

3 S’il existe plusieurs fors selon les règles qui précèdent, le tribunal du canton le plus étroitement lié à l’accident et le plus affecté par ses conséquences est impérativement compétent.

 

***
Selon l’art. 5 du CPC le droit cantonal institue une instance unique pour statuer sur les litiges relevant de la Loi fédérale sur la responsabilité civile en matière nucléaire (RS 732.44).

***

Par conséquent plus la contamination radioactive sera grave et étendue et plus le tribunal devra se rapprocher de l’installation à l’origine des dommages.
Il devrait siéger dans le canton de la centrale à l’origine des dommages.

Charmante perspective pour ce tribunal, les parties, leurs avocats, les témoins et les experts après ce que nous savons de Tchernobyl et de Fukushima !

Ne conviendrait-il pas de demander à Madame la Cheffe du Département de justice et police quelles dispositions ont été prises pour tenter de protéger tout ce monde contre les radiations et si le fait de prévoir un tel for est compatible avec les exigences de la Convention européenne de droits de l’homme ?
La crainte justifiée des radiations poussera la justice à être aussi expéditive que possible…

 

Bien d’autres questions peuvent se poser au sujet de l’administration de la justice en zone contaminée…

 

Trouvera-t-on même des juges qui oseront la rendre ?
Ne faudrait-il pas ajouter un 4ème alinéa à l’art. 38 a CPC et qui dirait :
4 En cas de nécessité le tribunal compétent pourra siéger dans un autre canton.

 

                       ***

 

  1. Et cela amène à une autre question : Trouvera-t-on en Suisse les centaines, voire les milliers de pompiers, d’ouvriers, etc, nécessaires pour tenter de garder sous contrôle un ou des réacteurs accidentés  et réduire au maximum la pollution radioactive ?

 

A Tchernobyl, à Fukushima, ils ont été ou sont encore à l’œuvre.

 

Qui peut vraiment penser que nous aurons en Suisse autant de Winkelried du nucléaire ?

c) Ou sont les sarcophages de rechange ?

 

  1. d) Comment contenir les masses d’eau nécessaires pour refroidir un ou des réacteurs accidentés et éviter une pollution radioactive du Rhin ?

Je crains fort que nous soyons très mal préparés à
faire face à un accident nucléaire suisse.
 

Pully, le 10.3.2016
 

 

 

 

 

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L’implosion du programme EPR illustre l’impasse de la France nucléaire

Source : Observatoire du nucléaire

http://www.observatoire-du-nucleaire.org

Communiqué du lundi 7 mars 2016

 

Qui aura le courage d’annoncer la fin du programme EPR… et la faillite de l’option nucléaire française ?

 

L’option nucléaire imposée dans les années 70/80 a engagé la France dans une impasse

 

En démissionnant de son poste du fait de son désaccord avec le projet de construction de réacteurs EPR en Grande-Bretagne, le Directeur financier d’EDF a mis en lumière devant le grand public une situation que nous dénonçons de longue date : ce n’est pas seulement le programme EPR mais l’option nucléaire dans son ensemble, imposée depuis 50 ans, qui a mis la France dans une situation inextricable.

 

Après avoir encensé aveuglément Areva et Madame Lauvergeon, les « élites » de l’industrie, de la politique et des médias (éditocratie) ont célébré depuis plusieurs années le projet d’EDF de construire des réacteurs EPR en Grande-Bretagne, présenté comme « un immense succès de la filière nucléaire française« . Pourtant, dès 2012, l’Observatoire du nucléaire affirmait que ce projet n’avait en réalité aucune chance d’aboutir (*).

 

Il est avéré que le programme EPR dans son ensemble, et pas seulement en Grande-Bretagne, est un échec total. L’abandon du projet de construction de 4 EPR en Inde n’a pas été annoncé publiquement mais est consommé.

 

Par ailleurs, il est de plus en plus probable que les quatre chantiers en cours n’aboutissent pas : les deux EPR chinois et celui de Flamanville (Manche), qui connaissent de grave retards, sont définitivement plombés par le fait qu’Areva a raté la fabrication des cuves.

 

Quant à l’EPR finlandais, sa cuve est correcte car usinée par le japonais Mitsubishi et non par Areva (!), mais les errements insensés de ce chantier (qui devait être fini en 2009 !), et la baisse importante de la consommation d’électricité, font que les Finlandais ne sont plus intéressés par la mise en service de ce dinosaure et préfèrent se faire rembourser en attaquant Areva en justice internationale.

 

Après la faillite d’Areva, c’est EDF qui est au bord du gouffre, sabordée par son parc nucléaire. Ce dernier est bien heureusement impossible à renouveler : incapable de construire UN réacteur, EDF ne peut évidemment pas en construire 25 ou 30, sans parler du coût incommensurable d’une telle aventure.

 

Par ailleurs, EDF n’a même plus les moyens de financer le rafistolage des réacteurs actuels : le programme pompeusement dit « grand carénage », annoncé au départ à un coût de 55 milliards, est désormais évalué à 100 milliards et assurément à bien plus (comme toujours dans le nucléaire).

 

Il est donc probable que EDF va concentrer ses dernières ressources sur quelques centrales et, dans les 10/15 ans qui viennent, fermer les réacteurs nucléaires par dizaines. Comme aucune alternative n’a été prévue, la France va se retrouver dans une impasse et sera obligée de lancer en catastrophe des programmes de réduction de la consommation (ce qui sera une bonne chose) et d’importer massivement de l’électricité de chez nos voisins… à supposer qu’ils aient des surplus à vendre (au prix fort) aux moments de forte consommation.

 

Bien entendu, les centaines de milliards d’euros nécessaires pour démanteler les réacteurs nucléaires et s’occuper des déchets radioactifs vont manquer à l’appel et ces graves problèmes seront légués à nos enfants.

 

Présentée pendant des décennies comme un « prodigieux exploit industriel », la construction en quelques années de 58 réacteurs nucléaires revenait en réalité à programmer pour 30 à 40 ans plus tard, c’est-à-dire à partir de maintenant, une situation catastrophique et inextricable sur le plan économique, en espérant qu’elle ne se double pas d’un Fukushima français, de plus en plus probable avec le vieillissement des réacteurs.

 

La faillite de l’option nucléaire est désormais avérée et incontestable, le seul problème est de trouver enfin un « responsable » assez courageux pour l’avouer publiquement. Ce ne sera probablement pas le PDG d’EDF, Jean-bernard Lévy, ni les ministres Royal (Environnement) et Macron (Économie), pas plus que MM Valls et Hollande.

 

Peut-être faut-il demander à MM Giscard d’Estaing et Boiteux (**), respectivement Président de la République et PDG d’EDF lors du lancement du parc nucléaire français, de se charger de ce terrible mais nécessaire aveu ?

 

 

(*) http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article219

(**) Déjà poursuivi par l’Observatoire du nucléaire pour des rejets délibérés de plutonium dans la Loire

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Comprimés d’iode : pilule miracle ou placebo ?

par Paul Bonny

lettre de lecteur parue dans

24 heures, le 11 février 2016

 

La presse a récemment annoncé les préparatifs d’une prochaine distribution de pastilles d’iode en cas d’alerte nucléaire. Destinées surtout à rassurer la population (nos autorités craignent avant tout la panique) ces informations méritent néanmoins d’être complétées et précisées. L’enjeu est tel que la population est en droit d’en savoir plus sur les risques qui lui sont imposés. Le plus important est que la pastille, pour être efficace, a besoin de temps. D’abord pour atteindre la glande thyroïde, puis pour la saturer avant l’arrivée du nuage radioactif. Tout dépend du lieu où l’on habite : en bord de mer, elle est presque à saturation en permanence. Plus on s’éloigne, plus il faut du temps, chacun réagissant selon sa biologie. Il faut au moins 48 h pour être sûr que la glande soit saturée chez tout le monde. Prises moins de 2 h avant l’arrivée d’un nuage radioactif, les pastilles n’ont aucun effet. C’est le temps minimum pour que l’iode parvienne à la thyroïde. Ainsi, pour être efficacement protégés, nous devrions théoriquement recevoir l’ordre d’ingérer la pastille déjà en notre possession lorsque le nuage radioactif se trouve encore à 1200 km de chez nous, afin de lui laisser le tenps d’arriver, poussé par un vent faible d’environ 25 km/h.

Concrètement, imaginons un accident à Mühleberg (env. 125 km de GE). Avec le même vent de 25 km/h venant du nord-est, nous serions contaminés 5 heures plus tard. Pour la centrale française du Bugey, un même petit vent soufflant du sud-ouest nous amènerait le dangereux nuage en 4 h environ. Dans les deux cas, les pastille d’iode n’auraient donc pas eu le temps nécessaire pour saturer la thyroïde !

Il faut en outre savoir qu’une fois saturée d’iode non-radioactif, notre glande thyroïde ne sait que faire de l’iode radioactif inhalé ou ingéré. Dès lors, nul ne peut dire où il ira se loger dans notre organisme. Et personne ne parle de la multitude d’autres éléments radioactifs (césium, strontium, etc.) émis lors de toute catastrophe nucléaire. Mais ils sont tôt ou tard inhalés ou ingérés par

la population exposée.

Avant de prendre cette pastille, l’avis d’un médecin est indispensable, notamment en cas de dysfonctionnement thyroïdien ou rénal, d’asthme, d’insuffisance cardiaque ou de maladie auto-immune. Enfin n’oublions pas que le CERN compte parmi les « Installations nucléaires de base » françaises. A ce titre, la population de Gex et environs a droit à ses pastilles d’iode. Encore faudra-t-il que les savants locaux anticipent tout problème grave si l’on veut pouvoir absorber la pastille au moins 48 h à l’avance !

Le nucléaire français n’en est pas à sa première tentative de nous faire avaler la pilule ! Rappellez-vous avril 1986 : le nuage radioactif de Tchernobyl avait providentiellement épargné la France !

Et l’explosion du cœur du réacteur n’avait fait que 37 victimes … Tout cela d’entente avec l’OMS, qui est aux ordres de l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique) et avec la bénédiction de l’ONU. Alors ça, c’est vraiment une pilule difficile à avaler !

 

 

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Convocation de l’Assemblée générale de l’Association pour l’Appel de Genève II (APAG2) pour le vendredi 11 mars 2016 à 18:00

ASSOCIATION POUR L’APPEL DE GENÈVE II

https://apag2.wordpress.com/

Genève, le 10 février 2016

Aux membres et sympathisants de l’APAG2

Convocation de l’Assemblée générale de l’Association pour l’Appel de Genève II (APAG2) pour le

vendredi 11 mars 2016 à 18:00

(cinquième anniversaire de Fukushima)

au Restaurant Le Milan (1er étage)

Boulevard de Grancy 54

1006 Lausanne

L’ordre du jour est le suivant :

1.- Paroles de bienvenue du président

2.- Adoption du procès-verbal de l’AG précédente

3.- Rapport d’activité du président

4.- Rapport du vérificateur aux comptes

5.- Projets d’activités

6.- Election du Bureau de l’APAGII

7.- Election des vérificateurs des comptes

8.- Divers et propositions individuelles

Les propositions individuelles doivent parvenir au Bureau jusqu’au vendredi 4 mars 2016 à l’adresse électronique de l’APAG figurant au bas de cette convocation.

Seuls les membres actifs qui se sont acquitté de leur cotisation de CH 30.- pour l’année en cours au jour de la convocation peuvent prendre part au vote. Les membres sympathisants sont également les bienvenus, mais ne peuvent voter.

L’Assemblée générale sera suivie d’un repas aux frais des participants de 19:15 à 20:15 au Restaurant du Milan, puis d’une conférence :

à 20:30

par Christian van Singer, physicien, ancien conseiller national, sur

Fukushima : quelles conséquences sur le plan du nucléaire en Allemagne et en Suisse cinq ans plus tard ?

Dans l’attente du plaisir de vous rencontrer, nous vous prions de croire, Mesdames, Messieurs, chères et chers membres, à nos salutations les plus chaleureuses.

Pour le Bureau de l’APAG II

Le président                Le vice-président

Ivo Rens                                                 Marc Oran

 

APAG 2, Case postale 113, CH-1211 Genève 17.

Courriel : Association pour l’Appel de Genève 2 <appel2geneve@gmail.com

Postfinance : compte 12-109301-9   IBAN CH37 0900 0000 1210 9301 9

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Quelques jours pour éviter un nouveau Tchernobyl ?

Pétition de AVAAZ.Org

Source : https://secure.avaaz.org/fr/belgian_nuclear_shutdown_fr_france_2/?tCVQubb

 

Aux membres du Parlement, aux gouvernements belge, français et à tous les gouvernements concernés dans l’Union européenne:

 

En tant que citoyens concernés partout en Europe, nous vous demandons de procéder immédiatement à une nouvelle évaluation de l’impact environnemental transfrontalier selon les dispositions de la directive EIE de l’EU et de la Convention d’Espoo de l’ONU. Cette étape est cruciale pour l’arrêt des réacteurs belges de Doel et Tihange au regard de l’inquiétude causée par les nombreuses fuites, les fissures, voire même les tentatives de sabotage de ces centrales. La sécurité publique est la priorité.

 

A signer sur le site de AVAAZ.Org susmentionné.

 

 

 

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Les centrales nucléaires belges, à bout de souffle, menacent les pays voisins

par Emilie Massemin

Source : Reporterre 5 javier 2016-01-31

http://www.reporterre.net/Les-centrales-nucleaires-belges-a-bout-de-souffle-menacent-les-pays-voisins

 

Le réacteur belge Doel 1 a redémarré lundi 4 janvier, après un arrêt dû à un alternateur déficient. Cet incident est le dernier d’une longue série dans les centrales nucléaires d’outre-Quiévrain. Alors que le gouvernement prolonge la durée de fonctionnement des réacteurs, la vétusté des installations inquiète les écologistes et les pays frontaliers.

Le réacteur nucléaire n°1 de la centrale belge de Doel a redémarré ce lundi 4 janvier à 11 h, a indiqué une porte-parole de la centrale à l’agence Belga. Doel 1 s’était mis automatiquement à l’arrêt samedi 2 janvier peu après 18 h, à cause d’un alternateur défectueux situé dans la partie non-nucléaire de la centrale. Ce dernier incident survenait trois jours après la remise en service du réacteur, suite à la décision en juin du gouvernement belge de prolonger de dix ans sa durée de fonctionnement.

« Ce type de problème en zone non nucléaire peut arriver dans une grosse installation » relativise le porte-parole de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) belge, Sébastien Berg, joint au téléphone par Reporterre. L’arrêt automatique du réacteur s’inscrit selon lui dans la « procédure normale » : « Dans une centrale nucléaire, les risques sont élevés en cas de problème. On ne prend pas de risque, on arrête tout et on inspecte. » En l’occurrence, l’AFCN ne prévoit pas de contrôle, car « l’incident n’était pas un problème radiologique et ne mettait personne en danger ».

En décembre de nombreux incidents

Cet arrêt est le dernier d’une série de dysfonctionnements observés au mois de décembre. La Belgique compte sept réacteurs nucléaires : quatre à Doel, dans la province flamande de Flandre-Orientale, et trois à Tihange, dans la province wallonne de Liège. Ils sont exploités par Electrabel, une ancienne entreprise publique aujourd’hui détenue à 100 % par le groupe français GDF Suez, alias Engie. Doel 3 a été stoppé dans la nuit du 24 au 25 décembre, en raison d’une fuite d’eau dans un générateur de la partie non nucléaire de la centrale. Ce réacteur avait en outre été arrêté du 26 mars 2014 au 21 décembre dernier, suite à la découverte de micro-fissures dans sa cuve en acier.

 

Deux des quatre réacteurs de Doel, sur l’Escaut : des pannes répétées

De son coté, le réacteur Tihange 1 s’est arrêté automatiquement le 18 décembre, suite à un incendie dans la partie non-nucléaire de la centrale. Le réacteur a été remis en route le 26 décembre. Tihange 2 a été mis à l’arrêt de mars 2014 au 14 décembre dernier, à cause de micro-fissures dans la cuve.

Des réacteurs anciens, maintenus en fonctionnement

Ces incidents posent la question du prolongement de la durée de fonctionnement des centrales nucléaires belges. En février 2003, le secrétaire d’État Ecolo Olivier Deleuze avait obtenu l’adoption d’une loi organisant la sortie du nucléaire, entre 2015 et 2025. Le texte initial prévoyait l’arrêt en 2015 des réacteurs les plus anciens, Doel 1, Doel 2 et Tihange 1, mis en service en 1975. Les autres réacteurs devaient être fermés en 2022 et 2023.

Mais en 2013, le gouvernement, alors composé de libéraux, de démocrates et de socialistes, a modifié la loi et prolongé la durée de vie de Tihange 1 jusqu’en 2025. En juin 2015, le nouveau gouvernement, où les nationalistes ont remplacé les socialistes, a décidé de prolonger la durée de fonctionnement de Doel 1 et Doel 2 jusqu’en 2025. Pour Jean-Marc Nollet, chef de groupe Ecolo-Groen à la Chambre, contacté par Reporterre, ces décisions sont d’une grande hypocrisie : « Cela signifie qu’il faudra fermer les sept réacteurs en deux ans, au lieu de dix. C’est évidemment impossible. Nous craignons de nouvelles prolongations en 2022 ou 2025. »

Or, les réacteurs Doel 1 et 2 sont dans un état de vétusté inquiétant, estiment les écologistes. « Suite à la catastrophe de Fukushima en 2011, l’ensemble des réacteurs européens ont dû subir des stress tests. Leur niveau de sécurité a dû être relevé. Sauf les deux réacteurs de Doel, qui devaient être fermés, rappelle M. Nollet. Résultat, on a pris beaucoup de retard. Electrabel, obnubilé par sa rentabilité, n’a pas pris le temps de mettre à jour les circuits électriques. L’alternateur qui a lâché est un signe de fatigue, inhérent à des centrales à bout de souffle. »

« On joue avec le feu »

 

Mis en service à partir de 1974, deux des réacteurs de Doel ont dépassé 40 ans de fonctionnement

Une constatation partagée par Damien Ernst, professeur en électromécanique à l’Université de Liège. « Sur la partie non-nucléaire, [Electrabel] a un nombre d’incidents significativement au-delà de la normale, a fait remarquer l’enseignant au site d’information belge DH. Le problème se produit à chaque fois sur des composantes électriques. Cela est lié au fait qu’ils ne font pas une maintenance préventive suffisante. Ils ont une doctrine ’run to failure’ : ils tiennent les pièces jusqu’à la casse. » En cause, la faiblesse du prix actuel de l’électricité sur le marché de gros, qui s’élevait dimanche à 28,42 € le mégawatt/heure. « En-dessous de 30 euros, avec les 700 millions d’euros d’investissement annoncés, Doel 1 et 2 ne rapportent rien. »

Les écologistes ont donc réclamé, dimanche, la suspension des opérations de prolongation de Doel 1 jusqu’aux inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), prévues pour février 2016 et 2017. « Dans le cadre des prolongations de la durée de vie des centrales, en Belgique, nous avons l’habitude de procéder à une analyse internationale, explique M. Nollet. Cela a été le cas à Tihange 1, en 2013. L’inspection avait permis de formuler sept ou huit recommandations. Les travaux avant la remise en route avaient duré deux ans. Mais pour Doel 1 et 2, tout s’est fait dans la précipitation. On joue avec le feu. »

« Nous n’avons pas besoin des résultats de nos pairs »

Les inspections de l’AIEA ne sont « pas obligatoires », prétend pour sa part M. Berg. « Nous avons fait une demande d’inspections en amont, mais l’Agence est très demandée, déclare le porte-parole de l’AFCN. Nous n’avons jamais voulu nous tenir au calendrier de l’AIEA. Nous n’avons pas besoin des résultats de nos pairs pour nous prononcer sur la réouverture d’un réacteur. »

Selon M. Berg, l’AFCN a réalisé tous les tests nécessaires. « Le gouvernement a appelé l’AFCN à se prononcer sur la sûreté en cas de prolongement de la durée de vie des réacteurs. Nous avons déterminé avec l’exploitant quelles actions préalables devaient être effectuées. Nous avons vérifié que les mesures avaient été mise en œuvre avant d’autoriser la réouverture, souligne M. Berg. En toute neutralité, nous nous sommes concentrés sur les plans techniques et scientifiques pour répondre à cette question : peut-on redémarrer le réacteur et prolonger sa vie avec des conditions de sûreté suffisantes ? »

Enorme conflit d’intérêt

  1. Nollet, lui, émet certains doutes sur l’impartialité de l’AFCN. «L’Agence est dirigée par Jan Bens, qui est l’ancien patron de la centrale de Doel, rappelle le député. Et il devrait faire des recommandations à une centrale qu’il a mal entretenue ? Le conflit d’intérêt est énorme. » En effet, M. Bens indique sur LinkedIn, un réseau social professionnel, avoir été directeur du site de Doel de septembre 2004 à octobre 2008. Il s’était alors publiquement prononcé pour une prolongation. Interviewé dans la revue interne Doel Info de fin 2004, M. Bens déclarait notamment que le réacteur de Doel 2 était « prêt pour encore trente années de service », avant même la modification de la loi sur la sortie du nucléaire. Il expliquait, en fin d’interview, qu’il « devait convaincre les politiques et le grand public que nous visons les soixante ans d’exploitation » de ces réacteurs nucléaires…

En outre, ce pro-nucléaire convaincu a déclaré dans une interview au Soir (abonnés) qu’il avait « proposé » des « enveloppes » à l’époque où il travaillait pour Electrabel au Kazakhstan. « C’est une économie de cash avec une corruption invraisemblable », expliquait-il. Avant de poursuivre en déclarant que la catastrophe de Fukushima n’avait fait que deux morts, bien en-dessous des 1 656 décès indirects recensés dans la seule province de Fukushima.

Les Pays-Bas et l’Allemagne inquiets

Le groupe PS de la Chambre a quant à lui demandé aux ministres de l’Intérieur et de l’Energie, Jan Jambon et Marie-Christine Marghem, de venir s’expliquer mercredi 6 janvier au Parlement.

Les Belges ne sont pas les seuls à s’inquiéter des incidents dans les centrales de Doel et Tihange. Plusieurs partis néerlandais d’opposition ont demandé au gouvernement de La Haye d’exiger à Bruxelles un droit de regard sur la centrale nucléaire de Doel. « Ces centrales sont si vieilles, que si quelque chose tourne mal, les problèmes ne s’arrêteront pas à la frontière », a déclaré la députée Stientje van Veldhoven au journal AD. Le SP exige carrément la fermeture de la centrale. « Les installations ont à peine été remises en route qu’elles sont immédiatement tombées en panne. Nous ne pouvons pas qualifier cela de simple incident à chaque fois », a expliqué le député Eric Smaling (SP). En Allemagne aussi, la colère gronde. « L’UE doit vérifier plus sévèrement si les règles de sécurité sont respectées », a affirmé lundi le ministre de l’Environnement du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (ouest de l’Allemagne), Johannes Remmel, au journal Rheinischen Post.

 

Source : Emilie Massemin pour Reporterre

Dessin : © Red !/Reporterre

Photos : Réacteurs de Doel : Wikipedia et Alexandre Jacquemin

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