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Source : Observatoire du nucléaire
http://www.observatoire-du-nucleaire.org
Communiqué du lundi 7 mars 2016
Qui aura le courage d’annoncer la fin du programme EPR… et la faillite de l’option nucléaire française ?
L’option nucléaire imposée dans les années 70/80 a engagé la France dans une impasse
En démissionnant de son poste du fait de son désaccord avec le projet de construction de réacteurs EPR en Grande-Bretagne, le Directeur financier d’EDF a mis en lumière devant le grand public une situation que nous dénonçons de longue date : ce n’est pas seulement le programme EPR mais l’option nucléaire dans son ensemble, imposée depuis 50 ans, qui a mis la France dans une situation inextricable.
Après avoir encensé aveuglément Areva et Madame Lauvergeon, les « élites » de l’industrie, de la politique et des médias (éditocratie) ont célébré depuis plusieurs années le projet d’EDF de construire des réacteurs EPR en Grande-Bretagne, présenté comme « un immense succès de la filière nucléaire française« . Pourtant, dès 2012, l’Observatoire du nucléaire affirmait que ce projet n’avait en réalité aucune chance d’aboutir (*).
Il est avéré que le programme EPR dans son ensemble, et pas seulement en Grande-Bretagne, est un échec total. L’abandon du projet de construction de 4 EPR en Inde n’a pas été annoncé publiquement mais est consommé.
Par ailleurs, il est de plus en plus probable que les quatre chantiers en cours n’aboutissent pas : les deux EPR chinois et celui de Flamanville (Manche), qui connaissent de grave retards, sont définitivement plombés par le fait qu’Areva a raté la fabrication des cuves.
Quant à l’EPR finlandais, sa cuve est correcte car usinée par le japonais Mitsubishi et non par Areva (!), mais les errements insensés de ce chantier (qui devait être fini en 2009 !), et la baisse importante de la consommation d’électricité, font que les Finlandais ne sont plus intéressés par la mise en service de ce dinosaure et préfèrent se faire rembourser en attaquant Areva en justice internationale.
Après la faillite d’Areva, c’est EDF qui est au bord du gouffre, sabordée par son parc nucléaire. Ce dernier est bien heureusement impossible à renouveler : incapable de construire UN réacteur, EDF ne peut évidemment pas en construire 25 ou 30, sans parler du coût incommensurable d’une telle aventure.
Par ailleurs, EDF n’a même plus les moyens de financer le rafistolage des réacteurs actuels : le programme pompeusement dit « grand carénage », annoncé au départ à un coût de 55 milliards, est désormais évalué à 100 milliards et assurément à bien plus (comme toujours dans le nucléaire).
Il est donc probable que EDF va concentrer ses dernières ressources sur quelques centrales et, dans les 10/15 ans qui viennent, fermer les réacteurs nucléaires par dizaines. Comme aucune alternative n’a été prévue, la France va se retrouver dans une impasse et sera obligée de lancer en catastrophe des programmes de réduction de la consommation (ce qui sera une bonne chose) et d’importer massivement de l’électricité de chez nos voisins… à supposer qu’ils aient des surplus à vendre (au prix fort) aux moments de forte consommation.
Bien entendu, les centaines de milliards d’euros nécessaires pour démanteler les réacteurs nucléaires et s’occuper des déchets radioactifs vont manquer à l’appel et ces graves problèmes seront légués à nos enfants.
Présentée pendant des décennies comme un « prodigieux exploit industriel », la construction en quelques années de 58 réacteurs nucléaires revenait en réalité à programmer pour 30 à 40 ans plus tard, c’est-à-dire à partir de maintenant, une situation catastrophique et inextricable sur le plan économique, en espérant qu’elle ne se double pas d’un Fukushima français, de plus en plus probable avec le vieillissement des réacteurs.
La faillite de l’option nucléaire est désormais avérée et incontestable, le seul problème est de trouver enfin un « responsable » assez courageux pour l’avouer publiquement. Ce ne sera probablement pas le PDG d’EDF, Jean-bernard Lévy, ni les ministres Royal (Environnement) et Macron (Économie), pas plus que MM Valls et Hollande.
Peut-être faut-il demander à MM Giscard d’Estaing et Boiteux (**), respectivement Président de la République et PDG d’EDF lors du lancement du parc nucléaire français, de se charger de ce terrible mais nécessaire aveu ?
(*) http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article219
(**) Déjà poursuivi par l’Observatoire du nucléaire pour des rejets délibérés de plutonium dans la Loire
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par Paul Bonny
lettre de lecteur parue dans
24 heures, le 11 février 2016
La presse a récemment annoncé les préparatifs d’une prochaine distribution de pastilles d’iode en cas d’alerte nucléaire. Destinées surtout à rassurer la population (nos autorités craignent avant tout la panique) ces informations méritent néanmoins d’être complétées et précisées. L’enjeu est tel que la population est en droit d’en savoir plus sur les risques qui lui sont imposés. Le plus important est que la pastille, pour être efficace, a besoin de temps. D’abord pour atteindre la glande thyroïde, puis pour la saturer avant l’arrivée du nuage radioactif. Tout dépend du lieu où l’on habite : en bord de mer, elle est presque à saturation en permanence. Plus on s’éloigne, plus il faut du temps, chacun réagissant selon sa biologie. Il faut au moins 48 h pour être sûr que la glande soit saturée chez tout le monde. Prises moins de 2 h avant l’arrivée d’un nuage radioactif, les pastilles n’ont aucun effet. C’est le temps minimum pour que l’iode parvienne à la thyroïde. Ainsi, pour être efficacement protégés, nous devrions théoriquement recevoir l’ordre d’ingérer la pastille déjà en notre possession lorsque le nuage radioactif se trouve encore à 1200 km de chez nous, afin de lui laisser le tenps d’arriver, poussé par un vent faible d’environ 25 km/h.
Concrètement, imaginons un accident à Mühleberg (env. 125 km de GE). Avec le même vent de 25 km/h venant du nord-est, nous serions contaminés 5 heures plus tard. Pour la centrale française du Bugey, un même petit vent soufflant du sud-ouest nous amènerait le dangereux nuage en 4 h environ. Dans les deux cas, les pastille d’iode n’auraient donc pas eu le temps nécessaire pour saturer la thyroïde !
Il faut en outre savoir qu’une fois saturée d’iode non-radioactif, notre glande thyroïde ne sait que faire de l’iode radioactif inhalé ou ingéré. Dès lors, nul ne peut dire où il ira se loger dans notre organisme. Et personne ne parle de la multitude d’autres éléments radioactifs (césium, strontium, etc.) émis lors de toute catastrophe nucléaire. Mais ils sont tôt ou tard inhalés ou ingérés par
la population exposée.
Avant de prendre cette pastille, l’avis d’un médecin est indispensable, notamment en cas de dysfonctionnement thyroïdien ou rénal, d’asthme, d’insuffisance cardiaque ou de maladie auto-immune. Enfin n’oublions pas que le CERN compte parmi les « Installations nucléaires de base » françaises. A ce titre, la population de Gex et environs a droit à ses pastilles d’iode. Encore faudra-t-il que les savants locaux anticipent tout problème grave si l’on veut pouvoir absorber la pastille au moins 48 h à l’avance !
Le nucléaire français n’en est pas à sa première tentative de nous faire avaler la pilule ! Rappellez-vous avril 1986 : le nuage radioactif de Tchernobyl avait providentiellement épargné la France !
Et l’explosion du cœur du réacteur n’avait fait que 37 victimes … Tout cela d’entente avec l’OMS, qui est aux ordres de l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique) et avec la bénédiction de l’ONU. Alors ça, c’est vraiment une pilule difficile à avaler !
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Pétition de AVAAZ.Org
Source : https://secure.avaaz.org/fr/belgian_nuclear_shutdown_fr_france_2/?tCVQubb
Aux membres du Parlement, aux gouvernements belge, français et à tous les gouvernements concernés dans l’Union européenne:
En tant que citoyens concernés partout en Europe, nous vous demandons de procéder immédiatement à une nouvelle évaluation de l’impact environnemental transfrontalier selon les dispositions de la directive EIE de l’EU et de la Convention d’Espoo de l’ONU. Cette étape est cruciale pour l’arrêt des réacteurs belges de Doel et Tihange au regard de l’inquiétude causée par les nombreuses fuites, les fissures, voire même les tentatives de sabotage de ces centrales. La sécurité publique est la priorité.
A signer sur le site de AVAAZ.Org susmentionné.
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Source : http://www.observatoire-du-nucleaire.org
26 janvier 2016
Un accident gravissime s’est produit ce jour dans le site souterrain de Bure (Meuse) où l’Agence pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), composante du lobby nucléaire, prépare l’enfouissement des déchets nucléaires les plus radioactifs.
Cet éboulement, qui a malheureusement tué une personne, démontre de façon dramatique l’incompétence et l’irresponsabilité des industriels du nucléaire et des organismes comme l’Andra : ils prétendent garantir la « sûreté » de l’enfouissement des déchets nucléaire pendant des milliers d’années or un éboulement gravissime s’est produit avant même la mise en service du site !
Il est d’ailleurs préférable, tout en regrettant le décès survenu, qu’un tel accident se soit produit avant que les déchets nucléaires ne soient enfouis. Cette affaire illustre l’irresponsabilité des industriels du nucléaire et des politiciens qui les soutiennent aveuglément en France depuis 50 ans.
L’abandon immédiat du site de Bure, et de tout projet d’enfouissement des déchets radioactifs, est indispensable. Mais plus généralement, si l’on prend aussi en compte les chantiers catastrophiques des réacteurs EPR (fission nucléaire) et Iter (fusion nucléaire), c’est l’ensemble des projets atomiques qui doivent être immédiatement stoppés en France.
De même, avant qu’un Fukushima français ne se produise, il faut lancer immédiatement un plan de fermeture rapide des réacteurs nucléaires qui, faut-il le rappeler, sont vieillissants, plus dangereux que jamais, et exploités par des industriels irresponsables.
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par Pascale Pascariello
Mediapart 08 juin 2015
(Extrait)
Un rapport confidentiel de l’IRSN révèle de graves dysfonctionnements de pièces importantes de l’EPR de Flamanville (Manche). Ce document, que Mediapart a pu se procurer, pointe « de multiples modes de défaillances aux conséquences graves » sur les soupapes de sûreté. Ces nouvelles anomalies viennent s’ajouter aux défauts de fabrication de la cuve du réacteur.
Le devenir du chantier de l’EPR de Flamanville tourne au cauchemar pour Areva. Quelques semaines après la révélation de problèmes sérieux sur le fond de cuve du futur réacteur nucléaire, un rapport confidentiel de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) révèle de nouveaux et graves dysfonctionnements de pièces très sensibles de l’EPR. Ce document, que Mediapart a pu se procurer, avertit sur « de multiples modes de défaillances aux conséquences graves » sur les soupapes de sûreté, équipements servant à dépressuriser le réacteur…
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