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Professeur honoraire de l'Université de Genève

EPR Flamanville: une anomalie pourrait condamner le réacteur

9 avril 2015
L’anomalie signalée mardi par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) sur la cuve du réacteur nucléaire en construction à Flamanville (Manche) risque de condamner ce réacteur ainsi que deux autres EPR en chantier en Chine, affirme jeudi l’organisation écologiste Greenpeace.
« Si les tests en cours confirment l’anomalie –et il y a de fortes probabilités qu’ils la confirment– ces EPR sont condamnés à ne pas démarrer » car les cuves, dont l’acier fait l’objet de doutes, « sont a priori irremplaçables » une fois posées, a déclaré à l’AFP Yannick Rousselet, chargé des questions nucléaires à Greenpeace France.
« Jamais au monde pour le moment on a réextrait une cuve sans détruire tout ce qu’il y a autour », affirme M. Rousselet.
Interrogé par l’AFP, le service de communication d’EDF, maître d’œuvre du chantier de Flamanville, a indiqué ne faire « aucun commentaire ».
« Les enjeux sont considérables », ajoute M. Rousselet, pour qui il s’agit du plus gros problème jamais relevé sur un EPR (réacteur pressurisé européen).
Mardi, l’ASN a annoncé qu’une « anomalie » avait été détectée à Flamanville « dans la composition de l’acier du couvercle de la cuve, et du fond de cuve », deux pièces appelées calottes.
Outre Flamanville, trois réacteurs EPR sont en construction dans le monde, en Chine et en Finlande. Or « certaines calottes des cuves des réacteurs de Taïshan 1 et 2 (Chine) ont été fabriquées par Creusot Forge, filiale d’Areva, selon un procédé similaire à celui de la cuve de l’EPR de Flamanville », a précisé mercredi le gendarme du nucléaire dans un communiqué. Ce n’est pas le cas des calottes de la cuve de l’EPR d’Olkiluoto en Finlande, qui proviennent d’un autre fournisseur.
Areva doit réaliser d’ici octobre des expertises pour confirmer ou infirmer « l’anomalie » apparue au cours de « premières mesures ».

« Un couvercle de cuve, c’est des mois de fabrication, et des coûts astronomiques, donc ça pose un problème, mais c’est remplaçable. Mais les cuves c’est complètement inenvisageable », affirme le militant. Car « quand on pose une cuve, aussitôt on met une quantité d’éléments autour, y compris des éléments bétonnés pour la fixer », selon lui.
La cuve de Flamanville a été posée en janvier 2014 avant le démarrage de la centrale prévu en 2017. Celui de Taïshan 1 est annoncé pour fin 2015.
Selon Greenpeace, « la pièce étalon sur laquelle a été détectée l’anomalie est censée valider l’ensemble des calottes » fabriquées par Creusot Forge pour Flamanville et Taïshan, mais aussi pour des réacteurs qui ne sont pas encore commandés, comme Taïshan 3 et Hinkley Point (sud-ouest de l’Angleterre), pour lequel EDF n’a pas pris de décision définitive d’investissement.
Interrogée par l’AFP, Areva n’a « pas souhaité faire de commentaire ».
Selon Greenpeace, le géant du nucléaire, en difficultés financières, « a pris un risque industriel en décidant de faire une série de calottes » sur la base de ce même étalon.
« Sur le seul chantier EPR où Areva est maître d’œuvre, celui de Finlande, au lieu de faire les calottes en France, Areva les a fait faire par les Japonais et elles n’ont pas de problème », ajoute le militant de Greenpeace.
En 2014, Areva avait indiqué que la cuve de Flamanville avait été forgée à 80% chez Japan Steelworks et à 20% chez Areva au Creusot.
La cuve, qui pèse 425 tonnes et mesure 11 mètres de haut, est une pièce « particulièrement importante pour la sûreté » car elle « contient le combustible » et « participe à la seconde barrière de confinement de la radioactivité » après la gaine du combustible, selon l’ASN.

AFP

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Ecologie et libertés

par Philippe Bach
Editorial du quotidien Le Courrier, Genève, 12 mars 2015.

Un anniversaire dont on se passerait bien. Il y a quatre ans, la centrale nucléaire de Fukushima était le siège d’une catastrophe majeure, avec la fusion partielle du cœur de trois réacteurs. D’énormes quantités de radioactivité ont été et continuent d’être relâchées dans la biosphère. Hier, les milieux antinucléaires ont rappelé en plusieurs endroits du monde et en Suisse les dangers que cette industrie fait courir à la planète.
On relèvera que pour une catastrophe de cette importance –certains calculs épidémiologiques laissent envisager 1 million de cancers supplémentaires –, on en sait finalement très peu. Une nouvelle illustration du fait que nucléaire et démocratie ne font pas bon ménage. Cette technologie est si dangereuse qu’elle implique le risque d’une dérive policière de l’Etat. Et elle ne s’accommode pas de la transparence inhérente à l’Etat de droit. Une omerta qui va jusqu’à contaminer le monde scientifique. On l’a vu avec la catastrophe de Tchernobyl, où l’Organisation mondiale de la santé défend des positions si éloignées de la réalité que cela en devient risible. Explication: cette organisation onusienne est en fait soumise à la toute puissante Agence internationale pour l’énergie atomique. Elle a fait sienne pendant des années la grotesque affirmation que Tchernobyl aurait fait quelques dizaines de morts, là où sur la durée on s’approche doucement du demi-million.
Ce phénomène se vérifie aussi au Japon où le gouvernement a même fait passer une loi ad hoc qui verrouille l’information et permet de poursuivre les journalistes qui auraient la mauvaise idée de contester le discours officiel ou de poser des questions dérangeantes.
Et en Suisse, hier, l’Alliance Non au nucléaire, qui regroupe l’entier des organisations opposées à l’atome, a rappelé que la vigie qu’elle a installée devant l’IFSN (Institut fédéral de sûreté nucléaire) pour protester contre la centrale de Beznau se heurte à l’intransigeance des autorités de la commune de Brugg. Celles-ci interdisent toute manifestation de plus de six personnes et tolèrent un maximum de deux drapeaux. Une décision bureaucratique qui n’aurait pas dépareillé dans feu l’URSS. Quelque 800 recours ont été déposés contre cette entrave à la liberté de manifester et d’expression.
Au-delà de nos vies et de la préservation de la biosphère, ce sont donc aussi les fondements de la démocratie qui sont en jeu. La lutte antinucléaire est aussi un combat pour les libertés fondamentales. Elle nous concerne donc à double titre.

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Suisse Pour qui travaille l’IFSN ?

Editorial du numéro 102, mars 2015, du journal suisse Sortir du nucléaire par Marc Oran, député au Grand Conseil vaudois, membre du comité de « Sortir du nucléaire » et vice-président de l’Appel de Genève II

Est-il normal que l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN), autorité fédérale de surveillance indépendante de la Confédération pour la sécurité des installations nucléaires en Suisse, puisse fermer les yeux sur les fissures de la centrale de Mühleberg, renoncer à prendre des mesures urgentes pour la protection de l’enveloppe du cœur de la centrale ? Est-il normal que Beznau I, le plus vieux réacteur du monde encore en fonction et qui vient de fêter ses 45 ans, soit autorisé à fonctionner encore durant 15 ans, voire davantage ?

M. Hans Wanner, directeur de l’IFSN, a-t-il entendu parler de Tchernobyl et de Fukushima ou alors, enfermé dans ses bureaux de Brugg (AG), est-il si confiant qu’il ne réalise pas les risques qu’il fait prendre à la Suisse, à l’Europe ?

Les personnes qui constituent des piquets silencieux et pacifiques devant les locaux de l’IFSN depuis la catastrophe de Fukushima du lundi au jeudi de 17h à 18h, soit depuis quelque 770 jours sont-elles de dangereux terroristes ? M. Wanner a-t-il le droit de faire appel aux forces de l’ordre pour les faire évacuer et de faire payer des amendes pouvant aller jusqu’à CHF 2’000.- aux vigies se trouvant sur le trottoir, soit sur le domaine public ? Je crois rêver ! Cela me rappelle un vieux règlement de police de la Ville de Lausanne (qui a heureusement été annulé depuis) interdisant aux automobilistes à la recherche de places de parc à la place Centrale de faire « des allées et venues inutiles » passibles d’amendes. Dans les années 70, c’était le lieu de travail des péripatéticiennes lausannoises !

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Pertes record pour le géant du nucléaire français Areva

La firme annoncera le 4 mars un trou de 4,9 milliards d’euros

Richard Werly, Paris,

Article publié dans

Le Temps, Genève, 24 février 2015

 

La filière nucléaire française doit-elle être auditée et repensée de fond en comble ? Sur le plan comptable en tout cas, l’avertissement lancé lundi par Areva d’une perte de 4,9 milliards d’euros pour 2014 semble assuré de relancer les appels au grand ménage dans ce secteur éminemment stratégique.

Contrôlé par l’Etat à 85,6%, le géant français, fort de plus de 45 000 employés et d’environ 250 filiales dans une quarantaine de pays, devrait confirmer le 4 mars ces pertes nettes, supérieures à sa capitalisation boursière et légèrement inférieures à son chiffre d’affaires 2014 de 5,5 milliards d’euros. Cette bombe financière intervient après des années d’accusations portées contre la gestion d’Anne Lauvergeon, l’ancienne conseillère diplomatique de François Mitterrand, qui dirigea l’entreprise de 1999 (Areva a remplacé la Cogema en 2001) à 2011. Cette dernière, qui exerça jusqu’en février 2014 la présidence du Conseil de surveillance du quotidien Libération, avait été remplacée par Luc Oursel, décédé le 3 décembre 2014. Ses deux principaux dirigeants, le président du conseil d’administration, Philippe Varin, et le directeur général, Philippe Knoche, semblent donc avoir opté, dès leur entrée en fonction, pour une très douloureuse opération vérité. Il s’agit de la quatrième perte consécutive pour Areva.

Dérapages des chantiers

L’origine des pertes colossales d’Areva, héritière du fameux Commissariat à l’énergie atomique, est essentiellement liée aux dérapages des principaux chantiers dans lesquels ce constructeur de centrales nucléaires est engagé en France (Flamanville), en Finlande (où elle construit un réacteur de troisième génération qui coûtera 6 milliards au lieu des 3 milliards prévus) et au Japon, où l’accident nucléaire de Fukushima a «tué» son juteux marché. La firme française avait aussi raté, en 2006, le «contrat du siècle en Chine», où la construction de quatre réacteurs de troisième génération avait été remportée par l’américain Westinghouse. Autre boulet, de loin le plus explosif: le fameux rachat pour près de 2 milliards d’euros de la société canadienne Uramin en 2007, dont les gisements d’uranium au Niger étaient un mirage.

Cet exercice désastreux devrait relancer les spéculations sur un possible rapprochement entre EDF (contrôlé par l’Etat français à hauteur de 84%) et Areva. La nécessité de regrouper les deux structures est jugée incontournable par les experts, dans un contexte de pétrole à bas prix et de contraintes réglementaires croissantes en faveur des renouvelables. Hier, l’action a perdu 2,09%.

 

 

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Atomarer Ausstieg: Die erste Priorität bei der Senkung des Stromverbrauchs setzen

Jean-Philippe Scalbert, Dipl.Ing Eidgenössische Technische Hochschule Zürich

Atomausstieg, ja aber wann?

Ein grosser Teil der Schweizer Bevölkerung fühlt sich von einer unmittelbaren Gefahr bedroht, weil er einschätzt, dass ein atomarer Unfall auch in der Schweiz und nicht nur in Ukraine oder in Japan sich bereits morgen ereignen kann. Der anderer Teil der Bevölkerung empfindet diese Angst nicht, weil er den Schweizern (und französischen?) Verantwortlichen vertraut, den atomarer Unfall mit hundertprozentiger Sicherheit vermeiden zu können. Der Konflikt um die Atomkraftwerke ist eigentlich ein Glaubenskrieg.

Gegenwärtig setzen die Atombefürworter ihre « Religion » durch, und muten ihren Gegnern ein latentes Unsicherheitsgefühl zu.

Jedoch hat das Volk beschlossen, dass er dieser Unsicherheit los werden will, und für den atomaren Ausstieg im Jahre 2012 gestimmt.

Aber die Atombefürworter haben die Lage wieder im Griff :Der „Fukushima-Effekt“ lässt bereits nach, und rund um die Debatte über die Energetische Strategie 2050 scheinen die Regierung und die Bundeskammern eher bemüht zu sein, die Lebensdauer der AKW’s zu verlängern, die erneuerbare Stromproduktion und sogar stromfressende Produkte wie die Elektrowärmepumpe oder das aufladbare Elektroauto zu fördern, als sich auf das wirklich Wesentliche zu konzentrieren: den Stromverbrauch zu senken.

 

Die Bevölkerung ist stromsüchtig: Sie befindet sich in der Lage eines Rauchers, der weiss, dass er sich selber schadet, ohne jedoch die Kraft zu finden, gegen seine eigene Sucht zu kämpfen. Wenn sich neue, elektrisch angetriebene Produkte in unserem Alltag durchsetzen, wird die heutige und zukünftige Atomstrom-Abhängigkeit so stark sein, dass es nie möglich sein wird, rechtzeitig auf die AKW’s zu verzichten. Das Schweizer Volk befindet sich in der Lage eines Rauchers, der Angst vor einem Lungenkrebs hat, aber trotzdem nicht fähig ist, aufzuhören zu rauchen.

 

Es gilt nun, eine effiziente Strategie zur raschen Senkung des Verbrauchs zu definieren. Diese Strategie muss dann auf eine transparente und glaubwürdige Art erläutert werden, bis Volk und Politik bereit sind, sich mit den nötigen finanziellen und personellen Ressourcen zu dotieren.

 

Der Interessenkonflikt zwischen Nuklearausstieg und CO2

Es ist unbestritten, dass gewisse Strategien zum Nuklearausstieg (wie Gaskraftwerke oder Blockheizkraftwerke), eine Erhöhung der CO2-Emissionen verursachen. Umgekehrt haben gewisse Strategien zur Reduktion der CO2 – Emissionen (z.B. Heizungswärmepumpen, aufladbare Elektromobile) den Atomausstieg zu verzögern. Wie soll man mit diesem Interessenkonflikt umgehen?

 

Einerseits befinden sich die Schweizer Atomkraftwerke in unserem Land, andererseits kann sich der atomare Unfall theoretisch morgen ereignen. Der nukleare Ausstieg ist deshalb ein souveräner Entscheid, der uns von einer vielleicht unmittelbaren Katastrophe schützen soll. Hingegen ist die Emission von CO2 global und entwickelt sich langsam. Zudem hängt sie nicht nur von uns ab. Selbst drastische Bemühungen werden nicht verhindern, dass andere Staaten ihren Anteil an die globalen CO2-Emissionen nicht verändern. Somit werden unsere lokale CO2 Reduktion sehr wenig zur Vermeidung vom Treibhauseffekt beitragen.

Diese Abwägung zeigt, dass der atomare Ausstieg prioritär behandelt werden muss. Die Bemühungen um die Reduktion der CO2 – Emissionen, dürfen jedoch nicht nachlassen. Sicher ist, dass alle Lösungen, die erlauben, den Interessenkonflikt zwischen atomarem Ausstieg und CO2-Emissionen umzugehen oder zu vermeiden, dringlich und mit den nötigen Mitteln realisiert werden müssen !

 

Eine Alternative zur atomaren Stromproduktion suchen, ja aber…

Wenn das Wetter kalt und bedeckt ist, produzieren die Photovoltaik – und Windanlagen kaum Strom. Ausgerechnet in dieser klimatischen Situation, braucht es aber grosse Stromleistungen, um die elektrischen Heizungen – insbesondere auch die Wärmepumpen – sowie die Beleuchtungen zu versorgen. Die Öffentliche Meinung ist dessen nicht bewusst und schenkt der erneuerbaren aber klimaabhängigen Stromproduktion als Alternative zum Atomstrom zu viel Vertrauen.

Die Speicherung der Solar- und Windenergie ist eine unabdingbare Bedingung, um sicherzustellen, dass diese klimaabhängigen Techniken wirklich zum Atomausstieg beitragen. Die Stromspeicherung muss mit den nötigen Mitteln Gegenstand eines nationalen Forschungsprojekts werden und vom Bund – nicht nur von einzelnen Initiativen mit begrenzten Mitteln – getragen werden.

Kurzfristig braucht es eine intensive Medienarbeit, um die Möglichkeiten der Solar- und Windenergie zu relativieren und die Dringlichkeit der Umsetzung von Stromsparmassnahmen zu betonen, wenn man den Atomausstieg wirklich erreichen will. Jede nicht verbrauchte Kilowattstunde ist ein vermindertes Risiko, entflieht dem Interessenkonflikt mit der Klimaerwärmung und macht den Atomstrom überflüssiger.

 

Stromsparmassnahmen : Viele Reden aber wenige Taten

Sogar der Bund ist zweideutig: Vor 30 Jahren wurde das Bundesprogramm „RAVEL“ zur Förderung von Stromsparmassnahmen in allen Verbrauchssektoren lanciert. Trotz einem Nachfolgeprogramm ist RAVEL mehr oder weniger in die Schublade verschwunden. Die Regierung und das Parlament scheinen sich nun eher auf die Probleme der Stromproduktion zu konzentrieren und delegieren diejenigen des Stromkonsums an die Kantone, welche mit ungleichen und ungenügenden Mitteln ihre Aufgabe wahrnehmen.

Die Widerstandsstromheizung zum Beispiel ist auf Kantonsebene nur mit einer gewissen Zurückhaltung in Frage gestellt. Aber niemand setzt den Finger auf grosse Stromverbraucher wie die bereits sehr verbreitete Elektrowärmepumpe oder das kommende Elektroauto des Typs „Plug In“.

Die Sanierung von grossen Industriebetrieben mit sehr hohem Stromverbrauch, zum Beispiel bei der Zementindustrie, wird im Einvernehmen mit den Behörden aus wirtschaftlichen Gründen aufgeschoben.

Die Einkaufzentren und Warenhäuser werden selten Gegenstand von Kritiken im Bezug auf ihren Stromverbrauch. Jedoch werden sie mit aufwendigen und farbigen und von weitem sichtbaren Leuchtreklamen ausgerüstet, die auch während der Nacht durchgehend leuchten. Im Sommer bei hohen Aussentemperaturen braucht es eine Jacke um die übertriebene Klimatisierung im Laden – nicht nur bei den Frischprodukten – zu ertragen.

Die meisten Staatlichen Institutionen bekennen sich offiziell zu einem sparsamen Umgang mit der Elektrizität, investieren aber wenig in Massnahmen zur Stromverbrauchsreduktion der öffentlichen Gebäude, der öffentlichen Verkehrsmittel und der technischen Betriebe. Kantonale Statistiken zeigen es, wenn sie überhaupt existieren.

 

Die Finanzierung der Stromsparmassnahmen

Man stellt fest, wie schwer das Verbot von elektrischen Widerstandsheizungen auf kantonaler Ebene durchzusetzen ist. Alles, was die individuelle Freiheit und den freien Verkauf von nützlichen aber „stromfressenden“ Produkten einschränkt, weist eine schlechte Akzeptanz auf.

Der Staat kann aber in bestimmten Fällen seine Verantwortung wahrnehmen und sehr dirigistisch werden: er kann in eigener Kompetenz sehr hohe Summen aus Steuergeldern für Finanzierungen einsetzen, die unter Umständen das Volk in einer entsprechenden Abstimmung vielleicht nicht akzeptiert hätte.

Im atomaren Bereich ist es der Fall, zum Beispiel für die Verteilung von Jodtabletten, die Forschung über die Lebensdauerverlängerung und den Zurückbau der AKW’s und für die Suche nach Lösungen für die langfristige Entsorgung von radioaktiven Abfällen. In finanziellen und monetären Bereichen greift der Staat zur Steuerkasse, sei es für die Rettung der „too big to fail“ Banken oder für die Erhaltung der Frankenparität. Im Gesundheitsbereich ist der Staat auch nicht mehr so liberal: Grosse Summen sind der Krankassenprämienhilfe oder der Verteilung von Impfstoffen gewidmet. Alle diese „Geldgeschenke“ werden in einem fast generellen Konsens verteilt!

Schlussendlich wird im Bereich der Stromversorgung die erneuerbare Produktion von Elektrizität mit einer kostendeckenden Vergütung honoriert.

Sollte nicht der Bund ähnliche Geldsummen für die Finanzierung von flächendeckenden Stromsparmassnahmen verwenden können? Die Senkung des Stromverbrauchs ist eine Voraussetzung und der schnellste Weg zum Atomausstieg. Und dieser wurde beschlossen, um die Gesamtbevölkerung vor einem atomaren Unfall zu schützen. Bevölkerungsschutz ist eine Bundesaufgabe und darf deshalb nicht den Kantonen herabdelegiert werden.

 

Einige konkrete Massnahmen

 

Widerstandselektroheizungen und Elektrowärmepumpen sollen durch Holzpelletsheizungen ersetzt werden.

Darüber zu schweigen, dass die Elektrowärmepumpe eine elektrische Heizung ist: Eine halbe Lüge oder eine halbe Wahrheit?

Machen wir eine kleine Berechnung: Ein Haushalt mit 2 Personen verbraucht jährlich etwa 3- bis 4000 kWh für Beleuchtung, elektrische Geräte und Haustechnik (ohne Beheizung). Für ein kleines, nach den heutigen Normen gebautes Haus mit einer beheizten Fläche von 150 m2, braucht es 10- bis 12’000 kWh an jährlicher Heizenergie. Wenn das Haus mit einer Elektrowärmepumpe mit einem Wirkungsgrad von 300% beheizt wird, braucht es für ihren Antrieb immer noch 3000 kWh. Demzufolge wird der Stromverbrauch dieses Haushaltes verdoppelt! Sollte die Elektrowärmepumpe mit Solarenergie angetrieben werden, bleibt der übrige Stromverbrauch unberührt. Die hier eingesetzte Sonnenenergie hat somit nichts zum Atomausstieg beigetragen. Die Elektrizitätsproduktion – ob erneuerbar oder nicht – muss für die Aufgaben „reserviert“ werden, für welche keine Alternative zum Strom besteht.

Dies bedeutet, dass die Elektrowärmepumpen nicht mehr zu Heizwecken verwendet werden sollten. Ihre Installation in neuen Heizanlagen und ihr Ersatz, nach dem Erreichen ihrer Lebensdauer muss Gegenstand eines Moratoriums werden.

Für ihren Ersatz steht eine gute Lösung zu Verfügung. Die Holzpelletsheizung ist klimaneutral und technisch ausgereift. Die Pelletskessel der letzten Generation weisen dank einer sehr vollständigen Verbrennung minimale Staubwerte auf.

 

 

 

RAVEL Programm wiederaufnehmen und Stromsparmassnahmen subventionieren

Besitzer von bestehenden Wohnhäusern sollen beispielsweise folgende Massnahmen realisieren und dafür entsprechende Subventionen beantragen können:

  • Ersatz sämtlicher Glüh- und Halogenlampen durch LED oder Sparlampen
  • Ersatz der Heizungs-Umwälzpumpen durch kleinere, korrekt dimensionierte Pumpen
  • Vorgezogener Ersatz aller Haushaltsgeräte älterer Generation durch sparsame und geprüfte Geräte

 

Im Bereich der Warenhäuser, zusätzlich:

  • Im Sommer Raumtemperaturen in Einkaufszentren und Supermärkten ausserhalb des Frischproduktbereichs erhöhen. Aussentemperatur nie um mehr als 6°C unterschreiten.
  • Luftmengen und Betriebszeiten der Ventilationsanlagen überdenken und genauer an die effektiven Bedürfnisse anpassen
  • Leuchtreklamen kleiner dimensionieren, mit LED oder Sparlampen ausrüsten und nachts abstellen.

 

Solche Massnahmen können auch flächendenkend in sämtlichen öffentlichen Gebäuden realisiert werden.

Das technische Sparpotential soll zudem in den öffentlichen Technischen- und Verkehrsbetrieben, in der Industrie und im gewerblichen Bereich aufgrund von spezifischen zielgerichteten Studien ausgeschöpft werden.

 

Soll das oben genannte Stromsparpotential flächendeckend ausgeschöpft werden, ist es unerlässlich und dringlich, über die Dimension des gesamten Vorhabens nachzudenken: Die beträchtlichen personellen und finanziellen Ressourcen müssen erfasst und bereitgestellt werden, keine kleine Aufgabe!

Für die finanzielle Mittel: warum nicht das System der kostendeckenden Einspeisevergütung um die Stromsparmassnahmen erweitern? Eine gesparte Kilowattstunde kann im Prinzip einer produzierten Kilowattstunde gleichgestellt werden. Es wäre denkbar und zielgerichtet, zum Beispiel den vorgezogenen Kühlschrankersatz, oder den Ersatz von sämtlichen Glüh- und Halogenlampen durch LED’s, oder den Ersatz einer Elektrowärmepumpe durch einen Holzpelletskessel, auf die gleiche Art und Weise wie heute dreifach verglaste Fenster oder Aussenfassadenisolationen, zu subventionieren.

 

Den Anmarsch des Elektromobils stoppen

Solange die Speicherung der klimaabhängigen, erneuerbaren Stromproduktionen nicht befriedigend realisierbar ist, wird das Elektroauto ein Mehrfaches der für die Beleuchtung und die Haushaltgeräte verwendeten Strommengen beanspruchen. In unserem obigen Berechnungsbeispiel würde ein Elektroauto mit einem realistischen Verbrauch von 6000 kWh/a den ursprünglichen Stromverbrauch des Haushaltes verdreifachen! Sollte sich das Elektroauto schnell ausbreiten, ist eine globale Senkung des Strombedarfs und somit der atomare Ausstieg unerreichbar.

Das Elektroauto darf wie die Elektropumpe nur mit Solarstrom angetrieben werden, und zwar erst nachdem die Senkung des Stromverbrauchs bereits zum atomaren Ausstieg geführt hat.

 

Klimatisierungstechnik überdenken

Die Klimatisierung ist sehr stromintensiv. Mit einer knapp dimensionierten, bedarfsabhängigen Auslegung der Luftmengen und der Temperaturschwellen kann ein beträchtliches Potential an Stromeinsparungen in den öffentlichen Bauten, im Gewerbe und in der Industrie ausgeschöpft werden.

In vielen Fällen kann die zugeführte Luft in Wärmeaustausch-systeme (Erdluftregister und ähnliche Systeme) , die ohne Wärmepumpe, das heisst praktisch ohne Stromeinsatz, einen thermischen Austausch zwischen Erdreich und Luft bewirken, im Winter vorgewärmt und im Sommer gekühlt werden.

 

Gebäudeautomation fördern

Die computergestützte Gebäudeautomation liegt im Trend, setzt sich aber aus Kostengründen nur langsam durch. Sie trägt zur sparsamen Regulierung der Heizung, des Lichtes, der Klimatisierung und des Sonnenschutzes bei, weil sie sich am besten dem reellen Bedarf anpasst und somit jeden überflüssigen Energieeinsatz verhindert. Dieser Branche fehlt es heute an Unterstützung und an personellen Ressourcen und sollte gefördert werden.

 

Kurzfristige Strategie

 

Die Realisierung der Stromsparmassnahmen ist ein Wirtschaftsmotor

Einerseits bedeutet der atomare Ausstieg die Aufgabe von Aktivitäten, das heisst von Arbeitsplätzen in bestimmten Bereichen (Kraftwerkbau, Wärmepumpen- und Elektromobilhandel). Andererseits sollten die technischen Stromsparmassnahmen ein beträchtliches Arbeitsvolumen schaffen und somit eine Vielzahl von Branchen mobilisieren und Arbeitsplätze erzeugen können.

 

Die einzusetzenden Berufsgattungen fördern

Leider hält sich unsere Jugend oft von den Karrieren in technischen Berufen fern. Den grossen Herausforderungen im Bereich der Gebäudetechnik scheint es an Attraktivität zu mangeln.

Auf dieser Ebene muss bei einem jungen Zielpublikum eine pädagogische Medienarbeit geleistet werden, die ein Bild des atomaren Ausstiegs vermittelt, das sich nicht damit begnügt, zu denunzieren und zu protestieren, sondern die Dimension eines in die Zukunft gerichteten und sinnvollen Berufs vermittelt.

 

Grossflächige nationale Sensibilisierungskampagnen

Die Aufgabe, Strom einzusparen, um die Angst vor einem atomaren Unfall zu überwinden, ist eine Volksaufgabe! Mit grossflächigen Kampagnen wie denjenigen gegen AIDS, könnte eine solche Botschaft vermittelt werden. Nur mit solchen Mitteln können die öffentliche Meinung und die Politik verstehen, wo die Logik liegt. Will man sich wirklich von dieser „Zauberlehrlingstechnologie“ entfernen, darf man nicht mehr mit gut schweizerischen Kompromissen und halben Wahrheiten, sondern muss mit beeindruckenden und überzeugenden Argumenten kommunizieren.

In diesen Medienkampagnen muss man auch Klarheit über die reellen Kosten der Atomkraftwerke schaffen, das heisst, die Kosten für ihren Rückbau und für die definitive Entsorgung der radioaktiven Abfälle berücksichtigen, und die bisherigen halben Wahrheiten deutlich und laut ergänzen. Dabei muss man auch zeigen, dass die technischen Stromsparmassnahmen nicht teurer werden als die unsinnige Lebensdauerverlängerung der bestehenden AKW’s.

Der atomare Ausstieg ist oft mit dem Bild eines alternativen, sogar marginalen Lebensstils in Verbindung gesetzt worden. Zudem wenden sich die antiatomaren Botschaften meistens an bereits überzeugte Bevölkerungsschichten. Sie mangeln an Glaubwürdigkeit bei der Mehrheit der Bevölkerung, die befürchtet, dass der atomare Ausstieg einen Verzicht auf den vielfältigen Komfort bedeutet, welchen die Elektrizität bietet. Die Botschaft des atomaren Ausstiegs muss über diesen Punkt beruhigend wirken.

 

Eine gewichtige politische Bewegung schaffen

Sensibilisierungskampagnen sind die Vorstufe einer überparteilichen politischen Bewegung, ohne welche nichts realisiert werden kann. Die bevorstehenden Entscheidungen sind so schwerwiegend, dass man zuerst eine Schockwirkung befürchten muss, die aber mit konstruktiven und glaubwürdigen Vorschlägen sofort gedämpft werden kann. So kann eine in die Zukunft gerichtete, dynamische Bewegung entstehen.

Folgende Phasen sind in Betracht zu ziehen:

  • Zuerst einen soliden und aus anerkannten Persönlichkeiten bestehenden Kern schaffen
  • Multiplikatoren ausbilden, die den Willen für eine rasche politische Aktion ausbreiten
  • Soziale Netzwerke nutzen
  • Sich mit anderen antiatomaren Bewegungen verbinden (Observatoire du nucléaire, Greenpeace, WWF usw…)
  • Eine Medienkampagne mit klaren und glaubwürdigen Slogans starten.

 

Die nötigen Gesetze und Verordnungen erlassen

Ohne staatlichen Eingriff (Interventionismus) wird es nicht möglich sein, den vorgezogenen Ausstieg zu erwirken. Zum Beispiel müssen:

  • Nicht nur elektrische Widerstandsheizungen verboten, sondern auch ein Moratorium über Elektrowärmepumpen und andere Produkte, die ihre Aufgabe mit anderen Energieformen als Strom erfüllen können, erlassen werden.
  • Die Einführung der Elektroautos gesetzlich beschränkt werden.

Diese Art von Massnahmen ist diskriminierend und in Widerspruch mit dem freien Markt. Ohne politischen Konsens können demzufolge die oben genannten Verbote nicht erlassen werden. Eine Utopie?

 

Kurzfristige Finanzierung der Stromsparmassnahmen

Wenn der Gesetzgeber die Betreiber von Anlagen zwingt, diese kurzfristig und vor dem Erreichen ihrer Lebensdauer zu ersetzen, muss er einen grossen Teil der Investitionen subventionieren. Er muss zudem die von den gesetzlichen Einschränkungen betroffenen Wirtschaftszweige unterstützen. Er muss für die Finanzierung von gezielten Studien über mögliche Stromsparmassnahmen in Industrie und Gewerbe sorgen. Und er muss über die Finanzierung der Realisierung der Massnahmen verhandeln. Er muss demzufolge sehr rasch mit den nötigen Kompetenzen und personellen Ressourcen versehen werden.

Diese Forderung kann wiederum vielleicht utopisch scheinen. Aber das ist der einzige Weg, um den Ausstiegsprozess zu beschleunigen.

 

Schlussfolgerung

 

Der atomare Ausstieg kann nicht mit schwach greifenden Stromsparmassnahmen und schönen Reden erreicht und schon gar nicht beschleunigt werden. Nur die Gefahren der veralteten AKW’s zu denunzieren, genügt noch weniger. Die obigen Überlegungen und Vorschläge scheinen vielleicht auf den ersten Blick masslos. Aber gegen den extremen Druck, den die Atomlobby ausübt, um die Nukleartechnologie zu fördern und sowohl Fukushima als auch die Probleme der Entsorgung der radioaktiven Abfälle in Vergessenheit zu bringen, genügt ein helvetischer Kompromiss sicherlich nicht!

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Sortir du nucléaire: Accorder la priorité à la baisse de consommation d’électricité

Jean-Philippe Scalbert, Ing.Dipl. Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich

 

La sortie du nucléaire : oui mais quand ?

Une grande partie de la population Suisse se sent menacée par un danger imminent, car elle estime que l’accident nucléaire peut arriver demain, aussi bien en Suisse qu’en Ukraine ou au Japon. L’autre partie de la population ne ressent pas cette angoisse, car elle a confiance dans la capacité des responsables Suisses (et Français ?) à éliminer totalement le risque d’un accident nucléaire majeur sur notre territoire. Le conflit autour des centrales nucléaires est celui de deux croyances opposées donc à la base, presque une guerre de religions.

Actuellement les défenseurs du nucléaire imposent leur «religion» et soumettent leurs adversaires à un sentiment d’insécurité latent.

Et pourtant le peuple a décidé de préserver sa propre sécurité en votant pour la sortie du nucléaire en 2012. Mais les défenseurs du nucléaire ont repris les rennes en main :l’effet Fukushima s’estompe déjà, et autour du débat sur la Stratégie Energétique 2050, le gouvernement et les chambres fédérales semblent plus soucieux de prolonger la vie des centrales vieillissantes, de soutenir les modes de productions d’énergie renouvelables et même de promouvoir des produits très gourmands en électricité comme la pompe à chaleur ou la voiture électrique rechargeable (plug-in) que de se focaliser sur ce qui est vraiment l’essentiel : réduire la consommation.

 

La population se trouve dans la situation du fumeur qui sait qu’il se fait du mal, mais n’est pas en mesure d’arrêter de consommer. Si de nouveaux produits électriques s’imposent dans notre vie courante, la dépendance à l’électricité actuelle et celle du futur, sont telles qu’il ne sera pas possible de renoncer au nucléaire dans les délais fixés. Donc le peuple qui souhaite en majorité se libérer de son angoisse, n’arrive pas à agir en conséquence, tel le fumeur qui, en continuant à fumer, ne peut se départir de son angoisse de cancer du poumon.

Il faut donc définir une stratégie efficace, pour réduire la consommation dans les délais les plus courts et il faut expliquer cette stratégie de façon transparente et crédible jusqu’à ce que le peuple et ses représentants politiques soient prêts à se doter des moyens nécessaires.

 

Conflit d’intérêt entre la sortie du nucléaire et le CO2

Il est un fait indéniable que certaines stratégies de sortie du nucléaire (par exemple les centrales à gaz ou le couplage chaleur force) ont pour conséquence une augmentation de la production de CO2. D’autre part certaines stratégies de diminution des émissions de CO2 (par exemple pompes à chaleur et voitures électriques rechargeables) ont pour effet de retarder la sortie du nucléaire. Que faire face à ce conflit d’intérêt?

Les centrales nucléaires suisses étant situées sur notre territoire et l’accident nucléaire pouvant arriver demain, sortir du nucléaire est une décision souveraine, destinée à nous protéger d’un danger peut-être imminent. Par contre la production de CO2, elle, est globale, elle évolue lentement, et surtout, sa réduction ne dépend pas seulement de nous. Même des efforts drastiques en Suisse n’empêcheront pas les autres Etats de continuer ou non à produire leur quote-part de CO2 et l’effet de serre ne sera que très peu ralenti par nos efforts. Cette analyse montre donc clairement que la priorité est à accorder à la sortie du nucléaire, sans pour autant négliger les efforts de réduction des émissions de CO2. Et les solutions qui sont en mesure de contourner ou d’éviter le conflit d’intérêt entre sortie du nucléaire et réduction du CO2 sont, bien sûr, à favoriser.

 

Chercher une alternative à la production nucléaire, oui mais…

Lorsque le soleil ne brille pas et en l’absence de vent la production de courant solaire et éolien est quasiment nulle. S’il fait froid et sombre, il faut pourtant du courant électrique pour alimenter les chauffages électriques, y compris les pompes à chaleur, et également pour l’éclairage. Si les conditions climatiques sont défavorables, il n’est donc pas possible de renoncer au nucléaire pour couvrir les pointes de consommation! L’opinion publique n’est absolument pas consciente de ce fait.

Le stockage de l’énergie solaire et de l’éolien, est une condition incontournable pour assurer que ces techniques dépendantes des conditions climatiques contribuent vraiment à la diminution de la puissance de production nécessaire pour couvrir les pointes de consommation, Ce stockage doit donc être l’objet d’une recherche intense et centralisée et non pas d’initiatives plus ou moins isolées, comme à l’heure actuelle.

Et dans l’immédiat, il faut faire comprendre à la population que la photovoltaïque et l’éolien ne contribuent pour l’instant que très peu à la sortie du nucléaire et qu’il faut donc se focaliser de façon urgentissime sur les économies de courant. Chaque kWh non consommé est un risque de moins, échappe au conflit d’intérêt avec le réchauffement climatique, et rendra effectivement le nucléaire obsolète.

 

 

 

Réduction de la consommation : des paroles mais peu d’actes

Même la Confédération est ambiguë : il y a trente ans, elle a lancé le programme « RAVEL » (Rationelle Verwendung der Elektrizität) qui se concentrait sur les méthodes de réduction de la consommation électrique. Ce programme est plus ou moins retourné dans les tiroirs et le gouvernement et le parlement semblent se concentrer maintenant plutôt sur les problèmes de la production électrique que sur ceux de la consommation.

On se demande comment les objectifs d’économie de courant confirmés à la suite des débats du Conseils National sur la Stratégie Energétique 2050 de 3% jusqu’en 2020 et de 13% jusqu’en 2035 nous mènerons à substituer les 37% d’énergie électrique fournie actuellement par les centrales nucléaires ! Et le Conseil Fédéral délègue la responsabilité de ces économies non seulement aux Cantons mais en plus aux distributeurs de courant qui doivent baisser leur chiffre d’affaire pour bénéficier d’un bonus…

Le chauffage à résistance est remis en question à l’échelon cantonal, mais avec « des pincettes ». Par contre, personne ne met le doigt sur le gros consommateurs de courant électrique que sont les pompes à chaleur, déjà très répandues, et les voitures électriques, en passe de s’imposer sur nos routes.

Certaines industries extrêmement gourmandes en électricité passent au travers de mesures d’assainissement pour des raisons économiques. C’est le cas par exemple de l’industrie du ciment.

Le commerce en grandes surfaces n’est que rarement montré du doigt: Coop, Migros, Manor, Jumbo, Aldi et les autres s’équipent d’enseignes lumineuses rutilantes qui éclairent la lanterne des insomniaques. En été il règne dans les magasins des températures si basses qu’il faut prendre une veste pour y faire ses emplettes.

Les pouvoirs publics n’investissent que très peu dans les mesures de réduction de consommation électrique des bâtiments, de l’éclairage et des transports publics. Les statistiques cantonales, lorsqu’elles existent, le prouvent.

 

Le financement des mesures d’économie

On voit à quel point il est difficile à l’échelon cantonal de faire interdire les chauffages électriques à résistance. Tout ce qui tend à mettre un frein à la liberté individuelle et au commerce de produits utiles mais gourmands en électricité est mal accepté.

Mais l’Etat, tout libéral qu’il soit, sait parfois prendre ses responsabilités et devenir très dirigiste : il engage sur le dos du contribuable des sommes faramineuses pour des financements, dont on se demande s’ils seraient approuvés par le peuple, si le gouvernement et les chambres n’en avaient pas les compétences nécessaires.

C’est le cas notamment du nucléaire, par exemple pour distribuer des pastilles d’iode, pour les recherches sur le démantèlement des centrales, sur la prolongation de leur durée de vie, sur l’enfouissement des déchets. C’est aussi le cas pour d’autres domaines comme celui de la politique monétaire et financière de la Confédération. Citons-là le sauvetage des banques « too big to fail » ou le maintien de la parité du franc suisse. Dans le domaine de la santé également, de grosses sommes sont allouées aux subsides pour les primes d’assurance maladie ou pour distribuer des vaccins à la population. Toutes ces « mannes » sont distribuées dans un consensus à peu près général.

Et finalement, dans le domaine de l’approvisionnement en électricité, la production d’énergie renouvelable bénéficie de la rétribution à prix coûtant (RPC).

La Confédération ne devrait-elle pas pouvoir investir des sommes équivalentes dans le financement de mesures de réduction de consommation d’électricité sur l’ensemble du territoire et pour l’ensemble des usagers? Une baisse substantielle de la demande en électricité est la condition nécessaire et le chemin le plus rapide pour la sortie du nucléaire qui, rappelons-le, a été décidée pour protéger le peuple suisse contre un accident nucléaire. Or la protection de la population contre les catastrophes est une responsabilité nationale et ne doit pas être déléguée aux cantons et encore moins à des fournisseurs d’électricité.

 

Quelques propositions concrètes :

 

Remplacer les chauffages électriques et les pompes à chaleur par des chaudières à pellets

C’est bien ne dire que la moitié de la vérité que de taire que la pompe à chaleur est un chauffage électrique. Il suffit de faire le calcul suivant : un ménage de 2 personnes consomme par an en moyenne de 3 à 4000 kWh de courant électrique. Pour le chauffage d’une maison de 150 m2 aux normes actuelles, il faut 10 à 12000 kWh par an. Si le chauffage s’effectue avec une pompe à chaleur qui « pompe » 2/3 de cette énergie à l’environnement, elle aura besoin de 3 à 4000 kWh supplémentaires pour entraîner le compresseur électrique de la pompe à chaleur. Donc la consommation du ménage sera doublée… Même en admettant qu’elle soit alimentée uniquement par du solaire on aura un statu quo, et non une diminution. Si ce ménage prend sur lui l’équipement de panneaux solaire, c’est à l’éclairage et aux appareils ménagers et multimédias qu’il doit le consacrer, pas à une pompe à chaleur, si l’on veut diminuer vraiment la consommation. De manière générale l’électricité doit être réservée à l’alimentation d’installations qui ne peuvent fonctionner autrement qu’avec du courant électrique. Il faut donc le plus rapidement possible réduire le parc de pompes à chaleur, et décréter un moratoire pour leur installation dans des centrales de chauffages neuves, ou leur remplacement lorsqu’elles ont atteint leur durée de vie.

Il existe pour cela une solution de substitution vraiment efficace et neutre sur le plan de l’effet de serre : le chauffage au bois. Les chaudières à pellets ont atteint aujourd’hui un degré de maturité équivalent à celui des chaudières à combustibles fossiles et n’émettent pratiquement plus de poussières, contrairement à l’idée reçue. De plus le bois étant un combustible neutre quant à l’effet de serre, il permet de contourner le conflit d’intérêt cité plus haut.

 

Reprendre, actualiser et forcer le programme RAVEL et en subventionner les mesures

Pour les particuliers propriétaires de maison existantes, les mesures à appliquer et à subventionner seraient par exemple :

  • Remplacement de toutes les lampes à incandescences et halogènes par du LED ou de la basse consommation.
  • Redimensionnement des pompes de circulation de l’eau de chauffage
  • Remplacement accéléré de tous les appareils ménagers anciens par des produits économes

 

Pour le commerce, en plus:

  • Elever les températures dans les grandes surfaces et les centres commerciaux en été. Se limiter aux produits frais et ne pas descendre à plus de 6° en dessous de la température extérieure
  • Repenser les durées et les quantités d’air de ventilation
  • Equiper les enseignes lumineuses de lampes LED ou à basse consommation, rester un peu modeste dans les dimensions et les éteindre la nuit

 

Ce genre de mesures s’applique bien sûr à l’ensemble des bâtiments publics.

Le potentiel technique d’économies doit être exploité dans les installations techniques gérées par les pouvoirs publics, dans les transports publics ainsi que dans les entreprises du tertiaire, de l’artisanat et de l’industrie. Pour cela des études spécifiques et ciblées sont à initier dans les plus brefs délais et la réalisation des mesures techniques à mettre en œuvre en première priorité.

 

Il est indispensable et urgent de réfléchir sur la dimension du chantier, donc sur les besoins en ressources humaines et en financement, que représenterait la réalisation exhaustive et rapide de telles mesures d’économie d’électricité ! En ce qui concerne le financement, pourquoi ne pas étendre le RPC aux mesures d’économie qui mènent à une « non consommation de courant » (ce qui revient à une production renouvelable) ? C’est à dire subventionner le remplacement prématuré d’un réfrigérateur gourmand par un appareil AA+++, de lampes halogènes ou à incandescence par des LED ou des lampes économiques, ou celui d’une pompe à chaleur par une chaudière à bois, de la même manière que l’isolation de façades ou les fenêtres à triple vitrage sont aujourd’hui subventionnées?

 

Stopper la promotion de la voiture électrique

Tant que la question du stockage n’est pas résolue, il faut s’abstenir de promouvoir la voiture électrique. Les quantités de courant que celle-ci sollicitera sont énormes et enrayeront tout effort de sortir du nucléaire. La aussi un petit calcul montrerait que notre ménage triplerait sa consommation avec une voiture électrique même en ne l’utilisant que 6000 km par an ! La voiture électrique comme la pompe à chaleur ne sont admissibles que si le courant qui l’alimente est solaire ou éolien, et si les économies ont déjà conduit à la sortie du nucléaire.

 

Repenser les techniques de climatisation

La climatisation est un « gouffre » d’électricité. Avec une gestion parcimonieuse des systèmes de ventilation et des seuils de températures il y a un énorme potentiel de réduction à exploiter. Dans bien des cas il est possible de rafraichir des bâtiments en été et de préchauffer l’air dans des systèmes d’échangeurs thermiques sol/air du type puits canadien ou apparentés et de faire 90% d’économie de courant par rapport à la climatisation avec compresseurs électriques.

 

Promouvoir les systèmes domotiques

La domotique est au goût du jour. Et elle permet de gérer le chauffage, l’éclairage et la climatisation de manière optimale et d’adapter la consommation aux besoins réels. Il est donc opportun de promouvoir cette branche qui dispose encore de très peu de capacités en ressources humaines.

 

Stratégie à court terme

Faire des mesures pour sortir du nucléaire un immense moteur économique

Sortir du nucléaire implique des abandons d’activités donc d’emplois en certains domaines (industrie nucléaire, commerce de pompes à chaleur et de voitures électrique), mais pour atteindre cet objectif il faut mobiliser une multitude de corps de métiers. Il est vraisemblable que le bilan quant à l’emploi et les retombées économique soit positif.

 

Promouvoir les métiers de la branche

Malheureusement nos jeunes boudent souvent la carrière d’ingénieur et les métiers de la technique du bâtiment. Les grands défis technologiques n’ont à leurs yeux plus d’attractivité.

Sur ce plan il y a à mener un travail pédagogique et médiatique visant à donner auprès des jeunes l’image d’un désengagement nucléaire qui ne se contente pas de dénoncer et de protester mais qui inclue la dimension d’une profession d’avenir et pleine de sens.

 

Lancer des campagnes nationales de sensibilisation

L’objectif d’économiser suffisamment d’électricité pour pouvoir vraiment se passer de centrales nucléaires est une entreprise nationale ! Avec des campagnes nationales de la dimension de la campagne contre le SIDA il serait possible de faire changer l’opinion publique et les choix politiques. L’heure n’est plus à la mesure et au compromis helvétique, il faut des coups de gueule et des coups de poings médiatiques !

Dans ces campagnes, il faut aussi être clair sur la moitié de la vérité qui n’est pas dite concernant le prix réel des centrales nucléaires en tenant compte de leur démantèlement, de l’enfouissement des déchets et de montrer que les mesures décrites ci-dessus ne seront pas plus chères que l’absurde prolongement de la vie des centrales vieillissantes.

Le désengagement nucléaire est souvent associé à l’idée d’un mode de vie alternatif, voire marginal. Les messages anti-nucléaires s’adressent quant à eux trop souvent à des groupes de personnes déjà convaincues et manquent de crédibilité auprès de la majorité de la population, qui craint que la sortie du nucléaire ne signifie un renoncement au confort que l’électricité lui procure. Le message sur la sortie du nucléaire doit donc être crédible et rassurant sur ce point.

 

Créer un mouvement politique massif

Les campagnes de sensibilisation sont nécessaires pour forger l’opinion publique, mais sans un profond mouvement politique rien ne sera possible. Les décisions à prendre sont tellement difficiles à accepter, qu’il faudra aller même jusqu’à choquer dans un premier temps, mais sans omettre de faire simultanément les propositions qui permettront d’atténuer l’impact du choc et de le transformer en un mouvement constructif et dynamique vers l’avenir.

Les phases suivantes sont à envisager :

  • Créer un noyau fort, reconnu et crédible
  • Former des multiplicateurs qui répandront la volonté politique d’agir rapidement
  • Utiliser les réseaux sociaux
  • S’associer à d’autres associations, entre autres l’observatoire du nucléaire (Stéphane Lhomme), Greenpeace, WWF, etc.
  • Lancer une campagne couvrant la Suisse de slogans clairs et crédibles

 

Se doter des lois et ordonnances nécessaires

Sans interventionnisme il sera impossible d’accélérer la sortie du nucléaire, ni même de l’atteindre. Par exemple :

  • Il faut non seulement interdire les chauffages à résistance mais aussi décréter un moratoire sur les pompes à chaleur et les autres produits pouvant être alimentés autrement qu’avec de l’électricité
  • Il faut stopper pour le moment l’introduction à grande échelle de la voiture électrique

 

Ce genre de mesures absolument discriminatoires du point de vue de la liberté du marché n’est applicable qu’avec un consensus politique. Est-ce une utopie ?

 

Assurer le financement des mesures à court terme

Si le législateur oblige l’utilisateur à remplacer des installations à très court terme, il doit en assurer pratiquement la totalité de l’investissement. Il doit également soutenir les branches économiques lésées par de telles mesures, et assurer l’étude de mesures de réduction de consommation dans l’industrie et le commerce. Et il lui faut aussi trouver des accords financiers pour leur réalisation à court terme. Il doit donc être muni des compétences et des ressources humaines qui lui permettront d’agir rapidement.

 

Là aussi, on peut se demander si on se trouve dans le domaine de l’utopie mais il n’y a pas d’autres voie pour aller vite, et – rappelons le – il s’agit ici de se donner les moyens non seulement de respecter mais d’accélérer les délais fixés pour une sortie du nucléaire, qui sur le principe est déjà décidée.

 

Conclusion

Ce n’est pas avec des demi-mesures et des bonnes paroles que l’objectif de sortir du nucléaire rapidement est atteignable. Dénoncer les dangers et les coûts liés aux centrales vieillissantes ne suffit pas non plus. Les réflexions et les mesures proposées ici peuvent paraître démesurées mais face à la débauche de moyens engagés pour promouvoir le nucléaire, et à faire oublier Fukushima et les problèmes liés à l’enfouissement de déchets radioactifs, il n’est pas suffisant d’opposer un compromis helvétique !

 

 

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L’âge des réacteurs en Europe

Nuclear power stations in the EU – operating reactors       
source: IAEA PRIS database – http://www.iaea.org/pris

Greenpeace / Jan Haverkamp
06/11/2014

Color code:
————————————————–

X = less than three years from its original technical design life-time
X = older than its original technical design life-time

Age  on 6 November 2014:

  > 40 years
  35 – 40 years
  30 – 35 years

—————————————————

country power station type reactor reference unit power starting date age (years)   average age per country (years)
BE Doel 1 PWR 433 28/08/1974 40 X 34
  Doel 2 PWR 433 21/08/1975 39 X  
  Doel 3 PWR 1006 23/06/1982 32    
  Doel 4 PWR 1039 08/04/1985 29    
  Tihange 1 PWR 962 07/03/1975 39 X  
  Tihange 2 PWR 1008 13/10/1982 32    
  Tihange 3 PWR 1046 15/06/1985 29    
BG Kozloduy 5 PWR 953 29/11/1987 26 X 25
  Kozloduy 6 PWR 953 02/08/1991 23    
CZ Dukovany 1 PWR 471 24/02/1985 29 X 23
  Dukovany 2 PWR 427 30/01/1986 28 X  
  Dukovany 3 PWR 471 14/11/1986 27 X  
  Dukovany 4 PWR 471 11/06/1987 27 X  
  Temelín 1 PWR 963 21/12/2000 13    
  Temelín 2 PWR 963 29/12/2002 11    
FI Loviisa 1 PWR 495 08/02/1977 37 X 35
  Loviisa 2 PWR 495 04/11/1980 34    
  Olkiluoto 1 BWR 880 02/09/1978 36 X  
  Olkiluoto 2 BWR 880 18/02/1980 34    
FR Belleville 1 PWR 1310 14/10/1987 27 X 29
  Belleville 2 PWR 1310 06/07/1988 26    
  Blayais 1 PWR 910 12/06/1981 33    
  Blayais 2 PWR 910 17/07/1982 32    
  Blayais 3 PWR 910 17/08/1983 31    
  Blayais 4 PWR 910 16/05/1983 31    
  Bugey 2 PWR 910 10/05/1978 36    
  Bugey 3 PWR 910 21/09/1978 36    
  Bugey 4 PWR 880 08/03/1979 35    
  Bugey 5 PWR 880 31/07/1979 35    
  Cattenom 1 PWR 1300 13/11/1986 27 X  
  Cattenom 2 PWR 1300 17/09/1987 27 X  
  Cattenom 3 PWR 1300 06/07/1990 24    
  Cattenom 4 PWR 1300 27/05/1991 23    
  Chinon B1 PWR 905 30/11/1982 31    
  Chinon B2 PWR 905 29/11/1983 30    
  Chinon B3 PWR 905 20/10/1986 28 X  
  Chinon B4 PWR 905 14/11/1987 26 X  
  Chooz B1 PWR 1500 30/08/1996 18    
  Chooz B2 PWR 1500 10/04/1997 17    
  Civaux 1 PWR 1495 24/12/1997 16    
  Civaux 2 PWR 1495 24/12/1999 14    
  Cruas 1 PWR 915 29/04/1983 31    
  Cruas 2 PWR 915 06/09/1984 30 X  
  Cruas 3 PWR 915 14/05/1984 30 X  
  Cruas 4 PWR 915 27/10/1984 30 X  
  Dampierre 1 PWR 890 23/03/1980 34    
  Dampierre 2 PWR 890 10/12/1980 33    
  Dampierre 3 PWR 890 30/01/1981 33    
  Dampierre 4 PWR 890 18/08/1981 33    
  Fessenheim 1 PWR 880 06/04/1977 37 X  
  Fessenheim 2 PWR 880 07/10/1977 37 X  
  Flamanville 1 PWR 1330 04/12/1985 28 X  
  Flamanville 2 PWR 1330 08/08/1986 28 X  
  Golfech 1 PWR 1310 07/06/1990 24    
  Golfech 2 PWR 1310 18/06/1993 21    
  Gravelines 1 PWR 910 13/03/1980 34    
  Gravelines 2 PWR 910 26/08/1980 34    
  Gravelines 3 PWR 910 12/12/1980 33    
  Gravelines 4 PWR 910 14/06/1981 33    
  Gravelines 5 PWR 910 28/08/1984 30 X  
  Gravelines 6 PWR 910 01/08/1985 29 X  
  Nogent 1 PWR 1310 21/10/1987 27 X  
  Nogent 2 PWR 1310 14/12/1988 25 X  
  Paluel 1 PWR 1330 22/06/1984 30 X  
  Paluel 2 PWR 1330 14/09/1984 30 X  
  Paluel 3 PWR 1330 30/09/1985 29 X  
  Paluel 4 PWR 1330 11/04/1986 28 X  
  Penly 1 PWR 1330 04/05/1990 24    
  Penly 2 PWR 1330 04/02/1992 22    
  St. Alban 1 PWR 1335 30/08/1985 29 X  
  St. Alban 2 PWR 1335 03/07/1986 28 X  
  St. Laurent B1 PWR 915 21/01/1981 33    
  St. Laurent B2 PWR 915 01/06/1981 33    
  Tricastin 1 PWR 915 31/05/1980 34    
  Tricastin 2 PWR 915 07/08/1980 34    
  Tricastin 3 PWR 915 10/02/1981 33    
  Tricastin 4 PWR 915 12/06/1981 33    
DE Brockdorf PWR 1410 14/10/1986 28 X 28
  Emsland PWR 1329 09/04/1988 26    
  Grafenrheinfeld PWR 1275 30/12/1981 32 X  
  Grohnde PWR 1360 05/09/1984 30 X  
  Grundremmingen B BWR 1284 16/03/1984 30 X  
  Grundremmingen C BWR 1288 02/11/1984 30 X  
  Isar 2 PWR 1410 22/01/1988 26    
  Neckarwestheim 2 PWR 1310 03/01/1989 25    
  Phillipsburg 2 PWR 1402 17/12/1984 29 X  
ES Almaraz 1 PWR 1004 01/05/1981 33   31
  Almaraz 2 PWR 1006 08/10/1983 31    
  Asco 1 PWR 995 13/08/1983 31    
  Asco 2 PWR 997 23/10/1985 29 X  
  Cofrentes BWR 1064 14/10/1984 30 X  
  Santa Maria de Garona BWR 446 02/03/1971 43 X  
  Trillo 1 PWR 1003 23/05/1988 26    
  Vandellos 2 PWR 1045 12/12/1987 26 X  
HU Paks 1 PWR 470 28/12/1982 31 X 29
  Paks 2 PWR 473 06/09/1984 30 X  
  Paks 3 PWR 473 28/09/1986 28 X  
  Paks 4 PWR 473 16/08/1987 27 X  
NL Borssele PWR 482 04/07/1973 41 X 41
RO Cernavoda 1 PHWR 650 11/07/1996 18   13
  Cernavoda 2 PHWR 650 07/08/2007 7    
SK Bohunice 3 PWR 472 20/08/1984 30 X 22
  Bohunice 4 PWR 472 09/08/1985 29 X  
  Mochovce 1 PWR 436 04/07/1998 16    
  Mochovce 2 PWR 436 20/12/1999 14    
SI Krsko PWR 688 02/10/1981 33   33
SE Forsmark 1 BWR 984 06/06/1980 34   35
  Forsmark 2 BWR 996 26/01/1981 33    
  Forsmark 3 BWR 1170 05/03/1985 29 X  
  Oskarshamn 1 BWR 473 19/08/1971 43 X  
  Oskarshamn 2 BWR 638 02/10/1974 40 X  
  Oskarshamn 3 BWR 1400 03/03/1985 29 X  
  Ringhals 1 BWR 865 14/10/1974 40 X  
  Ringhals 2 PWR 865 17/08/1974 40 X  
  Ringhals 3 PWR 1064 07/09/1980 34    
  Ringhals 4 PWR 940 23/06/1982 32    
UK Dungeness B1 GCR 520 03/04/1983 31 X 31
  Dungeness B2 GCR 520 29/12/1985 28 X  
  Hartlepool A1 GCR 595 01/08/1983 31 X  
  Hartlepool A2 GCR 595 31/10/1984 30 X  
  Heysham A1 GCR 585 09/07/1983 31 X  
  Heysham A2 GCR 575 11/10/1984 30 X  
  Heysham B1 GCR 620 12/07/1988 26    
  Heysham B2 GCR 620 11/11/1988 25    
  Hinkley Point B1 GCR 435 30/10/1976 38 X  
  Hinkley Point B2 GCR 435 05/02/1976 38 X  
  Hunterston B1 GCR 430 06/02/1976 38 X  
  Hunterston B2 GCR 430 31/03/1977 37 X  
  Sizewell B PWR 1188 14/02/1995 19    
  Torness 1 GCR 600 25/05/1988 26    
  Torness 2 GCR 605 03/02/1989 25    
  Wylfa 1 GCR 490 24/01/1971 43 X  
             

Near EU countries participating in the stress tests:

CH Beznau 1 PWR 365 17/07/1969 45 X 39
  Beznau 2 PWR 265 23/10/1971 43 X  
  Goesgen PWR 970 02/02/1979 35    
  Leibstadt BWR 1190 24/05/1984 30 X  
  Muehleberg BWR 373 01/07/1971 43 X  
             
UA Khmelnitski 1 PWR 950 31/12/1987 26 X 25
  Khmelnitski 2 PWR 950 07/08/2004 10    
  Rovno 1 PWR 381 31/12/1980 33 X  
  Rovno 2 PWR 376 30/12/1981 32 X  
  Rovno 3 PWR 950 21/12/1986 27 X  
  Rovno 4 PWR 950 10/10/2004 10    
  South Ukraine 1 PWR 950 31/12/1982 31 X  
  South Ukraine 2 PWR 950 06/01/1985 29 X  
  South Ukraine 3 PWR 950 20/09/1989 25    
  Zaporozhe 1 PWR 950 10/12/1984 29 X  
  Zaporozhe 2 PWR 950 22/07/1985 29 X  
  Zaporozhe 3 PWR 950 10/12/1986 27 X  
  Zaporozhe 4 PWR 950 18/12/1987 26 X  
  Zaporozhe 5 PWR 950 14/08/1989 25    
  Zaporozhe 6 PWR 950 19/10/1995 19    
             

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L’Espagne, bastion du Lobby nucléaire

Santiago Vilanova *
Traduit d’espagnol en français par
Ivo Rens

 Prisonnier d’UNESA, l’association patronale des compagnies d’électricité, le Gouvernement du Premier ministre Rajoy prétend étendre jusqu’à 60 ans la vie utile des six centrales nucléaires.

Le général Franco, dictateur, et la Junte de l’Energie Nucléaire (JEN) créée en 1951 et contrôlée par des généraux putschistes, avaient prévu de construire 38 reéacteurs sur tout le territoire national. Leur objectif était de faire de l’Espagne l’une des grandes puissances nucléaires de la planète, de disposer de grandes quantités de plutonium militaire et d’entrer dans le club atomique (avec la permission du Pentagone). Pour le Etatsuniens, c’était là une bonne affaire : on vendait la technologie PWR (Pressurized Water Reactor) de la Westinghouse et la technologie BWR (Boiling Water Reactor) de la General Electric, on plaçait des crédits en dollars de la Chase Manhattan Bank et de la Eximbank et on offrait la maintenace scientifique et technologique. Au surplus, la Chevron se chargerait d’exploiter les gisements d’uranium localisés dans différentes régions d’Espagne (objectif entrepreneurial qui ne put aboutir grâce à l’opposition populaire et à celle des municipalités visées). Cette ambition du franquisme comportait, dans une certaine mesure, une cession de souveraineté au travers d’accords bilatéraux, du Traité d’amitié et de coopération et de l’installation de bases étatsuniennes sur le territoire espagnol.

Le Lobby nucléaire, héritier du franquisme.

 En dépit de la forte répression des antinucléaires et de la censure exercée sur les moyens de communication, ce plan nucléaire pharaonique – bien cararctéristique du mégalomane qu’était Franco, fasciné par l’impact des bombes atomiques sur Hisroshima et Nagasaki – ne put être mené à bien dans sa totalité. Au Pays basque (Euzkadi), la mobilisation des associations telles le Comité de défense d’une côte basque non nucléaire et l’action du groupe armé ETA empêchèrent l’entreprise électrique Iberduera de construire les centrales de Lemoniz, de Ea et de Deva. En Catalogne, les confréries de pêcheurs et d’agriculteurs parvinrent à freiner l’installation de deux réateurs à Ametlla de Mar, un des villages de pêcheurs les plus florissants du littoral de Tarragone, mais elles ne purent éviter la construction, à peu de distance de là, de la Centrale de Vandellos dans le golfe de San Jordi et de celle d’Ascó, sur l’abondant fleuve Ebro. Il y eut aussi une opposition aux projets nucléaires en Estrémadure, en Andalousie, en Navarre, en Galice et en Cantabrique. La lutte antinucléaire compta une victime, l’écopacifiste basque Galdys del Estal abattue par les tirs d’un garde civil le 3 juin 1979, lors d’une journée consacrée à la dénucléarisation d’Euskadi qui avait été organisée à Tudela, en Navarre.

La Junte de l’Energie Nucléaire et le Gouvernement de Carrero Blanco, dominée pendant les années 1960 par les technocrates de l’Opus Dei, se contentèrent d’imposer sept centrales nucléaires et un total de dix réacteurs : la Centrale de José Cabrera, à Zorita, province de Guadalajara, avec un PWR d’une puissance de 150 MW (le premier à être inauguré par Franco le 12 décembre 1968, et qui fut arrêté en 2006) ; la Centrale de Santa María de Garoña, dans la province de Burgos, avec un BWR de 466 MW, arrêté en 2013, mais qui pourrait être réactivé en 2015 ; la Centrale d’Almaraz, dans la province de Cáceres, avec deux réacteurs PWR de 980 et 984 MW ; la Centrale d’Ascó, dans la province de Tarragone, avec deux réacteurs PWR, respectivement de 1’032 et 1’027 MW, la Centrale de Cofrentes, dans la province de Valence, avec un réacteur BWR de 1’092 MW ; la Centrale de Vandellós, dans la province de Tarragone, avec un réacteur graphite-gaz de 450 MW, le seul représentant de la technologie française (arrêté en 1989 à la suite d’un grave incendie) et un PWR de 1’087 MW ; enfin, la Centrale de Trillo, dans la province de Guadalajara, avec un PWR de 1’066 MW.

Le coût financier brutal du plan énergétique initial et les grands besoins en uranium freinèrent les délires atomiques de l’Amiral Carrero Blanco. Néanmoins, le Lieutenant général Juan Vigón, directeur de l’Ecole supérieure de l’Armée et ministre de l’air des troisième et quatrième gouvernements de Franco, ainsi que le Général de division Eduardo Hernández Vidal et le Contramiral José María Otero Navascués (lequel présida la JEN de 1958 à 1974) considérèrent que le parc nucléaire civil était suffisamment important pour pouvoir disposer d’uranium enrichi et de plutonium dans les laboratoires spéciaux prévus dans un grand complexe qui serait construit à Cubo de la Solana (province de Soria). Pour camoufler le développement de l’arme nucléaire, on créa le Comité de recherches atomiques et la société secrète intitulée Etudes et patentes d’alliages spéciaux (EPALE). Au premiers rangs des scientifiques qui conseillèrent les militaires franquistes pour obtenir du plutonium figurèrent le professeur Paul Scherer, de l’Institut de physique de l’Université de Zurich (qui sera l’un des créateurs du CERN), Werner Heisenberg et Karl Wirtz de l’Institut Max Planck de Göttingen. Furent également en contact avec ces militaires, Samuel K. Allison, de l’Université de Chicago, et Bertrand Goldschmidt auquel le Général avait confié le soin d’isoler les premiers miligrammes de plutonium. (1)

L’ami américain

 La stratégie énergétique du franquisme pour contrer l’isolement international de la dictature fut d’ouvrir l’Espagne au marché nucléaire nord-américain en créant des entreprises électriques et des banques (Central, Banesto, Urquijo, Hispano-Americano…) dont les conseils d’administration étaient dans les mains de financiers qui avaient appuyé le coup d’Etat fasciste contre la République (comme le magnat Juan March qui domina la compagnie électrique FECSA – Forces Electriques de Catalogne – ou José María Oriol y Urquijo qui présida les sociétés Hidroelectrica Española et UNESA). L’appui du FMI, de la Banque mondiale et du Groupe Rockefeller à l’admission de l’Espagne au Nations Unies, le 14 décembre 1955, avait comme contrepartie une colonisation sans précédent (Accords hispano-nordaméricains ou Pacte de Madrid en 1953 et 1955 ; installations de bases étatsuniennes à Rota, Morón et Torrejón de Ardoz ; crédits pour la construction de centrales nucléaires et achat d’armements ; domination des secteurs énergétique et agricole par des succursales bancaires et des multinationales nordaméricaines)

Néanmoins, quand fut venue l’heure de la vérité, le Pentagone s’opposa brutalement à ce que l’Espagne accède au “Club atomique“ bien qu’elle eût investi des millions de dollars pour obtenir du plutonium. L’Amiral Luis Carrero Blanco, qui était destiné à succéder à Franco, aspirait à construire des sous-marins atomiques et, par conséquent, il se refusait à signer le Traité de non-prolifétaion nucléaire (TNP). La chose fut rapportée à Henry Kissinger, lors de la visite qu’il fit à Madrid le 19 décembre 1973, le jour précédant celui du décès de l’Amiral dans un attentat perpétré par l’ETA, attentat dans lequel certains analystes virent la main noire de la CIA. Se refusa également à signer le TNP le Président du Gouvernement dit “de transition démocratique“ (1976-1981) Adolfo Suárez qui, jusqu’en 1981, souhaitait doter la Force aérienne espagnole de bombes atomiques tactiques. (2)

Les pressions du Pentagone sur le Gouvernement socialiste de Felipe Gonzalez (qui opta pour l’adhésion à l’OTAN) aboutirent finalement, le 10 avril 1987, à ce que l’Espagne souscrive au TNP et renonce à son rêve atomique.

A l’époque, le modèle énergétique espagnol était déjà profondément dépendant de l’énergie nucléaire, surtout la Catalogne qui génère 17% du PIB espagnol et qui consomme 50% de l’énergie électrique produite dans les Centrales de Ascó et Vandellós.

La frauduleuse “transition démocratique“

 Les Pactes de la Moncloa, signés à Madrid le 25 octobre 1977 entre le Gouvernement d’Adolfo Suárez et les principaux partis politiques, dont le Parti communiste (qui ne s’opposa pas au contrat de fourniture à l’Espagne d’uranium enrichi passé entre la multinationale soviétique Techsnabexport et l’Entreprise nationale de l’uranium ENUSA) (3), ne modifièrent en rien les structures énergétiques héritées du franquisme et consolidèrent l’énergie nucléaire. On fit la sourde oreille aux exigences des organisations antinucléaires et écologistes qui demandaient un audit du secteur et un moratoire. Par ailleurs, la banque nordaméricaine voulait rentrer dans ses fonds en ce qui concerne les crédits qu’elle avait accordés pour la construction des centrales nucléaires et elle souhaitait continuer à dominer de l’extérieur ce secteur éminemment stratégique. (Les Etats-Unis aussi fournissaient de l’uranium enrichi à l’Espagne.)

Au fil des années, l’Entreprise nationale de l’uranium (ENUSA), créée en 1972, ainsi que Tecnatom, créée en 1957, s’étaient renforcées en intervenant dans les transactions internationales sur le nucléaire, tant dans la gestion et l’achat d’uranium enrichi que dans la fabrication de combustible et la prestation de services à divers pays, surtout latinoaméricains, allant jusqu’à exporter 65% de la production des assemblages de combustibles issus de son usine de Juzbado, dans la province de Salamanque.

Tels sont les antécédents du secteur énergétique espagnol, dirigé aujourd’hui par une oligarchie électrique qui, grâce à la complicité du Gouvernement Rajoy, a réussi à freiner le développement des énergies du soleil, surtout les centrales solaires et les parcs éoliens, de peur de perdre, avec ses ses privilèges, le négoce dérivé de l’électricité nucléaire (dominé par Endesa et Iberdrola) ainsi que celui du gaz naturel (monopolisé par Gas Natural-Fenosa).

Après l’arrivée au pouvoir du PSOE (Parti Socialiste Ouvrier Espagnol) en 1982, les programmes nucléaires ambitieux furent suspendus du fait de la pression des écologistes mobilisés par l’accident survenu dans la Centrale de Three Mile Island le 28 mars 1979 et du fait aussi de leurs coûts colossaux. Le Gouvernement de Felipe Gonzalez approuva un moratoire en 1984 puis, en 1991, le fonctionnement de sept Centrales fut paralysé. Il s’agissait des Centrales Lemoniz I et II, dans la province de Biscaye, Valdecaballeros I et II dans la povince de Badajoz, de Trillo I et II dans la province de Guadalajara, de Regodela I dans la province de Lugo et de Sáyago I dans la province de Zamora. Les pertes atteignirent 729’000 millions de pesetas de l’époque. Afin de compenser le lobby nucléaire, l’Etat introduisit en 1997, dans le cadre de son moratoire, une disposition qui permettait aux entreprises fournissant de l’électricité de répercuter sur les consommateurs les investissements consentis en prélevant, jusqu’en 2020, un pourcentage des factures d’électricité. En raison de la baisse des taux d’intérêt et du fort accroissement de la demande d’électricité qui se traduisit par l’amortissement anticipé de la dette contractée, ces prélèvements varièrent. Le pourcentage des factures d’électricité ainsi prélevé est passé de 1,72% à 0,33%, cependant que le délai d’amortissement était ramené à 2015.

Avec son moratoire, le PSOE a servi les intérêts stratégiques du lobby nucléaire ployant sous les coûts élevés que les nouvelles normes de sécurité de l’AIEA avaient imposées aux gérants des réacteurs et il a même sauvé quelques compagnies électriques qui se trouvaient au bord du gouffre.

La fermeture de la Centrale de Garoña

 Le syndrome de l’accident de Fukushima qui entraîna une réaction critique contre les centrales nucléaires dans quelques pays, comme l’Allemagne (qui décida une fermeture progressive de ses 17 centrales nucléaires jusqu’en 2022), ou comme l’Italie qui finit par tenir un referendum sur le nucléaire, sans oublier le combat écologiste des Suisses qui obtinrent la fermeture progressive de leurs réacteurs d’ici à 2034, ce syndrome donc n’eut aucun impact sur la politique énergétique de l’Espagne. L’ex-Président du Gouvernement, Felipe Gonzalez, embauché par Gas natural-Fenosa, déclara en 2006 au sujet du moratoire décrété par son Gouvernement, qu’il avait été décidé en raison des difficultés relatives au problème du stockage des déchets radioactifs ; mais, comme depuis lors, selon lui, ce stockage avait enregistré des améliorations technologique ( ?) il conclut : “Il faut reconsidérer le moratoire“. Bien que la libéralisation du secteur énergétique ne s’oppose pas à ce que les compagnies électriques puissent construire de nouvelles centrales en Espagne, ces compagnies s’en sont abstenues en raison de l’hostilité de l’opinion publique et de l’absence des incitations fiscales dont elles bénéficièrent dans le passé. Le patronat des électriciens espagnols, qui paraît réticent à appliquer à la lettre les mesures de sécurité exigées par l’Union européenne (les fameux “stress tests“) en vue de prévenir les accidents avec fusion du cœur du réacteur, comme ceux qui se sont produits à Fukushima, ce patronat donc a proposé au Gouvernement Rajoy de prolonger la vie des centrales en fonctionnement jusqu’à 60 ans, conformément aux instructions du lobby nucléaire nordaméricain et des multinationales Westinghouse et General Electric. Citons en exemple la société Nucleonor, à laquelle participent Endesa-Enel et Iberdrola, propriétaire de la Centrale de Garoña : elle a demandé au Ministère de l’industrie l’autorisation de remettre en route cette installation qui a été inaugurée il y a 43 ans et qui a cessé de produire de l’électricité fin décembre 2012. Cette société électrique souhaite prolonger la vie utile de sa Centrale jusqu’au 2 mars 2031, soit 17 ans de plus, moyennant le remplacement de son système de réfrigération.

Contrôlé par les nucléocrates, le Conseil de sécurité nucléaire est disposé à le lui permettre. Greenpeace et les organisations d’agriculteurs appréhendent les effets d’un accident grave qui contaminerait tout le bassin de l’Ebre et détruirait leurs productions vivrières. 140’000 hectares de terres irriguées seraient impactées ! Nucleonor rétorque qu’il y a, aux Etats-Unis, 23 centrales BWR semblables à celle de Garoña qui ont été autorisées à poursuivre leur production jusqu’à leur 6oe année. Si le Conseil de sécurité nucléaire espagnol suivait cet exemple, les bénéfices des sociétés électriques espagnoles dépasseraient 40’000 millions d’euros et l’Etat encaisserait 1’200 millions d’euros au titre de la taxe nucléaire.

Les pionniers du mouvement antinucléaire espagnol ont réagi en lançant un manifeste visant à fermer définitivement la Centrale de Garoña et à dénucléariser l’Espagne et l’Europe. Les signataires, dont Mario Gaviria (Navarre), José Allende (Pays basque), Pedro Costa Morata (Murcia), José Manuel Naredo (Madrid), Juan Serna (Extremadura), Josep Puig, Xavier Garcia et Santiago Vilanova (Catalogne), y font valoir, entre autres arguments, que le Consortium d’assureurs espagnols, un des plus anciens au monde, couvre certains risques nucléaires mais non point le risque d’une catastrophe nucléaire. Ils proposent aussi que l’Union Européenne suive “le modèle germano-danois fondé sur les énergies renouvelables en lieu et place du modèle nucléaire français qui est dans l’impasse.“

En Espagne, les dirigeants tant socialistes que membres de l’Alliance populaire restent attachés au lobby nucléaire. Dans l’Union Européenne, le parc nucléaire espagnol est celui qui enregistre le plus d’incidents et d’arrêts techniques, du fait surtout des Centrales d’Ascó et de Vandellos en Catalogne, responsables de 43% de tous les incidents du parc nucléaire espagnol. Le 19 octobre 1989, un grave incendie se déclara dans la Centrale de Vandellos I exploitée par la société hispano-française Hifrensa. Les combustibles usés de cette Centrale étaient envoyés en train à l’usine militaire de Marcoule (France) qui en extrayait de l’uranium hautement enrichi et du plutonium. Cet incendie aurait pu dégénérer en une catastrophe comparable à celle de Tchernobyl. Mais le cœur du réacteur ne fut pas atteint, de sorte que seule se produisit une pollution chimique due à la combustion de quinze tonnes d’huiles avec le PCB des transformateurs. En son temps, la Junte de l’Energie Nucléaire franquiste avait opté pour la filière française graphite-gaz dans le but évident de consacrer ses déchets aux applications militaires. Pere Duran Farell, l’industriel catalan qui construisit cette installation, d’entente avec le général de Gaulle, en retira pour son entreprise Hidroelectrica de Cataluña d’énormes bénéfices dus à des avantages fiscaux et à des crédits à taux très réduits. A présent, le démantèlement du réacteur est à la charge des consommateurs qui le paient sur leurs factures d’électricité et, en l’absence d’un Entrepôt Temporaire Centralisé de déchets nucléaires de haute radioactivité projeté à Villar de Cañas, dans la province de Cuenca, les déchets de Vandellos restent entreposés en France et ils coûtent à la ENRESA, l’entreprise étatique des déchets radioactifs, la somme de 65’000 euros par jour. Un incroyable gaspillage des deniers publics.

Les nucléocrates espagnols

Comme à l’époque franquiste, les media gardent le science sur les problèmes environnementaux et de sécurité du parc nucléaire espagnol. Les sociétés fournissant de l’électricité sont représentées dans les conseils d’administration des journaux les plus lus, comme La Vanguardia et El País, et elles investissent de grandes sommes dans la publicité. Il en va de même pour les télévisions publiques et privées où le débat sur le nucléaire brille par son absence. La plupart des déclarations des dirigeants antinucléaires ou écologistes sont censurées et, lorsqu’il leur arrive de publier un livre ou un essai critiquant l’énergie nucléaire, ce livre ou cet essai peine à se diffuser. Le Forum Atomique Espagnol, association financée par le patronat des sociétés fournissant de l’électricité, étend ses tentatcules dans tout l’espace médiatique. Les organisations antinucléaires n’ont d’autre choix que de recourir à Internet. Grâce à Internet, on a pu dénoncer sur les réseaux la connivence entre les grands partis politiques et l’oligarchie électrique : l’ex-Président du Gouvernement, Aznar, a été embauché par Endesa et l’ex-Président Gonzáles par le Gas naturel-Fendosa. En Catalogne, la Plateforme civique pour un nouveau modèle énergétique, coordination inter-organisations, a saisi le Ministère public anticorruption d’une dénonciation, munie de 40’000 signatures, demandant qu’une enquête soit menée sur la connivence entre les partis politiques et les principales entreprises énergétiques du pays. Quelque chose de semblable se produit au Japon depuis l’accident de Fukushima pour que l’opinion publique s’oppose au redémarrage des 48 centrales nucléaires mises à l’arrêt. Tout comme le Conseil de sécurité nucléaire espagnol, l’Autorité nipponne de régulation nucléaire (NRA) est sous le contrôle des compagnies électriques.

J’ai entendu Amory Lovins dire ironiquement : “L’énergie nucléaire est l’énergie du futur dont le temps est passé.“ Mais ni Three Mile Island, ni Tchernobyl, ni Fukushima n’ont suffi à changer le cours et l’inertie du lobby atomique mondial, étroitement lié au nucléaire militaire. L’opinion publique est clairement opposée à ce que l’on continue à utiliser la fission pour produire de l’électricité, en raison de la dimension centralisée, policière et autoritaire de l’électronucléaire et surtout en raison des risques qui lui sont inhérents, nonobstant les rapports manipulés de l’OMS sur l’impact sanitaire de Tchernobyl et de Fukushima. Mais, paradoxalement, les structures politiques des Etats nucléaires sont corrompues et difficiles à renverser. Peut-être la création de nouveaux Etats dotés de constitutions écologiques fondées sur une démocratie participative pourra-t-elle déboucher sur une politique énergétique plus raisonnable axée sur le solaire. Les écologistes espagnols ont l’habitude de revendiquer le recours à des consultations populaires, comme le font la Suisse et la Suède, sur des questions aussi fondamentales que celle du modèle énergétique. C’est aussi ce que proposent les organisations écologistes indépendantes d’Ecosse et de Catalogne, nations qui ont entamé un processus sécessionniste de nature populaire et démocratique.

Au niveau mondial, les subventions annuelles aux énergies fossiles dépassent les 400’000 millions d’euros, tandis que les énergies renouvelables ne reçoivent que 70’000 millions d’euros. L’Espagne est un pays fort ensoleillé, mais l’Allemagne la dépasse par le nombre de mètres carrés de capteurs solaires thermiques pour les habitations. En 2010, les installations éoliennes et solaires espagnoles ont épargné 45’000 millions d’euros d’importation de combustibles fossiles ! Le négoce énergétique espagnol, qui brasse annuellement de 120 à 130’000 millions d’euros, commençait à chanceler. Aussi le Gouvernement Rajoy servit-il sur un plateau aux compagnies électriques un décret qui a réduit les subventions aux énergies solaires et lourdement imposé fiscalement l’autonomie énergétique. Des milliers d’investisseurs y ont perdu leur épargne tandis que les énergies éolienne et solaire enregistrèrent un grave recul. Le gaz naturel en a été le principal bénéficiaire. Il en est résulté que la surcapacité industrielle fondée sur l’électricité et le gaz naturel permet à Endesa et à Gas Natural-Fenosa de procéder à des investissements et à des exportations de gaz excédentaire vers le Japon, la Corée du sud et l’Argentine.

En Espagne, le débat sur le nucléaire se trouve marginalisé en raison du manque de volonté politique du Gouvernement Rajoy qui masque la gravité de la situation économique et la corruption politique, problèmes aux grandes résonances médiatiques, auxquels s’ajoutent le chômage alarmant, la pénurie énergétique qui affecte des milliers de familles et le conflit relatif à la consultation sur l’indépendance de la Catalogne. A moins qu’un grave accident ne se produise dans l’une des centrales nucléaires en fonctionnement – ce que personne ne souhaite – il faut espérer que s’impose un modèle énergétique unifié à l’échelle européenne qui mise sur les énergies renouvelables et la fermeture progressive des centrales nucléaires. Toutefois, la nomination de Miguel Arias Cañete, ancien ministre du Gouvernement Rajoy, comme Commissaire européen chargé de l’énergie et du changement climatique, n’augure rien de bon car il paraît disposé à défendre l’énergie nucléaire sous le faux prétexte de freiner la dérive climatique.

Abstraction faite des circonstances politiques partisanes, l’Espagne aurait pu prendre la tête de la révolution solaire, mais elle est restée vassalisée au lobby nucléaire mondial. C’est le dictateur Franco qui l’y a attachée et bien attachée. Mais les antinucléaires, dont je suis, ne perdent pas l’espoir et nous poursuivrons notre combat pacifique pour une Europe dénucléarisée.

(*)            Journaliste et écrivain.
Président de l’Association “Una Sola Terra“.
Co-fondateur de “Els Verde-Alternativa Verda de Catalunya“.
Seul écrivain européen à avoir consacré un ouvrage à chacun des trois accidents majeurs de l’industrie électronucléaire :

El sindrome de Harrisburg, Chernóbil, el fin del mito nuclear, et Fukushima, el declive nuclear.

  • Santiago Vilanova, “La bomba atómica de Franco. Los objetivos militares de la energía nuclear en España“, Libres de l’Index, Barcelona, 2011.
  • “Espagne. Le gouvrenement sohaiterait disposer de la bombe atomique“, Le Monde, 24.08.1979.
  • L’accord entre l’Entreprise nationale de l’uranium (ENUSA) et Techsnabexport fut négocié par le président de ENUSA, Juan Basabe, et le président de la multinationale soviétique, Yeugeni Zahkov, il a été approuvé par le président de la Junte de l’énergie nucléaire espagnole, le lieutenant général Jesús Olivares Baqué. Le contrat, qui dépassait les 400 millions de dollars, fut ratifié en 1979 par le Gouvernement d’Adolfo Suárez. Il prévoyait que pour chaque 450 tonnes d’uranium naturel qu’ENDESA enverrait en URSS, la société Techsnabexport lui rendrait 75 tonnes d’uranium enrichi. C’est un article du directeur du département des pays occidentaux du Ministère du commerce extérieur de l’URSS, Vladimir Simakov, rapporté par la délégation à Moscou de l’agence EFE, qui dévoila ce contrat.
  • “J’ai pris la responsabilité du moratoire nucléaire il y a vingt et quelques années pour deux raisons : la sécurité et l’accablante responsabilité inhérente à l’impossibilité d’éliminer les déchets radioactifs. Mais les circonstances ont changé grâce à la sécurité due au perfectionnement technologique des installations et aux avancées substantielles dans la gestion des déchets. C’est pourquoi nous devons reconsidérer le moratoire.“ (El País, 21.10.2006. Déclaration de l’ancien Président du Gouvernement Felipe Gonzáles à l’Assemblée générale du Club de Madrid du 20 octobre 2006.

 

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España, Bastión del “Lobby“ Nuclear

Santiago Vilanova (*)

 

El Gobierno Rajoy se halla “secuestrado” por UNESA, la patronal eléctrica, y pretende alargar hasta 60 años la vida útil de las seis centrales nucleares.

 

 

 

El dictador general Francisco Franco y la Junta de Energía Nuclear (JEN), creada en 1951 y controlada por generales golpistas, había previsto construir 38 reactores nucleares en todo el territorio nacional. El objetivo era convertir España en una de las grandes potencias nucleares del planeta, disponer de grandes cantidades de plutonio militar y entrar en el club atómico (con permiso del Pentágono). Para los norteamericanos aquel negocio resultaba redondo: se vendía la tecnología PWR (Pressurized Water Reactor) de la Westinghouse y BWR (Boiling Water Reactor) de la General Electric; se concedían los créditos en dólares del Chase Manhattan Bank, Citicorp y Eximbank y se ofrecía asesoramiento científico y tecnológico. La Chevron se encargaría también de explotar los yacimientos de uranio localizados en diferentes regiones españolas (objetivo empresarial que no logró gracias a la oposición popular y de los ayuntamientos afectados). En cierta medida esta ambición del franquismo comportó una cesión de soberanía mediante acuerdos bilaterales, el Tratado de Amistad y Cooperación y la instalación de bases norteamericanas en territorio nacional.

 

-El “lobby” nuclear, heredero del franquismo-

 

A pesar de la fuerte represión a los antinucleares y de aplicar la censura en los medio de comunicación el faraónico plan nuclear- más propio de un megalómano como era Franco impresionado por el impacto de las bombas atómicas sobre Hiroshima y Nagasaki- no pudo llevarse a cabo en su totalidad. En el País Vasco (Euskadi) la movilización de asociaciones como la Comisión de Defensa de una Costa Vasca no nuclear y la acción del grupo armado ETA impidió que la eléctrica Iberduero construyese las centrales de Lemóniz, Ea y Deva. En Cataluña las cofradías de pescadores y agricultores lograron frenar la instalación de dos reactores en la Ametlla de Mar, una de las poblaciones pesqueras más florecientes del litoral de Tarragona, pero no pudieron evitar la construcción de la central de Vandellòs en el golfo de Sant Jordi, a pocos kilómetros, y la de Ascó, a orillas del caudaloso río Ebro. Hubo también oposición antinuclear en Extremadura, Aragón, Andalucía, Navarra, Galicia y Cantabria contra otros proyectos nucleares. La lucha antinuclear se cobró una víctima, la ecopacifista vasca Gladys del Estal que murió por disparos de un guardia civil el 3 de junio de 1979 durante una jornada contra la nuclearización de Euskadi que se organizó en Tudela (Navarra).

 

La Junta de Energía Nuclear y el Gobierno de Carrero Blanco, dominado durante la década de los 60 por tecnócratas del Opus Dei, se contentaron con imponer siete centrales nucleares y un total de diez reactores: José Cabrera, en Zorita (Guadalajara),un PWR con una potencia de 150 MW (el primer que fue inaugurado por Franco el 12 de diciembre de 1968, y clausurado en el 2006); Santa María de Garoña, en Burgos, un BWR de 466 MW, clausurado en 2013 pero que podría reabrirse en el 2015; Almaraz, en Cáceres, dos reactores PWR de 980 y 984 MW; Ascó, en Tarragona, dos reactores PWR de 1.032 y 1.027 MW respectivamente; Cofrentes, en Valencia, un BWR de1.092 MW; Vandellós, en Tarragona, con un reactor de grafito-gas de 480 MW, el único de tecnología francesa (clausurado en 1989 después de un grave incendio) y otro PWR de 1.087 MW y Trillo, en Guadalajara, un PWR de 1.066 MW.

 

El brutal coste financiero del plan energético inicial y la necesidad de una gran demanda de uranio frenó los delirios atómicos del almirante Carrero Blanco. Sin embargo el teniente general Juan Vigón, director de la Escuela Superior del Ejército y Ministro del Aire del tercer y cuarto gobierno de Franco, así como el general de división Eduardo Hernández Vidal y el contralmirante José María Otero Navascués (que presidió la JEN de 1958 hasta 1974) consideraron que el parque nuclear civil ya era suficiente para lograr disponer de uranio enriquecido y plutonio en los laboratorios especiales previstos en un gran complejo que se construiría en Cubo de la Solana (Soria). La “tapadera” para desarrollar el arma nuclear fue la creación de la Junta de Investigaciones Atómicas y la sociedad secreta Estudios y Patentes de Aleaciones Especiales (EPALE). Entre los científicos que asesoraron a los militares franquistas para obtener plutonio hay que destacar al profesor Paul Scherrer, del Instituto de Física de la Universidad de Zürich (que sería impulsor del CERN); Werner Heisenberg y Karl Wirtz del Instituto Max Planck de Götingen. Otros contactos a lo largo de los primeros años fueron Samuel K. Allison, de la Universidad de Chicago, y Bertrand Goldschmidt, en quien De Gaulle había confiado para aislar los primeros miligramos de plutonio (1).

 

-El amigo americano-

 

La estrategia energética del franquismo para superar el aislamiento internacional de la Dictadura fue abrirse al mercado nuclear norteamericano y crear empresas eléctricas y bancos (Central, Banesto, Urquijo, Hispano Americano…) cuyos consejos de administración estaban regidos por militares y financieros que habían apoyado golpe fascista contra la República (como el magnate Juan March que dominó la compañía eléctrica Fecsa -Fuerzas Eléctricas de Cataluña- o José María Oriol y Urquijo que fue presidente de Hidroeléctrica Española y UNESA). El apoyo del FMI, del Banco Mundial y del grupo Rockefeller al ingreso de España en las NN.UU. el 14 de diciembre de 1955 fue a cambio de una colonización sin precedentes (acuerdos hispano-norteamericanos o Pacto de Madrid en 1953 y en 1955; instalación de las bases USA en Rota, Morón y Torrejón de Ardoz; créditos para la construcción de centrales nucleares y compra de armamento; sucursales bancarias y multinacionales norteamericanas dominando el sector energético y agrícola).

 

Sin embargo cuando llegó la hora de la verdad el Pentágono se negó rotundamente a que España ingresara en el “club atómico” a pesar de haber invertido millones de dólares en prepararse para obtener plutonio (el almirante Luis Carrero Blanco, que estaba destinado a suceder a Franco, aspiraba a construir submarinos atómicos) y en consecuencia se negaba a firmar el Tratado de No Proliferación Nuclear (TNPN). Así se lo transmitió a Henry Kissinger, durante su visita que el Secretario de Estado hizo a Madrid el 19 de diciembre de 1973, el día antes que el almirante falleciera en un atentado perpetrado por ETA (sobre el que algunos analistas vieron la mano negra de la CIA). Tampoco quiso firmar el TNPN el presidente Adolfo Suárez que antes de 1981 deseaba disponer de una bomba atómica táctica transportada por la fuerza aérea española (2).

 

Las presiones del Pentágono sobre el Gobierno socialista de Felipe González (que optó por el ingreso en la OTAN) hicieron que, finalmente, el 10 de abril de 1987 España subscribiese el TNPN y desistiera de su sueño atómico.

 

El modelo energético español estaba ya sólidamente dependiente de la energía nuclear (especialmente en Cataluña, autonomía que genera el 19% del PIB español, y consume el 50% de su energía eléctrica producida en las centrales de Ascó y Vandellós)

 

 

-La fraudulenta “Transición democrática”-

 

Los Pactos de la Moncloa firmados en Madrid el 25 de octubre de 1977 entre el Gobierno de Adolfo Suárez y los principales partidos políticos- entre ellos el Partido Comunista (que no se opuso al contrato de suministro de uranio enriquecido entre la Empresa Nacional del Uranio (ENUSA) y la multinacional soviética Techsnabexport) (3)- dejaron intactas las estructuras energéticas heredadas del franquismo y comportaron la consolidación de la energía nuclear. Las exigencias de las organizaciones antinucleares y ecologistas, que pedían una auditoría del sector y una moratoria, no fueron oídas. Por otra parte la banca norteamericana quería terminar de cobrar los créditos concedidos para la construcción de las centrales nucleares y deseaba seguir dominando desde el exterior un sector tan estratégico como el energético (los EE.UU. también suministraban a España uranio enriquecido)

 

Con los años la Empresa Nacional del Uranio (ENUSA), fundada en 1972, i Tecnatom, creada en 1957, se habían fortalecido actuando en el negocio nuclear internacional, tanto en la gestión y compra de uranio enriquecido hasta la fabricación de combustible y prestación de servicios a diversos países, especialmente latinoamericanos, exportando el 65% de la producción de elementos combustibles de su planta de Juzbado (Salamanca).

 

El sector energético español es consecuencia de estos antecedentes y de una oligarquía eléctrica que hoy, gracias a la connivencia con el Gobierno Rajoy, ha logrado frenar el desarrollo de las energías del sol (especialmente centrales solares y parques eólicos) temerosa de perder sus privilegios y el negocio derivado de la electricidad nuclear (Endesa e Iberdrola lideran el sector) y del gas natural (monopolizado por Gas Natura-Fenosa).

 

Tras la llegada al poder del PSOE en 1982 se suspendieron los ambiciosos programas nucleares por la presión ecologista (movilizada tras el accidente de la central de Three Mile Island el 28 de marzo de 1979) y por los colosales costes financieros que comportaban. El Gobierno de Felipe González aprobó una moratoria en 1984 y en 1991 se paralizaron las obras de siete centrales: Lemóniz I y II (Vizcaya), Valdecaballeros I y II (Badajoz), Trillo II (Guadalajara), Regodola I (Lugo) y Sáyago I (Zamora). Las pérdidas alcanzaron 729.000 millones de pesetas de la época. Para compensar al “lobby” nuclear el Estado aprobó en 1997 una disposición que permitía a las eléctricas cobrar hasta el 2020 un porcentaje para recuperar las inversiones a través de la factura que pagan los consumidores. Debido a la disminución de los tipos de interés y al fuerte aumento de la demanda eléctrica, en 2006 se modificaron los criterios de la moratoria, al amortizarse más rápidamente de lo previsto la deuda contraída. Así se disminuyó el porcentaje pagado en la factura eléctrica, pasando de un 1,72% a un 0,33% disminuyendo a su vez el plazo de amortización hasta el año 2015.

 

Con la moratoria el Partido Socialista Obrero Español (PSOE) sirvió los intereses estratégicos del “lobby” nuclear agobiado por los elevados costes de los reactores debido a las nuevas medidas de seguridad impuestas por la AIEA y rescató financieramente a unas compañías eléctricas que se hallaban al borde del colapso.

 

– El cierre de la central de Garoña-

 

 

El síndrome del accidente de Fukushima, que comportó una reacción crítica contra las centrales nucleares en algunos países de la Unión Europea, como Alemania (que ha optado por el cierre progresivo de sus 17 centrales nucleares hasta el 2022), o como Italia que acabó por realizar un referéndum nuclear, sin olvidar la lucha ecologista de los suizos que lograron el cierre progresivo de sus reactores hasta el 2034, no afectó a la política energética española. El ex presidente Felipe González, contratado por Gas Natural–Fenosa, ya dijo en el 2006 que la moratoria nuclear que decretó su Gobierno se debió a las dificultades de resolver el problema de los residuos radiactivos, cosa que ahora, según el líder socialista, ha mejorado tecnológicamente (?) “Hay que replantear la moratoria”, vaticinó (4). Sin embargo la liberalización del sector energético no impide que las compañías eléctricas puedan construir nuevas centrales nucleares en España, aunque con la opinión pública contraria y sin poder recibir las ayudas fiscales que tuvieron en el pasado les ha hecho desistir.

 

La patronal eléctrica española, que no parece querer aplicar a fondo las propuestas de seguridad exigidas por la UE (los llamados “test stress”) para prevenir accidentes con fusión del núcleo como los ocurridos en la central de Fukushima, ha propuesto al Gobierno Rajoy alargar la vida de las centrales que funcionan hasta 60 años, siguiendo las instrucciones del “lobby” nuclear norteamericano y de las multinacionales Westinghouse y General Electric. Un ejemplo lo tenemos en Nucleonor (participada por Endesa-Enel e Iberdrola), titular de la central de Garoña, que ha presentado al Ministerio de Industria la solicitud para renovar el permiso de funcionamiento de la planta inaugurada hacer 43 años y que dejó de producir electricidad a finales de diciembre de 2012. La eléctrica pretende ampliar la vida útil de la instalación hasta el 2 de marzo de 2031, es decir, 17 años más, cambiando todo su sistema de refrigeración.

 

El Consejo de Seguridad Nuclear, controlado por los nucleócratas, está dispuesto a darle luz verde. Greenpeace y las organizaciones de agricultores temen los efectos de un accidente grave que destruiría toda la cuenca del río Ebro y arruinaría sus cosechas. ¡140.000 hectáreas de regadíos resultarían afectadas! Nucleonor responde que hay 23 centrales BWR en Estados Unidos parecidas a la de Garoña que han logrado el permiso para seguir produciendo hasta un período de vida de 60 años. La reforma eléctrica propuesta por el Gobierno Rajoy comportará  impuestos  a hidroeléctricas y nucleares de 1.200 millones de euros al año, pero la contrapartida, la prolongación de la vida útil de las centrales nucleares hasta los 60 años, supondría un regalo de más de 40.000 millones de euros.

Los pioneros antinucleares han reaccionado lanzando un manifiesto para cerrar definitivamente Garoña y desnuclearizar España y Europa. Mario Gaviria (Navarra), José Allende (Euskadi), Pedro Costa Morata (Murcia), José Manuel Naredo (Madrid), Juan Serna (Extremadura), Josep Puig, Xavier Garcia y Santiago Vilanova (Cataluña), entre otros, recuerdan, entre sus argumentos, que el Consorcio de Seguro Español, uno de los más antiguos del mundo, cubre ciertos riegos de catástrofes nucleares, pero no cubre el riesgo de una catástrofe nuclear. También proponen para la UE “el modelo alemán-danés.nórdico basado en las energías renovables como alternativa al fracaso del modelo francés nuclearizado”.

 

En España socialistas y populares siguen atados al “lobby” nuclear. Su parque nuclear es el que registra más incidentes y paradas técnicas de la UE, especialmente las centrales de Ascó y Vandellós en Cataluña (registran el 43% de todos los incidentes del parque español). El 19 de octubre se cumplirán 25 años del grave incendio en la central de Vandellós I, explotada por la sociedad hispano-francesa Hifrensa, y cuyos residuos eran enviados en tren al centro militar de Marcoule (Francia) para obtener uranio altamente enriquecido y plutonio. El incendio pudo haber provocado una catástrofe del mismo nivel de la ocurrida en Chernóbil. Pero el núcleo no quedó afectado y únicamente se produjo una polución química debida a la quema de quince toneladas de aceites con PCB de los transformadores. La Junta de Energía Nuclear franquista había optado por la tecnología francesa de grafito-gas con la clara intención de derivar los residuos hacia la vertiente militar. El industrial catalán que pactó la instalación con el general De Gaulle, Pere Duran Farell, logró para su empresa,Hidroeléctrica de Cataluña (Hidruña), que tenía una participación de un 23% en Hifrensa, enormes beneficios fiscales y créditos a muy bajo interés. Ahora el desmantelamiento del reactor se financia con las facturas eléctricas de los consumidores y a falta de un Almacén Temporal Centralizado de residuos de alta radiactividad (proyectado en Villar de Cañas, Cuenca) los residuos de Vandellós siguen almacenados en Francia y cuestan a ENRESA, la empresa estatal de residuos radiactivos, 60.000 euros al día. Un despilfarro increíble de dinero público.

 

– Nucleócratas españoles-

 

Los problemas ambientales y de seguridad del parque nuclear español están sometidos, como en la época franquista, al silencio de los grandes medios informativos. Las eléctricas tienen presencia en los consejos de administración de los periódicos más leídos, como “La Vanguardia” y “El País”, e invierten grandes sumas de dinero en publicidad. Lo mismo ocurre en las televisiones públicas y privadas donde el debate nuclear es inexistente. Las principales voces de los líderes antinucleares y ecologistas están censuradas y cuando se llega a publicar algún libro o ensayo crítico contra la energía nuclear no recibe ninguna divulgación significativa. El Fórum Atómico Español, asociación financiada por la patronal eléctrica, extiende sus tentáculos por toda el espacio mediático. A las organizaciones antinucleares no les queda otra alternativa que acudir a Internet. Gracias a ello se ha podido denunciar en la red la connivencia entre los grandes partidos políticos y la oligarquía eléctrica (el ex presidente Aznar ha sido contratado por Endesa y el ex presidente González trabaja al servicio de Gas Natural-Fenosa). En Cataluña la coordinadora de entidades agrupadas en la Plataforma Ciudadana para un Nuevo Modelo Energético, con el apoyo de 40.000 firmas, ha presentado una denuncia ante la Fiscalía Anticorrupción para que investigue la connivencia entre los partidos políticos y las principales empresas energéticas del país. Algo parecido a lo que está ocurriendo en Japón después del accidente de Fukushima para lograr cambiar la opinión popular contra la puesta en marcha de las 48 centrales nucleares paralizadas. La Autoridad de Regulación Nuclear (NRA) nipona, como el Consejo de Seguridad Nuclear español, está bajo el control de las compañías eléctricas.

 

“La energía nuclear es la energía del futuro cuyo tiempo ya pasó”, oí decir irónicamente a Amory Lovins. Pero ni Three Mile Island, ni Chernóbil, ni Fukushima han servido para cambiar el rumbo y la inercia del “lobby” atómico mundial, estrechamente vinculado a los usos militares de la energía nuclear. La opinión pública es claramente contraria a que se siga produciendo electricidad mediante la fisión por los riegos que comporta- a pesar de los informes manipulados de la OMS del impacto sanitario de Chernóbil y Fukushima- y por su gestión centralizada, policial y autoritaria. Pero la paradoja es que las estructuras políticas de los Estados nucleares están corrompidas y son difíciles de derrumbar. Tal vez la creación de nuevos Estados, con Constituciones ecológicas basadas en una democracia participativa, puedan gestionar su política energética de forma más razonable y a favor de un modelo basado en las energías del sol. Los ecologistas españoles suelen reivindicar la fórmula de acudir a consultas populares como lo hacen Suiza y Suecia para cuestiones tan trascendentales como el modelo energético. Es lo que proponen también organizaciones ecologistas independentistas en Escocia y Cataluña, naciones donde se ha iniciado un proceso secesionista de base popular y democrática.

 

Las subvenciones a las energías fósiles a nivel mundial superan anualmente los 400.000 millones de euros mientras que las renovables sólo reciben 70.000 millones de euros. España es un país con fuerte radiación solar y sin embargo Alemania la supera en metros cuadrados de instalaciones solares térmicas en las viviendas. ¡En el 2010 las plantas eólicas y solares españolas redujeron la importación de combustibles fósiles en 45.000 millones de euros! El negocio energético español, de 120 a 130 mil millones de euros al año, empezaba a tambalearse. Y el Gobierno Rajoy sirvió en bandeja a las eléctricas un decreto que ha recortado las subvenciones a las energías del sol y creado fuertes impuestos para detener el autoconsumo. Miles de inversores han perdido sus ahorros y las energías eólica y solar han sufrido un grave retroceso. El gas natural ha sido el gran beneficiado. Tanto es así que la sobrecapacidad del sistema eléctrico y de gas natural permite el negocio de Endesa y Gas Natural-Fenosa en forma de inversiones y exportaciones de gas  sobrante a Japón , Corea del Sur y Argentina

 

El debate nuclear en España se halla aparcado debido a la falta de voluntad política del Gobierno Rajoy y a que lo enmascaran la gravedad de la situación económica y la corrupción política, problemas de gran impacto mediático a los que hay que añadir el alarmante paro, la pobreza energética que afecta a miles de famílias y el conflicto de la consulta sobre la independencia de Cataluña.

De no producirse un accidente grave en alguna de las centrales nucleares en funcionamiento – que nadie desea- habrá que esperar la evolución que tenga un modelo energético europeo unificado que opte por las renovables y el cierre progresivo de las nucleares (aunque el nombramiento de Miguel Arias Cañete, ex ministro de Agricultura del Gobierno Rajoy, como Comisario de Energía y Cambio Climático no augura nada bueno ya que parece estar dispuesto a defender la energía nuclear con la falsa excusa de frenar el cambio climático).

 

España que, prescindiendo de coyunturas políticas partidistas, podía haber liderado la revolución solar sigue siendo un feudo del “lobby” nuclear. Como hemos visto el dictador Franco lo dejó atado y bien atado. Pero los antinucleares no perdemos la esperanza y seguiremos nuestro pacífico combate en defensa de una Europa desnuclearizada

 

(1) Santiago Vilanova, “La bomba atómica de Franco. Los objetivos militares de la energía nuclear en España”, Llibres de l´Índex, Barcelona, 2011.

 

(2) “Espagne: Le gouvernement souhaiterait disposer de la bombe atomique”, “Le Monde”, 24-VIII-1979.

 

(3) El acuerdo entre la Empresa Nacional del Uranio (ENUSA) y Techsnabexport se gestó en 1974 entre el presidente de ENUSA, Juan Basabe, y el presidente de la multinacional soviética, Yeugeni Zahkov, siendo corroborado por el presidente de la Junta de Energía Nuclear española, el teniente general Jesús Olivares Baqué. El contrato sería ratificado en 1979 por el Gobierno de Adolfo Suárez y superaba los 400 millones de dólares. En él se acordó que por cada 450 toneladas de uranio natural que ENUSA enviara a la URSS la sociedad Techsnabexport devolvería al Gobierno español 75 toneladas de uranio enriquecido. El contrato se desveló gracias a un artículo del director del departamento de países occidentales del Ministerio de Comercio Exterior de la URSS, Vladimir Simakov, recogido por la delegación de la agencia Efe en Moscú durante el verano de 1977.

 

(4) “Yo tomé la decisión de la moratoria nuclear hace veintitantos años por dos razones: la seguridad y el agobio y sobre responsabilidad que suponía la imposibilidad de eliminar los residuos radiactivos. Pero esas circunstancias han cambiado gracias a la seguridad, con la mejora tecnológica de las instalaciones, y los avances sustanciales en la gestión de los residuos por lo que debemos replantearla”. (“El País”, 21-X-2006. Declaración del ex presidente Felipe González en la Asamblea General del Club de Madrid del 20 de octubre de 2006).

 

Santiago Vilanova

 

Periodista y escritor

Presidente de la asociación Una Sola Terra

Cofundador de Els Verds-Alternativa Verda de Catalunya

Único escritor europeo que ha escrito tres ensayos sobre los tres grandes accidentes de la industria electronuclear: “El síndrome de Harrisburg”, “Chernóbil: el fin del mito nuclear” y “Fukushima, el declive nuclear”

 

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Arrêtez Fessenheim !

  • C.S.F.R. (Comité pour la Sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin)
  • STOP FESSENHEIM
  • Alsace Nature
  • STOP TRANSPORTS – HALTE AU NUCLEAIRE
  • ALTER ALSACE ENERGIES

 

Communiqué de presse de vendredi 10 octobre 2014

 

Les deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim sont à nouveau arrêtés simultanément !

Ne les redémarrons plus !

 

Alors que depuis le 27 septembre le réacteur n°1 de la centrale nucléaire de Fessenheim est en arrêt prolongé pour rechargement de combustible, jeudi 2 octobre, le directeur de la centrale nucléaire annonçait en fin de CLIS un «arrêt programmé» très bref pour le week-end du réacteur n°2 pour une banale opération de maintenance suite à une « légère surconsommation d’eau ».  Un nouveau coup de « com » du directeur nous faisant croire à de la transparence, après avoir – lors de la CLIS du 2 octobre – débité de longues phrases «calculées et préparées» pour nous faire croire que lors de l’incident du 9 avril 2014 sur le réacteur n°1 il n’y avait eu aucune négligence humaine !

Comment une opération de remplissage d’un réservoir menée par l’équipe de conduite à un rythme bihebdomadaire peut se réaliser pendant 37 ans sans anomalie et que le 9 avril dernier, la même opération entraine une inondation interne et la nécessité d’arrêter en urgence le réacteur sans qu’il puisse y avoir une défaillance humaine ?

Toujours est-il que le très bref «arrêt programmé» sur le réacteur 2 se prolonge et qu’il n’est pas prévu un redémarrage avant le 15 octobre prochain …

Il est grand temps d’arrêter cet acharnement sur ces vieilles chaudières atomiques à bout de souffle et de plus en plus dangereuses.

De telles négligences successives dans la conduite de la centrale nous amènent à de grandes inquiétudes, car derrière tout cela « se cache le diable » qui se nourrit de l’erreur humaine, de la vétusté de l’installation et de l’enchaînement des événements non prévisibles.

Ces derniers incidents sur les très vieux réacteurs atomiques de Fessenheim, toujours sous perfusions techniques et financières, toujours inondables et vulnérables aux séismes puissants et rapprochés, rappellent, même aux incrédules et inconscients, que cette installation est toujours une source de dangers inacceptables pour tous les habitants de la région du Rhin supérieur.

Continuer à investir dans cette centrale, pour satisfaire l’orgueil et la « doctrine » de l’industrie nucléaire française et de quelques élus-marionnettes locaux, c’est jeter l’argent des Français par les fenêtres, qu’il serait bien plus judicieux d’investir dans la maîtrise de nos consommations et de l’efficacité énergétique.

En France, commencer par ne plus redémarrer les deux « très vieux » réacteurs de Fessenheim est la seule voie responsable à l’égard des générations futures.

 

Le CSFR, Stop Fessenheim, Stop Transports – Halte au Nucléaire, Alsace Nature et Alter Alsace Energies demandent que cet énième arrêt simultané des réacteurs soit enfin transformé en arrêt définitif.

 

 

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