Archives de Catégorie: Uncategorized

Pourquoi Fessenheim peut et doit être fermée maintenant

Source : http://www.sortirdunucleaire.org/Pourquoi-Fessenheim-peut-et-doit#top

Octobre 2016

 

  1. Une centrale à fermer d’urgence
  2. Pourquoi gaspiller des millions d’euros dans les travaux ?
  3. Sur le plan énergétique, la fermeture immédiate est possible
  4. Des alternatives existent pour la production d’énergie et la reconversion des travailleurs.
  5. Fermer maintenant Fessenheim pour ouvrir la voie à la sortie du nucléaire en France

 

Une centrale à fermer d’urgence

Située à 15 km de Mulhouse, 20 km de Freiburg im Breisgau (Allemagne) et 40 km de Bâle (Suisse), la centrale nucléaire de Fessenheim représente une menace pour toute une grande région européenne. En 2011, 167 communes alsaciennes, allemandes et suisses (dont 74 communes françaises, représentant un tiers de la population alsacienne) ont voté une motion pour son arrêt immédiat [1].

 

Les défauts de sûreté de Fessenheim, dénoncées depuis des années par les habitants de cette région transfrontalière, sont légion. Située en zone sismique, en contrebas du grand canal d’Alsace, la centrale est particulièrement vulnérable. Rien ne protège ses piscines de combustibles contre la chute d’un avion de ligne, alors même qu’un aéroport européen est situé à 30 km de là. Enfin, son radier – socle de béton sur lequel repose la centrale – est particulièrement mince : 1,5 m d’épaisseur, alors que celui des autres centrales françaises est deux fois plus épais. En cas d’accident, ce socle pourrait être percé par le cœur en fusion, qui contaminerait alors rapidement la nappe phréatique [2].

fessenheim2-71e10

À ces défauts s’ajoutent les risques liés au vieillissement de la doyenne des centrales françaises. De nombreux éléments (cuve, tuyauteries et câblages, mais aussi enceinte de béton…) deviennent plus fragiles, et une partie d’entre eux ne sont pas remplaçables. L’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire lui-même met en garde contre des risques de rupture des cuves passé 35 ans de fonctionnement. Or en 2016 la centrale aura alors atteint… 39 ans !

Toutefois, le facteur humain et le mode de gestion de la centrale s’avèrent plus préoccupants encore que les problèmes techniques. Le 5 septembre 2012, un incident a blessé deux travailleurs. Il ne s’agit « que » du 23ème épisode d’une série d’incidents survenus depuis mars dernier, apportant la preuve d’une sûreté dégradée et de criants problèmes de maintenance. Conséquence d’un arbitrage en faveur de l’économie au détriment de la sûreté, ou effet de la dégradation des conditions de travail des travailleurs chargés de la maintenance ? Dans tous les cas, inutile d’attendre qu’un problème grave s’ajoute à la liste des incidents.

 

Pourquoi gaspiller des millions dans les travaux ?

L’Autorité de Sûreté Nucléaire a prescrit en juin dernier des travaux pour l’amélioration de la sûreté de Fessenheim, d’un montant dont les estimations vont de 20 millions… à 200 millions d’euros. Elle a notamment déclaré que si les travaux n’étaient pas réalisés d’ici un an, la centrale devrait être fermée. Toutefois, la faisabilité dans le temps imparti de certaines opérations – dont l’épaississement du fameux radier – est très discutée. Dans tous les cas, ces travaux ne pourront pallier qu’à la marge les nombreux défauts de sûreté de Fessenheim.

Au-delà de la question de la faisabilité, pourquoi entreprendre des travaux aussi coûteux – qui nécessiteront d’ailleurs la mise à l’arrêt de la centrale pendant de longs mois – alors que la fermeture est prévue quatre ans après ? Un tel gaspillage laisse perplexe, et pourrait servir de prétexte à EDF pour justifier la poursuite du fonctionnement de Fessenheim au-delà de 2016, en cas de revirement politique. En effet, un arrêt de quelques mois n’empêcherait pas un redémarrage à la mi-2017. Le choix de 2016 indique donc que la fermeture de la centrale ne peut nullement être tenue pour acquise.

Dans tous les cas, il serait clairement plus économique, plus cohérent et plus sûr d’opter pour une fermeture immédiate.

 

Sur le plan énergétique, la fermeture immédiate est possible

En effet, Fessenheim pourrait être fermée dès aujourd’hui sans générer aucune pénurie d’électricité. Reliée à l’ensemble du réseau électrique français, l’Alsace n’est pas une île et ne souffrirait pas de blackout. La contribution de Fessenheim à la production nationale d’électricité n’a atteint que 1,3 % en 2011. Ses réacteurs étant fréquemment à l’arrêt, une fermeture définitive ne ferait guère de différence avec la situation actuelle.

Par ailleurs, depuis la fermeture en juin dernier de l’usine d’enrichissement d’uranium Eurodif (Drôme), qui consommait l’équivalent de la production de trois réacteurs nucléaires, cette quantité d’électricité arrive en surplus sur le réseau électrique. Un arrêt immédiat de Fessenheim constituerait donc une opération blanche… qui n’interdirait pas un plus grand volontarisme !

Rappelons en effet qu’au printemps 2011, l’Allemagne a fermé définitivement huit réacteurs nucléaires, ce qui ne l’a pas empêché de traverser l’hiver 2012 sans blackout, sans impact sur ses émissions de gaz à effet de serre, et en continuant à exporter de l’électricité [3] ! La France ferait bien de s’en inspirer.

fessenheim-3-f87bf

Des alternatives existent, pour la production d’énergie et la reconversion des travailleurs !

Plusieurs syndicats ont récemment lancé une vaste opération de communication pour critiquer la fermeture de la centrale. Les directeurs de toutes les centrales nucléaires de France ont également écrit une lettre très médiatisée aux salariés de Fessenheim pour s’inquiéter de leur sort. Réelle préoccupation… ou alibi ? Pour le syndicat Sud Énergie, cette compassion soudaine « a de quoi agacer alors que ces mêmes directeurs ont pendant des années toléré, voire encouragé les mesures drastiques visant à ne pas embaucher et, à réduire les coûts de maintenance de façon irresponsable » [4].

Rappelons que les 770 salariés d’EDF présents sur le site bénéficient d’une garantie d’emploi, et n’ont en principe pas de souci à se faire – à la différence des 7000 employés du secteur photovoltaïque qui ont perdu leur emploi dans l’indifférence générale en 2011, du fait du manque de soutien gouvernemental aux énergies renouvelables [5].

Quant aux nombreux prestataires qui travaillent sur le site (dont 600 à 1500 « travailleurs nomades » qui ne viennent que pour les maintenances), dans des conditions difficiles et dégradées qu’ils dénoncent régulièrement [6], ils seraient sûrement satisfaits de pouvoir se reconvertir dans des activités moins pénibles et moins dangereuses si une telle occasion leur était offerte.

En effet, la fermeture de la centrale pourrait donner une impulsion pour un développement accéléré d’activités reposant sur les alternatives énergétiques, bien plus créatrices d’emplois. Isolation des bâtiments, éco-construction, développement des énergies renouvelables… les pistes sont multiples, d’autant plus que l’Alsace bénéficie d’importants atouts, notamment grâce à une ressource en bois importante.

L’Alsace peut s’inspirer de son voisin allemand, pionnier des alternatives énergétiques : les énergies renouvelables y représentent déjà 380 000 emplois, répartis sur tout le territoire. Elle dispose même d’un exemple motivant tout près de Fessenheim. Dans la région toute proche de la Forêt Noire, une poignée de citoyens déterminés ont ainsi mis sur pied la coopérative EWS Schönau, qui distribue maintenant dans toute l’Allemagne du courant exclusivement produit par les énergies renouvelables [7].

 

Fermer maintenant Fessenheim pour ouvrir la voie à la sortie du nucléaire en France

Fermer Fessenheim immédiatement, c’est donc à la fois possible et urgent… mais aussi nécessaire pour enclencher un indispensable changement de politique énergétique dont nous sommes malheureusement loin de prendre le chemin ! Le double discours n’est plus possible : la France ne peut pas prétendre soutenir les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique tout en continuant à gaspiller des millions d’euros pour maintenir en fonctionnement un parc vieillissant et dangereux. Et comment François Hollande peut-il prétendre « réduire la part du nucléaire » en repoussant à la fin de son mandat la fermeture de la plus ancienne centrale – et en mettant en route le réacteur EPR de Flamanville ?

Par ailleurs, la médiatisation autour de Fessenheim ne doit pas faire oublier l’urgence de la fermeture des autres centrales, en commençant par les plus anciennes. Une vingtaine de réacteurs a déjà dépassé les trente ans, et pour ne citer qu’eux, Le Bugey et Tricastin sont à peine plus récents, et tout aussi dangereux. Mobilisons-nous donc de plus belle, pour obtenir une fermeture immédiate de Fessenheim qui ne reste pas un acte isolé, mais ouvre la voie à une sortie du nucléaire en France !

 

Notes :

  1. http://stopfessen.celeonet.fr/content/view/218/31/
2. Pour plus d’informations sur les risques liés à la centrale, lire ci-dessous le journal « Dernières Nouvelles de Fessenheim »
3. http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/20120320trib000689374/l-allemagne-sort-du-nucleaire-sans-polluer-davantage.html
4. Fermeture annoncée de la centrale de Fessenheim : Communiqué SUD Energie du 24 septembre 2012
5. http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/20120119trib000679149/la-filiere-photovoltaique-francaise-a-supprime-7.000-emplois-en-2011.html
6. Voir le site http://www.ma-zone-controlee.com/ , qui compile des témoignages de sous-traitants du nucléaire.
7. http://www.ews-schoenau.de/

 

Poster un commentaire

Classé dans Actions et Politiques, Catastrophes, en français, Uncategorized

En Europe occidentale, l’accident nucléaire approche

La sécurité des centrales nucléaires ne peut plus être garantie.

Beaucoup de centrales sont vieillissantes et comportent des défauts.

En graves difficultés financières, AREVA et EDF sont contraintes de faire des économies.

On vient de découvrir des malfaçons sur de nombreuses composantes essentielles des centrales en activité en France et à l’étranger.

 

Un prochain accident est probable. On s’y prépare.

 

Faute de moyens pour entreprendre les travaux nécessaires, on s’est résigné à tolérer les risques.

 

Faute de moyens pour faire face au risque majeur, les évacuations sont considérées comme impossibles.

 

On compte désormais sur l’auto-évacuation : ainsi chacun prendra en charge sa sécurité.

 

L’Etat qui a imposé le nucléaire, rejettera sa responsabilité sur le peuple.

 

            Bureau de l’APAG2

2 juin 2016

 

images

 

Communiqué de l’Association pour l’Appel de Genève II (APAG2)

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

Falsifications : l’Observatoire du nucléaire attaque Areva en justice (*)

Communiqué de l’Observatoire du nucléaire du 4 mai 2016

http://www.observatoire-du-nucleaire.org

 

– Une plainte va être déposée au TGI (**) de Chalon-sur-Saône pour faux, usage de faux et mise en danger de la vie d’autrui

 

– L’enquête devra aussi rechercher les possibles complicités chez les clients d’Areva, en particulier chez EDF, ainsi qu’à l’Autorité de sûreté nucléaire

 

– Les installations nucléaires concernées doivent être immédiatement stoppées

 

A la suite des lourdes erreurs industrielles qui ont amené Areva à fournir à EDF et CGNPC (Chine), pour leurs réacteurs EPR respectifs, des cuves comportant d’importantes zones de faiblesse, un audit des activités de l’usine Creusot Forge d’Areva a révélé « des irrégularités dans le contrôle de fabrication d’environ 400 pièces produites depuis 1965, dont une cinquantaine seraient en service sur le parc électronucléaire français ».

 

Il s’agit là d’une affaire d’une gravité extrême qui a amené l’Observatoire du nucléaire à demander à son avocat, Me Emmanuel Riglaire, de déposer immédiatement au Tribunal de Grande Instance de Chalon-sur-Saône une plainte pour faux, usage de faux et mise en danger de la vie d’autrui.

 

Ce dernier délit est très probablement constitué puisque l’on retrouve aisément les quatre conditions requises :

 

– existence d’une obligation particulière de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement ;

– violation manifestement délibérée de cette obligation ;

– exposition directe d’autrui ;

– existence pour autrui d’un risque immédiat de mort ou de blessures de nature à entraîner une mutilation ou une infirmité permanente.

 

En effet, contrairement aux cuves des réacteurs EPR qui ne sont pas en service, il apparaît que des dizaines de pièces comportant des malfaçons sont actuellement en service dans le parc nucléaire français mais aussi à l’étranger, faisant très probablement courir un « risque immédiat ». Il apparaît d’ailleurs indispensable de stopper immédiatement les installations nucléaires concernées.

 

Outre la gravité des fautes ainsi mises au jour, cette affaire achève de démontrer que la supposée « expertise française » dans le domaine nucléaire n’est qu’un mythe entretenu par les dirigeants industriels et politiques ainsi que par certains médias.

 

En réalité, de Superphénix à l’EPR, d’ITER (échec avéré dans la fusion nucléaire) à Cigéo (projet insensé d’enfouissement des déchets radioactifs), de la faillite avérée d’Areva à celle imminente d’EDF, l’industrie nucléaire française n’a perduré depuis 40 ans que par un soutien aveugle des gouvernements successifs.

 

De même, cette affaire confirme que la prétendue « exemplaire » Autorité de sûreté nucléaire est au mieux menée en bateau par les industriels, au pire complice : l’enquête, que la justice française doit immédiatement organiser, devra déterminer si des complicités, par exemple chez EDF et l’ASN, ont aidé Areva à écouler ses pièces défaillantes pendant des décennies jusqu’à l’affaire des cuves des EPR.

 

 

 

(*) Pour mémoire, en 2015, l’Observatoire du nucléaire a déjà remporté une bataille judiciaire contre Areva :

http://www.observatoire-du-nucleaire.org/IMG/jpg/so-sl-bat-areva-appel-2.jpg

(**) Tribunal de grande instance. (Note d’APAG2)

 

 

Poster un commentaire

Classé dans Catastrophes, en français, Uncategorized

Retour sur Tchernobyl

Pour nos lecteurs désireux d’approfondir cet accident, survenu voici déjà trente ans, et ses conséquences durables, signalons l’excellent livre de Marc Molitor, Tchernobyl, Déni passé, Menace future ?, Editions Racine, Bruxelles, 2011, 275 pages.

 

Ce livre est téléchargeable gratuitement sur le site de l’association Accueil – Santé – Enfants de Tchernobyl (ASET)

www.aset.be/tchernobyl-deni-passe-menace-future

 

IR

Poster un commentaire

Classé dans Catastrophes, en français, Uncategorized

Des leçons ont été tirées de la catastrophe de Tchernobyl, mais ce n’est pas au bénéfice des populations

 
Source :

Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD)

21 avril 2016

 

Les autorités internationales, européennes et nationales ont mis en place

un cadre juridique destiné à gérer à moindre coût les catastrophes nucléaires.

Après un accident nucléaire, la protection des populations devrait être au cœur des décisions mais les coûts d’une catastrophe sont tels qu’ils ont conduit les États mettre en place une gestion « optimisée » qui fait supporter aux victimes de la pollution la plus grande part des dommages économiques et sanitaires.

 

Les concepts que le lobby nucléaire français[1] a testé et mis au point au Bélarus ont été intégrés aux recommandations de la Commission Internationale de Protection Radiologique (CIPR). Ils  sont désormais mis en œuvre dans les territoires contaminés par les rejets de la centrale de Fukushima-Daiichi. Le « développement durable en zone contaminée » se substitue à l’obligation de relogement dans des zones exemptes de risque radiologique : il faut apprendre aux habitants des zones affectées à vivre avec la radioactivité, les équiper de radiamètres et de dosimètres afin qu’ils limitent au mieux leur niveau d’exposition, qu’ils contrôlent le niveau de contamination de leur alimentation. Les victimes doivent être résilientes et autonomes. Elles deviennent responsables de leur protection contre les risques d’irradiation et de contamination (et potentiellement coupables si au final elles tombent malades). Les photographies d’écolières, avec leur dosimètre en guise de pendentif, illustrent parfaitement combien est devenu banal, normal, une réalité qui devrait susciter l’horreur et la révolte.

 

 

Les politiques de relogement à grande échelle sont trop onéreuses, d’autant plus onéreuses que le principe pollueur-payeur ne s’applique pas à l’industrie nucléaire. Les catastrophes n’ont pas provoqué de remise en question du régime dérogatoire de la responsabilité civile du nucléaire. Si le protocole d’amendement de la convention de Paris voté en 2004 aboutit, le montant disponible pour l’indemnisation des dommages corporels et matériels atteindra 1,5 milliard d’euros, une somme totalement dérisoire en regard du coût réel d’un accident majeur que les services officiels eux-mêmes chiffrent désormais à des centaines de milliards d’euros, voire à plusieurs milliers de milliards d’€.

Dès l’origine, l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) a pris le contrôle des recherches sur les conséquences sanitaires de Tchernobyl et sa stratégie du doute a réussi à neutraliser les résultats les plus dérangeants. Malgré cela, l’évolution des connaissances scientifiques aurait dû conduire à tenir compte des effets spécifiques des faibles doses de rayonnements et à renforcer les normes de radioprotection. Au lieu de quoi :

1/ les effets génétiques ont été arbitrairement limités à leur impact sur les 2 premières générations, une décision scandaleuse et incompréhensible à la lumière des travaux sur l’instabilité génomique ;

2/ le coefficient qui divise artificiellement par 2 les effets cancérigènes n’a pas été supprimé en dépit des résultats de plusieurs études épidémiologiques de référence, en particulier sur les travailleurs ;

3/ les pathologies non cancéreuses n’ont toujours pas été pris en compte, pas même les effets cardiaques, alors que tous les systèmes physiologiques sont impactés et notamment le système immunitaire ;

4/ le principe de précaution n’est pas appliqué alors que de nombreux travaux questionnent les fondements mêmesdu système de radioprotection (effet de proximité par exemple) ;

5/ l’accident de Fukushima a relancé les discours les plus mensongers sur l’existence d’un seuil (autour de 100 mSv) en dessous duquel les doses seraient sans effet sanitaire, sur la prétendue innocuité de la radioactivité naturelle ou des examens médicaux … comme si les effets du radon n’étaient abondamment documentés, comme si aucune publication n’avait mis en évidence les risques associés aux scanners !

Dans un tel contexte, les dispositions règlementaires relatives à la gestion des phases accidentelle et post-accidentelle sont particulièrement laxistes. Pour faciliter la réinstallation, ou le maintien, des populations dans les zones contaminées, le seuil de référence applicable aux situations de contamination post-accidentelle est désormais fixé à 20 mSv/an. Il s’agit d’une valeur excessivement élevée : 20 fois la limite de 1 mSv/an qui définit le niveau de risque maximum acceptable hors situation accidentelle ! De plus, il s’agit bien d’une « référence » et non pas d’une « limite » qui serait beaucoup plus contraignante : la référence de dose peut être dépassée par une partie des personnes exposées. La « normalisation » se fera progressivement : la seule obligation est que le pourcentage des personnes exposées à plus de 20 mSv/an diminue progressivement. Aucune contrainte de temps n’est fixée ! Et cette valeur ne concerne pas la phase d’urgence au cours de laquelle les références de dose applicables sont encore plus élevées.

Les nouvelles recommandations de la CIPR sont désormais inscrites dans le droit européen : les prescriptions de ladirective Euratom 2013-59[2] doivent être transposées dans le droit national des États membres d’ici février 2018. De plus, le 15 janvier dernier a été publié le règlement Euratom n°2016-52 qui fixe les niveaux de contamination autorisés dans les aliments en cas d’accident. Il reprend sans les modifier les limites établies en 1987-1990 alors qu’entre-temps le risque cancérigène radio-induit a été multiplié par 10 et qu’il est désormais établi que le rapport d’expertise qui a servi de caution scientifique est truffé d’erreurs, de lacunes et d’incohérences ! Les limites applicables àl’iode 131 sont révoltantes, en particulier quand on songe à l’épidémie de cancers de la thyroïde qui a frappé les personnes (en particulier les enfants) exposées aux retombées de Tchernobyl. Concernant la distribution d’iode stable, destiné à saturer la thyroïde et à limiter son irradiation, la référence de dose est de 50 mSv/an alors que le bureau européen de l’OMS préconise depuis 1999 un seuil d’action de 10 mSv/an pour les enfants, les femmes enceintes et les mères qui allaitent.

Les nouvelles doctrines et limites se sont mises en place dans l’indifférence quasi-générale. Compte-tenu de la répartition et de l’âge du parc électronucléaire mondial, la probabilité que le prochain accident nucléaire majeur affecte directement l’Europe est assez élevée. Tout est prêt pour qu’il soit géré au mieux des intérêts de l’industrie nucléaire.

Créée au lendemain de l’accident de Tchernobyl, la CRIIRAD a mis au cœur de son action le combat pour l’information et la protection des populations. Elle appelle les citoyens, en France et en Europe, à s’intéresser d’urgence aux questions qui déterminent directement la protection de leur santé et l’avenir de leurs enfants. Faute de mobilisation, le prix à payer sera colossal.

La protection sanitaire des populations et des travailleurs doit être placée au centre des discussions et des décisions. Ceci concerne en tout premier lieu les risques d’accident mais également l’impact du fonctionnement normal des installations nucléaires. À titre d’exemple, la multiplication des chantiers de démantèlement des installations nucléaires produits des quantités grandissantes de déchets radioactifs dits valorisables (métaux et gravats notamment). Avec la bénédiction de la Commission européenne et de l’AIEA, plusieurs États européens pratiquent d’ores et déjà le recyclage à grande échelle de ces matériaux contaminés. En France, le pas n’est pas franchi mais les pressions sur l’Autorité de Sûreté Nucléaire se font de plus en plus fortes. Et avec le marché commun, ce qui a été recyclé en Allemagne ou en Suède est peut-être déjà présent, à notre insu, dans les objets de notre environnement quotidien.

 

 

L’équipe de la CRIIRAD

 

 

[1] Notamment le CEPN, Centre d’étude sur l’Évaluation de la Protection dans le domaine Nucléaire, une « association » qui regroupe EDF, AREVA, le CEA et l’IRSN. Son directeur est désormais vice-président de la CIPR.

[2] Directive 2013/59/Euratom du Conseil du 5 décembre 2013 fixant les normes de base relatives à la protection sanitaire contre les dangers résultant de l’exposition aux rayonnements ionisan

Poster un commentaire

Classé dans Catastrophes, en français, Uncategorized

Tchernobyl. Nos enfants ont été irradiés ! Les preuves (*)

Source : Soir Mag Belgique

13 avril 2016

Exclusif

par

Benoît Franchimont

et Pauline Verhelst

 

Voici la preuve de la contamination de nos enfants

 

Une étude de l’UCL démontre que le taux de cancer de la thyroïde a augmenté significativement chez les jeunes Belges.

 

A quelques jours du 30ème anniversaire de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl (le 26 avril 1986), la publication des recherches de six médecins de l’hôpital universitaire de Mont-Godinne (UCL) va faire du bruit. Ces recherchent montrent, sur un échantillon large que le nombre de cancers papillières de la thyroïde (une forme de cancer qui peut être induite par les radiations) a augmenté significativement chez les enfants belges qui avaient moins de 15 ans en avril 1986.

 

LES JEUNES PLUS TOUCHÉS

Depuis 25 ans, le professeur Luc Michel, spécialiste des glandes endocrines à l’UCL, aujourd’hui à l’éméritat, est persuadé que la catastrophe de Tchernobyl a affecté la santé de nos enfants. En 2001 déjà, il présentait des chiffres alarmants, faisant état, parmi les patients de l’hôpital de Mont-Godinne (entre Dinant et Namur), d’un nombre inhabituel de cas de cancers de cancers de la thyroïde chez les enfants nés peu avant la catastrophe nucléaire.

Aujourd’hui, l’étude va plus loin. Et confirme encore davantage ce que le médecin craignait. Les recherches ont été menées conjointement par six médecins de services de chirurgie, endocrinologie et pathologie de l’hôpital universitaire, le professeur Luc Michel et ses collègues Julian Donelder, Alain Rosière, Caroline Fervaille, Julien Lemaire et Claude Bertrand. Elle est publiée dant le journal officiel de la Société royale belge de chirurgie, « Acta Chirurgica Belgica« . L’étude porte cette fois sur trois décennies d’expérience de cette équipe chirurgicale qui traite notamment les cancers de la thyroïde.

Résultat? Entre avril 1986 et avril 2015, 2349 patients nés avant avril 1986 ont été opérés à Mont-Godinne pour des lésions de la thyroïde. Les médecins ont examiné et comparé deux groupes distincts. Parmi les 2349 patients, 2164 avaient plus de 15 ans en 1986 (groupe A) et 185 moins de 15 ans (groupe B). Dans le groupe A, celui des patients les plus âgés donc, 175 ont développé un cancer papillaire de la thyroïde, soit 8,1°/oo. Dans le groupe B, les moins de 15 ans, cette proportion est plus que doublée: elle monte à 19,5 °/oo, soit 36 sur 185 patients ayant développé ce cancer.

 

LE TAUX DE CANCER NE DIMINUE PAS

Dans le détail, ces médecins de l’UCL constatent aussi que le taux de cancer de la thyroïde augmente au fil du temps dans les deux groupes d’âge différents, mais bien plus parmi les patients les plus jeunes. La différence entre les groupes A et B persiste tout au long de trois périodes étudiées (de 1986 à 1999, de 2000 à 2010 et de 2011 à 2015). Entre les périodes 1986-1999 et 2000-2010, on constate une diminution de l’écart du taux de cancer, mais la différence augmente à nouveau fortement entre 2011 et 2015.

« Nous ne nous attendions pas à une telle différence. De nouvelles techniques de diagnostic plus précises ont été introduites depuis 2011. Nous pensions que plus le temps passerait, plus le taux de cancer diminuerait chez les plus jeunes puisque ces techniques bénéficieraient aux deux groupes de patients. Ce n’est pas le cas. Le temps de latence peut donc être très long pour le cancer de la thyroïde induit par les radiations« , analyse le Pr Michel, que nous avons interrogé sur ces résultats interpellants.

 

DES BÉBÉS ATTEINTS

Les 36 patients du groupe B qui ont présenté un cancer avaient 12 ans d’âge moyen au moment de Tchernobyl. Leur âge moyen lors de l’intervention chirurgicale était de 33 ans. « Dramatiquement, nous avons rencontrés aussi six cas de bébés contaminés in utero, au stade foetal. Dans deux cas, il y a eu cancer de la thyroïde chez l’enfant. L’iode radioactif passe à travers le placenta ou via le lait maternel« , ajoute de Pr Michel. Pour nos médecins, cette longue étude démontre que l’exposition aux radiations du fameux nuage de Tchernobyl a été bien plus importante dans nos régions que ce que les autorités ont bien voulu reconnaître jusqu’ici.

Leurs recherches prouvent que, depuis 30 ans, le taux de cancer de la thyroïde chez les enfants belges qui avaient moins de 15 ans lors de l’accident nucléaire reste plus élevé que dans le reste de la population. « Je dirais plus précisément que c’est un problème à ne pas ignorer, et encore moins à nier, dans l’ensemble de la population européenne. En Belgique, j’aimerais obtenir les résultats d’études similaires sur tout le pays. Mais elles n’existent pas. Et le Registre du cancer, créé en 2008, ne donne aucune information pertinente sur le sujet« , déplore le professeur Michel.

« Il en est de même d’un récent rapport du KCE (Centre fédéral d’expertise des soins de santé, ndlr) sur tous les types de cancer de la thyroïde, qui n’aborde pas cette question spécifique. C’est étonnant. Pour moi, la date de naissance d’un patient présentant un problème thyroïdien est devenue la première information à considérer. »

 

« ON A RENTRÉ LES VACHES, PAS LES ENFANTS »

Depuis 1990, on sait avec précision que le nuage radioactif parti de Tchernobyl est passé au-dessus de la Belgique les 1er, 2 et 3 mai 1986. Et que les retombées radioactives ont été décelées sur tout le territoire, en dose plus ou moins élevée en province de Luxembourg et dans l’est de la province de Namur. Mais en 1986, aucune mesure n’a été prise, à part pour le bétail… Il aurait suffi, rappelle le Pr Michel, de confiner les enfants, plus sensibles à l’exposition, quelques jours à l’intérieur, et de leur distribuer, comme en Pologne, des comprimés d’iode. Mais rien n’a été fait. « En Belgique, on a fait rentrer les vaches, mais pas les enfants« .

« Des instructions simples et précises pour les inspections médicales scolaires seraient également fort utiles« , répète Luc Michel. Et il ajoute: « Ce n’est que depuis peu que les périmètres d’évacuation et de distribution de comprimés d’iode autour de nos centrales nucléaires ont été revus rationnellement en cas d’accident de type Fukushima. Mais mieux vaut tard que jamais. »

(*) Le titre journalistique de l’article parle d’irradiation, mais le contenu de l’article décrit une contamination radioactive, ce qui n’est pas pareil. (IR)

2 Commentaires

Classé dans Catastrophes, en français, Uncategorized

L’éloquence d’une anagramme

L’éloquence d’une anagrammeCancer & Ruine.jpeg

1 commentaire

Classé dans Uncategorized

Genève veut forcer Paris à débrancher

par Christine Wuillemin
La Liberté/ Le Courrier
Mardi 8 mars 2016
LI-08-03-FJ-03

 

Poster un commentaire

Classé dans Actions et Politiques, Actualité, en français, Suisse, Uncategorized

 

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized

L’implosion du programme EPR illustre l’impasse de la France nucléaire

Source : Observatoire du nucléaire

http://www.observatoire-du-nucleaire.org

Communiqué du lundi 7 mars 2016

 

Qui aura le courage d’annoncer la fin du programme EPR… et la faillite de l’option nucléaire française ?

 

L’option nucléaire imposée dans les années 70/80 a engagé la France dans une impasse

 

En démissionnant de son poste du fait de son désaccord avec le projet de construction de réacteurs EPR en Grande-Bretagne, le Directeur financier d’EDF a mis en lumière devant le grand public une situation que nous dénonçons de longue date : ce n’est pas seulement le programme EPR mais l’option nucléaire dans son ensemble, imposée depuis 50 ans, qui a mis la France dans une situation inextricable.

 

Après avoir encensé aveuglément Areva et Madame Lauvergeon, les « élites » de l’industrie, de la politique et des médias (éditocratie) ont célébré depuis plusieurs années le projet d’EDF de construire des réacteurs EPR en Grande-Bretagne, présenté comme « un immense succès de la filière nucléaire française« . Pourtant, dès 2012, l’Observatoire du nucléaire affirmait que ce projet n’avait en réalité aucune chance d’aboutir (*).

 

Il est avéré que le programme EPR dans son ensemble, et pas seulement en Grande-Bretagne, est un échec total. L’abandon du projet de construction de 4 EPR en Inde n’a pas été annoncé publiquement mais est consommé.

 

Par ailleurs, il est de plus en plus probable que les quatre chantiers en cours n’aboutissent pas : les deux EPR chinois et celui de Flamanville (Manche), qui connaissent de grave retards, sont définitivement plombés par le fait qu’Areva a raté la fabrication des cuves.

 

Quant à l’EPR finlandais, sa cuve est correcte car usinée par le japonais Mitsubishi et non par Areva (!), mais les errements insensés de ce chantier (qui devait être fini en 2009 !), et la baisse importante de la consommation d’électricité, font que les Finlandais ne sont plus intéressés par la mise en service de ce dinosaure et préfèrent se faire rembourser en attaquant Areva en justice internationale.

 

Après la faillite d’Areva, c’est EDF qui est au bord du gouffre, sabordée par son parc nucléaire. Ce dernier est bien heureusement impossible à renouveler : incapable de construire UN réacteur, EDF ne peut évidemment pas en construire 25 ou 30, sans parler du coût incommensurable d’une telle aventure.

 

Par ailleurs, EDF n’a même plus les moyens de financer le rafistolage des réacteurs actuels : le programme pompeusement dit « grand carénage », annoncé au départ à un coût de 55 milliards, est désormais évalué à 100 milliards et assurément à bien plus (comme toujours dans le nucléaire).

 

Il est donc probable que EDF va concentrer ses dernières ressources sur quelques centrales et, dans les 10/15 ans qui viennent, fermer les réacteurs nucléaires par dizaines. Comme aucune alternative n’a été prévue, la France va se retrouver dans une impasse et sera obligée de lancer en catastrophe des programmes de réduction de la consommation (ce qui sera une bonne chose) et d’importer massivement de l’électricité de chez nos voisins… à supposer qu’ils aient des surplus à vendre (au prix fort) aux moments de forte consommation.

 

Bien entendu, les centaines de milliards d’euros nécessaires pour démanteler les réacteurs nucléaires et s’occuper des déchets radioactifs vont manquer à l’appel et ces graves problèmes seront légués à nos enfants.

 

Présentée pendant des décennies comme un « prodigieux exploit industriel », la construction en quelques années de 58 réacteurs nucléaires revenait en réalité à programmer pour 30 à 40 ans plus tard, c’est-à-dire à partir de maintenant, une situation catastrophique et inextricable sur le plan économique, en espérant qu’elle ne se double pas d’un Fukushima français, de plus en plus probable avec le vieillissement des réacteurs.

 

La faillite de l’option nucléaire est désormais avérée et incontestable, le seul problème est de trouver enfin un « responsable » assez courageux pour l’avouer publiquement. Ce ne sera probablement pas le PDG d’EDF, Jean-bernard Lévy, ni les ministres Royal (Environnement) et Macron (Économie), pas plus que MM Valls et Hollande.

 

Peut-être faut-il demander à MM Giscard d’Estaing et Boiteux (**), respectivement Président de la République et PDG d’EDF lors du lancement du parc nucléaire français, de se charger de ce terrible mais nécessaire aveu ?

 

 

(*) http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article219

(**) Déjà poursuivi par l’Observatoire du nucléaire pour des rejets délibérés de plutonium dans la Loire

Poster un commentaire

Classé dans Uncategorized