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Lettre ouverte de neuf Prix Nobel de la paix

Traduction par Xavier Rabilloud et Laurienne Mazure

Réseau Sortir du Nucléaire

Préférez les énergies renouvelables à l’énergie nucléaire

En ce 25e anniversaire de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en Ukraine – et plus de deux mois après les gigantesques tremblements de terre et raz-de-marée qui ont dévasté le Japon – nous, soussignés et lauréats du Prix Nobel de la Paix, vous demandons d’investir dans un futur plus sûr et plus pacifique en vous engageant pour favoriser les sources d’énergie renouvelable. Il est temps de reconnaître que le nucléaire n’est pas une source d’énergie propre, ni sûre, ni économiquement abordable.

Nous sommes extrêmement inquiets de voir que la vie des Japonais est menacée par la radioactivité dispersée dans l’air, l’eau et la nourriture suite à la panne qui a eu lieu à la centrale nucléaire de Fukushima. Nous sommes fermement convaincus que si le monde cesse d’utiliser l’énergie nucléaire, les générations futures des peuples du monde entier – et en particulier les Japonais qui ont déjà trop souffert – connaîtront une vie plus pacifique et plus sûre.

«Vingt-cinq ans après Tchernobyl, il y a des gens qui affirment que les choses s’améliorent. Je ne suis pas d’accord», c’est ce que dit Mykola Isaiev, qui fut l’un des liquidateurs de Tchernobyl (les personnes qui contribuèrent à nettoyer le site). «Nos enfants sont malades parce qu’ils ont mangé des aliments contaminés et notre économie est anéantie.» Isaiev ajoute qu’il peut se mettre à la place des liquidateurs qui travaillent actuellement au Japon. Comme lui, ils ne mettaient probablement pas beaucoup en question la sûreté nucléaire.

Entendez ce que déclare un commerçant de Kesennuma, l’une des villes de la côte Nord-Est ayant subi de plein fouet le tsunami: «Ces radiations sont quelque chose d’absolument effrayant. C’est bien pire qu’un tsunami. Un tsunami, ça se voit. Mais ça, on ne peut pas le voir.»

La triste réalité, c’est que la crise radiologique qui frappe actuellement le Japon peut se produire à nouveau dans d’autres pays, comme elle s’est déjà produite à Tchernobyl en Ukraine à l’époque soviétique (en 1986), à Three Mile Island aux Etats-Unis (en 1979) ainsi qu’à Windscale/Sellafield au Royaume-Uni (en 1957). Les accidents nucléaires peuvent être engendrés – et le sont effectivement – par des catastrophes naturelles – comme un tremblement de terre ou un raz-de-marée – ainsi que par des erreurs et négligences humaines. Dans le monde entier, les gens craignent aussi l’éventualité d’attentats terroristes dirigés contre des centrales nucléaires.

Mais la radioactivité ne doit pas seulement nous inquiéter en cas d’accident nucléaire. Chaque étape de la chaîne du combustible nucléaire relâche de la radioactivité, à commencer par l’extraction de l’uranium; ensuite, cela continue durant des générations car les déchets nucléaires contiennent du plutonium qui restera toxique pendant des milliers d’années. Malgré des années de recherche, les pays ayant un programme nucléaire, à l’instar des Etats-Unis, ont échoué à relever le défi que constitue la recherche d’un stockage sûr et sécurisé du combustible nucléaire «usagé». En attendant, des déchets nucléaires supplémentaires sont produits chaque jour.

Les partisans de l’énergie nucléaire doivent affronter le fait que les programmes nucléaires civils fournissent les matières nécessaires à la fabrication d’armes nucléaires. C’est bien là la préoccupation sous-jacente face au programme nucléaire iranien. Tandis que, pour continuer dans la voie de l’énergie atomique, l’industrie nucléaire préfère ignorer cette énorme menace, celle-ci ne disparaît pas du simple fait qu’on la minimise ou qu’on l’ignore.

Nous devons également nous confronter à la dure réalité économique de l’énergie nucléaire. Dans une économie de libre marché, le nucléaire ne rivalise pas avec les autres sources d’énergie, tout simplement parce qu’il n’en a pas la capacité. L’énergie nucléaire est un choix énergétique au coût exorbitant, qui est en général payé par les contribuables. L’industrie nucléaire a reçu des subventions considérables – l’argent des contribuables, donc – de la part des gouvernements, qui ont apporté leur garantie pour le financement de la construction des centrales, pour limiter la responsabilité des opérateurs en cas d’accident et assumer les coûts sanitaires et de dépollution. Il ne tient qu’à nous d’utiliser cet argent public d’une manière plus responsable en l’investissant dans les nouvelles sources d’énergie.

Il y a actuellement plus de 400 réacteurs nucléaires à travers le monde – dont un grand nombre se trouve sur des sites à haut risque de catastrophes naturelles ou de bouleversements politiques. Ces centrales fournissent moins de 7% de la consommation mondiale d’énergie. En tant que dirigeants du monde, vous pouvez travailler ensemble afin de remplacer cette petite quantité d’énergie d’origine nucléaire par d’autres sources d’énergie facilement disponibles, très sûres et économiquement abordables, pour nous engager vers un avenir sans carbone ni nucléaire.

Il nous est impossible d’empêcher de se produire les catastrophes naturelles comme celle qui vient d’avoir lieu au Japon, mais ensemble nous pouvons faire de meilleurs choix quant à nos sources d’énergie.

Nous sommes en mesure d’abandonner les combustibles fossiles ainsi que l’énergie nucléaire et d’investir dans une révolution des énergies propres. Ce changement est déjà en marche. Ces cinq dernières années, à l’échelle mondiale, l’éolien et le solaire ont produit plus d’énergie que les centrales nucléaires. Les revenus mondiaux provenant du solaire, de l’éolien et des autres sources d’énergie renouvelable ont bondi de 35% en 2010. Investir dans ces énergies renouvelables sera également créateur d’emplois.

Les sources d’énergie renouvelable sont l’une des clés majeures pour un avenir pacifique. C’est pourquoi on trouve tant de gens à travers le monde – et spécialement les jeunes – qui s’engagent déjà de leur propre initiative dans cette transition, sans attendre que les gouvernements agissent en ce sens.

En s’engageant pour un avenir sans nucléaire et faiblement émetteur de carbone, les Etats pourront s’associer et renforcer le mouvement mondial, grandissant et de plus en plus influent, de citoyens qui rejettent la prolifération nucléaire et soutiennent les énergies renouvelables. Nous vous demandons de vous joindre à eux pour transmettre un héritage fort qui assurera la vie et la protection non seulement des générations futures mais aussi de notre planète elle-même.

Betty Williams, Irlande (Prix Nobel 1976); Mairead Maguire, Irlande (Prix Nobel 1976); Rigoberta Menchu Tum, Guatemala (Prix Nobel 1992); Jody Williams, Etats-Unis (Prix Nobel 1997); Shirin Ebadi, Iran (Prix Nobel 2003); Wangari Maathai, Kenya (Prix Nobel 2004); Archevêque Desmond Tutu, Afrique du Sud (Prix Nobel 1984); Adolfo Perez Esquivel, Argentine (Prix Nobel 1980); Président Jose Ramos Horta, Timor oriental (Prix Nobel 1996).

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Un îlot de vérité dans l’océan nucléocratique français LA CRIIRAD

La naissance de cette vaillante institution a été provoquée par le Service Central de Protection contre les Rayonnements Ionisants (SCPRI) peu après l’explosion d’un réacteur à Tchernobyl, le 26 avril 1986. Alors qu’à l’unisson, les médias assuraient que le territoire français avait été totalement épargné par les retombées radioactives et recommandaient à la population de ne rien changer à ses habitudes alimentaires, ceux des pays riverains se montraient beaucoup plus prudents. Etonnés par ce décalage, un groupe d’Ardèchois et de Drômois firent analyser des prélèvements (eau, lait, salades, etc.) au laboratoire de l’Institut de physique nucléaire de Lyon. Le résultat révélait que la France était contaminée à des niveaux qui imposaient des mesures de protection adaptées. Ce que les médias s’empressèrent de diffuser largement.

Le 10 mai 1986, le Prof. PELLERIN, fondateur et directeur du SCPRI et du Centre international de référence pour la radioactivité de l’OMS, reconnaissait sur TF1 que la contamination de l’air se trouvait multipliée par 100, voire 400 par endroits. Ce qui était encore bien inférieur à la réalité – d’un facteur 100 à 1000 – et que les services officiels finirent par admettre, mais 20 ans plus tard !

Le 22 mai 1986, la Commission de Recherche et d’Information Indépendante sur la Radioactivité tenait sa première assemblée générale réunissant plus de 400 personnes d’horizons professionnels très divers, mais unies par la même révolte et le même projet.

La CRIIRAD sera une association à but non lucratif. Installée à Valence (F) et présidée de 1986 à 1997 par Michèle RIVASI (actuellement députée européenne) puis par Roland DESBORDES, professeur de physique, qui préside en outre le conseil d’administration de 13 membres, l’association emploie aujourd’hui 13 salariés et compte quelque 6’500 adhérents. Totalement indépendante de l’Etat, des exploitants du nucléaire et du monde politique, elle mène ses propres investigations et ses actions d’intérêts général en matière d’information, de radioprotection et de préservation de l’environnement.

La CRIIRAD est un laboratoire agréé par le ministère de la Santé et spécialisé dans les analyses de radioactivité.

Depuis sa création, il a effectué plus de 30 000 analyses et des centaines d’études radioécologiques et de contre-expertises pour des particuliers, associations, industriels et tribunaux. Ce laboratoire dispose de tous les agréments exigés pour ses interventions en France comme à l’international : Europe (Belgique, Bulgarie, Ecosse, Espagne, Finlande, Italie, Lituanie, Pays-Bas), Outre-mer (Polynésie française), Ex-URSS (Biélorussie, Ukraine, Russie), Afrique (Algérie, Gabon, Malawi, Mali, Namibie, Niger), Asie (Japon), Amérique (USA, Brésil). La responsabilité du laboratoire de la CRIIRAD est assumée depuis sa création par Bruno CHAREYRON, ingénieur en physique nucléaire.

La triple mission de la CRIIRAD : Contrôler – Informer – Protéger. Avec son matériel performant sur le terrain comme au laboratoire, la CRIIRAD peut détecter les contaminations de l’environnement, des aliments et des matériaux, en vue de dénoncer les pollutions et permettre à la réglementation d’être appliquée et d’évoluer. Depuis sa création, l’information au public a été l’une des missions essentielles de la CRIIRAD. Elle consiste à décrypter les informations officielles, souvent incomplètes ou mensongères. A dénoncer les conflits d’intérêts « d’experts » ou d’autorités autoproclamées « indépendantes » qui désinforment sans scrupule. La CRIIRAD est présente dans de nombreuses foires et salons afin de rencontrer un public souvent préoccupé par un environnement de plus en plus menacé. Pour répondre à la demande et face à la désinformation officielle chronique, elle a publié en 2002 un atlas des contaminations du territoire français et européen, suite aux retombées de Tchernobyl.

La protection des populations et des travailleurs contre le danger croissant des rayonnements ionisants est une préoccupation constante à la CRIIRAD. Les sources de radioactivité – invisibles, inodores, silencieuses – sont multiples : anciennes mines d’uranium, gaz radon dans l’eau potable et les bâtiments, aliments contaminés, transports de matériaux radioactifs, etc, etc. La santé humaine ne semble pas préoccuper particulièrement ceux qui devraient pourtant la protéger. La CRIIRAD est intervenue entre 2004 et 2007 contre des projets de la Commission Internationale de Protection Radiologique (CIPR) et le Codex Alimentarius qui visaient à autoriser des aliments contaminés mais qui n’atteignaient pas certains « seuils » de tolérance. L’association a estimé que la norme devait rester l’absence de radioactivité. Appuyée par 180 000 signatures, elle a obtenu que les autorités internationales revoient leur copie.

Fukushima a confronté la CRIIRAD a une situation accidentelle grave. Toute sa structure s’est investie sans compter.

La situation au Japon était suivie en permanence et les contrôles atmosphériques renforcés. Sur place, un partenariat scientifique a été organisé afin de pouvoir disposer d’une dizaine de centres de contrôle fiables de la radioactivité.

Les populations continuent de vivre stoïquement en essayant de se protéger quand s’est possible. Un chercheur du CNRS vivant au Japon résume ainsi leur situation : « On nous apprend à creuser notre tombe ».

On ne peut qu’être admiratif devant les innombrables activités conçues, réalisées, développées et assumées par une si modeste structure, qui trouve encore le moyen de pouvoir assurer son indispensable indépendance financière.

Et lorsqu’on réalise que sa mission consiste essentiellement à se confronter au puissant lobby planétaire du nucléaire et aux instances qui le défendent comme AREVA, EDF, AIEA et IRSN, on se met à croire au miracle …

Paul Bonny

(Article à paraître dans L’Essor, La-Chaux-de-Fonds, février 2014)

CRIIRAD Cours Manuel de Falla  26000 VALENCE (France)  0033 475 41 82 50  contact@criirad.org  http://www.criirad.org

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Réponse du Président de la Confédération suisse

Réponse du Président de la Confédération suisse

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par | novembre 18, 2013 · 6:08

Réponse du Conseil d’Etat (Gouvernement) de Genève

Réponse du Conseil d'Etat(Gouvernement) de Genève

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par | novembre 18, 2013 · 6:01

The Origin and Purpose of the Geneva Appeal II.

In 1978, a group from the University of Geneva launched an Appeal to the elected officials of Europe as well as to the European Parliament with a view to finding an alternative to the Super-Phoenix breeder reactor at Creys-Malville (France) and to the plutonium era. This was the Geneva Appeal.

Thirty-five years later, a group of friends, aware of the ever greater – and insoluble – problems posed by the nuclear sector overall, are profoundly disturbed by the disinformation surrounding the seriously devastated and contaminated Japan. It would appear that this lack of information is being maintained in the hope that the world will rapidly forget this “incident” and thus allow the nuclear industry to continue to sell its reactors. It is a text intended as wake up call from the current general torpor and was thus drafted by persons both competent and reliable: it is the Geneva Appeal II.

Fate would have it that this citizen initiative should be launched in Geneva during the year that this city is celebrating the 150th anniversary of the invention of the Red Cross, the initiator of which was Henry Dunant, a Geneva citizen. While it was praiseworthy to tend the wounds caused by human folly, our duty is today to prevent this folly from causing a cascade of disasters.

 This text should be diffused widely by all receiving it to persons of their choice, especially through on-line networks, in order to provoke an awakening of conscience, processes and publications, in short, any actions that might incite our authorities to assume their responsibilities in the face of the ever increasing danger that this energy of mass destruction represents.

Although our means are modest, our ambition is on a scale with the danger we face, in spite of ourselves, because of everything nuclear. It is imperative that we abandon this energy in all haste, an energy that has already twice demonstrated the    incalculable damage it can cause.

For further information: Ivo.Rens@unige.ch

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SECOND APPEAL from GENEVA to POLITICAL AUTHORITIES EVERYWHERE

End nuclear energy, NOW !

Only twenty-five years separate the nuclear disasters of Chernobyl and Fukushima.

And yet, we were assured that such accidents were virtually impossible! Our political authorities believed it, and so did we. It is in fact impossible to calculate the probability of such accidents, yet it was estimated that an accident might occur only once every 100,000 years. The deplorable fact remains that there have been two accidents in the last twenty-five years. Today, almost 400 nuclear power plants are in working order worldwide. The next disaster could happen anywhere any time.

The current state of these ageing plants can only further increase the risk of a further catastrophe.

The radioactive waste and by-products of these plants is terrifying: it is sufficient to kill every living person on the planet tens of thousand of times over. If no more than a minute proportion of it escaped into the environment it would already be a catastrophe. Never forget that whatever can happen, normally does happen sooner or later – Chernobyl and Fukushima are both ample proof. The only way of eliminating the risk is to stop the nuclear power plants, to store within them the waste they have produced, to extract the spent fuel and seal it in suitable containers, and to transform  the nuclear plants into mausoleums. These mausoleums will become monumental witnesses to future generations of the consequences and risks of using uncontrollable technologies.

Instead of trying to make us forget the disasters which have already occurred, States, international institutions and the centres of economic power must take the decision to give up nuclear power and move towards replacing it entirely with renewable energies. This is perfectly possible if one stopped trying to prevent the development of renewable energies.

We cannot continue to run the risk of a further murderous nuclear disaster which would leave huge areas uninhabitable for centuries, just because of a questionable need for electricity. Remember that the decision was taken to build nuclear plants, and then one thought about how to sell the electricity they produced. This led electricity companies to promote absurd energy practices like electric heating and indiscriminate public lighting.

Nuclear energy is not  renewable, and at some point it will inevitably have to be given up. Any delay simply increases the risk of the next disaster. After Fukushima, Japan stopped almost all its nuclear plants, which demonstrates that it can be done. The only responsible position, and the only way to limit the intractable problems we are leaving to future generations, is to give up nuclear energy now.

List of the first signatories

Pierre Lehmann, physicien nucléaire • Paul Bonny, citoyen genevois • Ivo Rens, Prof. honoraire de l’Université de Genève • Yves Lenoir, physicien ­­• Rémy Pagani, Maire de Genève • Michèle Rivasi, fondatrice de la CRIIRAD, députée européenne •Wladimir Tchertkoff, vice-prés. Enfants de Tchernobyl-Bélarus • Prof. Alexey V.Yablokov, Académie des sciences de Russie •Anne-Cécile Reimann, Prés. ContrAtom, Genève • Luc Recordon, député au Parlement suisse Wataru Iwata, citoyen japonais •Prof. émérite Michel Fernex, Faculté de Médecine, Bâle (Suisse) • Roger Nordmann, député au Parlement suisse • Liliane Maury Pasquier, députée au Parlement suisse • Bruno Barillot, lauréat du Nuclear Free Future Award 2010, Polynésie française • Philippe Lebreton, Prof. honoraire, Université Lyon 1• Victor Ruffy, anc. président du Conseil national (Suisse) • Jean-Robert Yersin, député au Grand Conseil (VD) • Robert J. Parsons, journaliste • Isabelle Chevalley, députée au Parlement suisse • Luc Breton, anc. expert responsable en radioprotection, Institut Suisse de Recherche Expérimentale sur le Cancer, Epalinges • Yves Renaud, diplômé du CNAM de Paris • Jürg Buri, directeur Fondation Suisse de l’Energie, Zurich • Frédéric Radeff, Citoyen de Genève • François Lefort, Prof. HES, Député au Grand Conseil (GE) • Walter Wildi, Prof géologie. Université de Genève • Joel Jakubec, Pasteur de l’Eglise protestante de Genève • Danielle Martinet, Citoyenne de Genève • Ciril Mizrahi, ancien constituant (GE) • Manuel Tornare, Député au Parlement suisse, ancien Maire de Genève • Salima Moyard, Dépotée au Grand Conseil (GE) • Marc Oran, Député au Grand Conseil (VD) • Guillaume Mathelier, Maire d’Ambilly • Edouard Dommen, Ethicien • Micheline Calmy-Rey, anc. Présidente de la Confédération suisse • Renaud Gautier, Député au Grand Conseil (GE) • Pierre Mercier, Prof. Honoraire de l’Université de Lausanne.

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Ursprung und Ziel des Aufrufs Genf II

1978 hat eine Gruppe Akademiker der Universität Genf einen Aufruf an die Abgeordneten des Europäischen Parlaments gerichtet, um eine Lösung zu finden, den Super-Phenix in Creys-Malville (Frankreich) und die Plutoniumgesellschaft auszutauschen. So entstand der « Aufruf Genf ».

35 Jahre später sind einige Freunde, sensibilisiert durch die immer grösseren Probleme der nuklearen Technik, sehr besorgt über die chronischen Fehlinformationen, die aus dem schwer geschädigten und verseuchten Japan kommen, wohl darauf abzielend, dass die Welt rasch den « Unfall » vergisst, und die Kerntechniker weiterhin ihre neuen Zentralen verkaufen können.

Um Bewusstsein  zu erwecken wird von den Verfassern des ersten Genfer Aufrufs, nach verschiedenen Überlegungen, ein neuer Text aufgesetzt :

« Aufruf Genf II »

Dieser Text sollte von jedem Adressaten grosszügig weitergeleitet werden, an Personen seiner Wahl, im Netz, um Nachdenken und Reaktionen zu provozieren, kurz- jede Aktion wahrzunehmen, die unsere Autoritäten dazu bringt, ihre Verantwortung gegenüber der immer grösser werdenden Gefahr dieser massiven Zerstörungsenergie zu übernehmen.

Wir haben zwar weder die Struktur, noch die Möglichkeit, eine weltweite Aktion zu leiten ; aber den festen Willen, mit unseren bescheidenen Mitteln, dazu beizutragen, dass diese gefährliche Energieform aufgegeben wird, um den Wandel auf erneuerbare Energien zu beschleunigen.

Wenn auch Sie unterschreiben wollen und für weitere Informationen : appel2genève@gmail.com

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Genferaufruf II an politische Autoritäten

Wir müssen die Atomenergie aufgeben, und zwar jetzt !

Die Atomkatastrophen von Tchernobyl und Fukushima sind in einem Zeitraum von 25 Jahren passiert. Obwohl man uns versichert hatte, dass solche Unfälle nahezu unmöglich seien !

Unsere Politiker haben das geglaubt, und wir auch. In Wirklichkeit ist es unrealistisch,

solche Unfälle vorher berechnen zu können. Sie wurden sogar auf einen Unfall in 100’000 Jahren geschätzt. Die traurige Wahrheit ist aber, dass es in 25 Jahren gleich zweimal passierte.

Heute sind etwas weniger als 400 Nuklearreaktoren weltweit in Betrieb. Die nächste Katastrophe könnte also irgendwo und irgendwann wieder passieren. Der jetzige Zustand der immer älterwerdenden Zentralen kann eine solche Möglichkeit nur vergrössern.

Das radioaktive Potenziell dieser Installationen ist absolut erschreckend : es kann jeden Bewohner unserer Erde auslöschen und dies mehrere zehntausendmal. Es genügt, wenn nur ein winziger Teil dieser Kraft in die Natur austritt, um eine Katastrophe zu produzieren.

Vergessen wir nicht, dass alles, was geschehen könnte, letzlich auch geschieht… Tchernobyl und Fukushima sind zwei Beweise. Das einzige Mittel, diese Gefahr zu beseitigen ist, die Zentralen abzuschalten, darin den Atommüll, den sie verursacht haben, zu deponieren, den bestrahlten Brennstoff zu filtern und in angemessenen Containern und Depots zu lagern, und schliesslich diese Stätten in ein Mausoleum zu verwandeln. Diese Mausoleen werden ein Mahnmal für zukünftige Generationen sein und zeigen, wie die Konsequenzen und Risiken von nicht beherrschter Technik aussehen.

Anstatt zu versuchen, uns die schon passierten Katastrophen vergessen zu lassen, sollten Staaten, internationale Institutionen, und führende Witschaftsmächte sich entschliessen,

die Atomenergie aufzugeben, um den Wandel für alternative Energie einzuleiten, die zweifellos fähig ist, Atomenergie zu ersetzen, wenn man aufhört, ihr Steine in den Weg zu legen.

Wir können es uns nicht mehr erlauben, das Risiko einer tödlichen Atomkatastrophe einzugehen, die weite Teile einer Region unbewohnbar machen würde, nur unter der fragwürdigen Begründung, man brauche unbedingt einen deutlich höheren Elektrizitäts-konsum. Vergessen wir nicht, dass man zuerst die Atomzentralen gebaut hat, und sich erst dann gefragt hat, wie man die produzierte Elektrizität am besten verkaufen solle. Dies hat die Elektrizitätsfirmen dazu gebracht, absurde Massnahmen zur Steigerung des Stromverbrauchs zu finden, wie z.B. elektrische Heizungen, oder öffentliche Beleuchtung der Städte.

Die Nuklearenergie ist keine erneuerbare Energie, der Verzicht darauf ist unvermeidlich.

Jedes Hinauszögern vermehrt nur die Gefahr einer nächsten Katastrophe. Nach Fukushima hat Japan fast alle seine Reaktoren stillgelegt, das zeigt, dass dies machbar ist !

Es ist die einzige verantwortliche Haltung und der einzige Weg, die unlösbaren Probleme zu vermeiden, die wir zukünftigen Generationen hinterlassen würden.

Genf, den 24. Mai 2013

Pierre Lehmann, Atomphysiker  Paul Bonny, Genfer Bürger Yves Lenoir, Physiker  Ivo Rens, Professor H.C. Universität Genf  Remy Pagani, Genfer Bürgermeister  Michèle Rivasi, Gründerin des CRIRAD u. Europäische Abgeordnete der Grünen  Wladimir Tchertkoff, Vizepräsident Kinder von Tchernobyl  Prof. Alexey V.Yablokov, Akademie der Wissen-schaften Russland Anne-Cécile Reimann, Präsidentin ContrAtom Genf  Luc Recordon, Schweizer Abgeordneter  Wataru Iwata, Japanischer Bürger  Michel Fernex, emeritierter Professor Medizinische Fakultät Basel Roger Nordmann, Schweizer Parlamentsabgeordneter  Liliane Maury Pasquier, Schweizer Parlamentsabgeordnete  Bruno Barillot, Preisgewinner Nuclear Free Future Award 2010-Polynésie française  Philip Lebreton, emeritierter Professor, Universität Lyon 1  Victor Ruffy, früherer President des Schweizer Nationalrates  Jean-Robert Yersin, Abgeordneter Kanton Vaud, Schweiz  Robert Parsons, Journalist  Isabelle Chevalley, Schweizer Parlamentsabgeordnete  Luc Breton, früher verantwortlicher Experte für Strahlen-schutz, Institut Suisse de Recherche Expérimentale sur le cancer, Epalinges (Suisse) Yves Renaud, Diplom des CNAM-Paris Jürg Buri, Director Schweizerische Energie-Stiftung, Zürich Frédéric Radeff, Genfer Bürger François Lefort Prof. HES, Genfer Abgeordneter Walter Wildi, Prof. Geologie Universität Genf Joel Jakubec, Evang. Pastor Genf Danielle Martinet, Genfer Bürgerin Cyril Mizrahi, ehemalig konstituirende (GE) Manuel Tornare, Schweizer Parlament, ehemaliger Genfer Bürgermeister Salima Moyard, Genfer Abgeordnete Marc Oran Abgeordneter Kanton Vaud Guillaume Mathelier, Bürgermeister von Ambilly (F) Edouard Dommen, Ethiker Micheline Calmy-Rey, ehemalige Präsidentin der Schweizer Confédération Renaud Gautier, Genfer Abgeordneter Pierre Mercier, Professor H.C. Universität Lausanne.

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Réponse des autorités politiques suisses à l’Appel de Genève II

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Graf & Lombardi

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par | septembre 29, 2013 · 5:45

Les enfants de Tchernobyl

« Ce qui nous attend en Europe occidentale, si l’on continue… »
L’Association pour l’Appel de Genève II réédite ci-dessous
un article de Michel Hugot, Ingénieur informaticien,
daté d’octobre 2011, mis à jour le 26 septembre 2013:

Appel à financer les projets de
l’institut  de radioprotection « BELRAD »

Siège social : Résidence « Les Jardins d’Emeraude »
28 bis, rue de la République – 22770 Lancieux.
 http://enfants-tchernobyl-belarus.org

Exposé des motifs :

Deux millions de personnes au moins, dont 500 000 enfants, vivent, en Biélorussie, sur un sol contaminé par l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Toute la chaîne alimentaire est polluée par des éléments radioactifs. Parmi ceux-ci, le Césium 137. Le sol en regorge. Pour les familles peu fortunées, il est (quasiment) impossible de ne pas en ingérer. Les populations des zones les plus contaminées dépendent d’un soutien dérisoire de l’Etat biélorusse et du travail de l’Institut « Belrad », représenté en France par l’association franco-biélorusse Enfants de Tchernobyl Bélarus (ETB), loi 1901, créée le 27 avril 2001. L’Institut indépendant « Belrad » a été créé à Minsk en 1990, avec l’aide de Sakharov et de Karpov, par le Prof. Vassili Nesterenko, un physicien nucléaire du plus haut niveau qui, après l’accident de Tchernobyl, s’est reconverti dans la radioprotection des enfants qui sont les plus gravement touchés par la contamination radioactive. On constate en effet dès la naissance :

– Des malformations
– Une grande fragilité
– Atteinte de tous les systèmes de défense contre les infections
– Maladies cardiovasculaires
– Maladies endocrines dont le diabète sucré grave
– Thyroïdites
– Atteintes neuro-psychiques et oculaires
– Lésions d’autres organes
– Cancers

L’Institut BELRAD utilise un système de mesure de la radioactivité du Cesium 137 incorporé chez chaque enfant et un traitement qui réduit la charge en césium radioactif accumulé dans les organes. Ce traitement, à base de pectine de pomme vitaminée comporte des cures pour les enfants contaminés pendant 3 semaines, les cures devant être répétées de 2 à 4 fois par an pour produire un effet significatif. Cette préparation permet d’éliminer les atomes radioactifs (Cesium, Strontium et dérivés de l’Uranium). Beaucoup de Biélorusses, ayant de faibles revenus, doivent se nourrir d’aliments produits localement, fortement contaminés, et ne peuvent financer les traitements de leurs enfants. Les équipes de l’Institut BELRAD sillonnent les villages biélorusses, en mesurant le taux de Césium 137 chez les enfants et en leur fournissant gratuitement les comprimés de Pectine.

L’institut BELRAD est, avec 430 000 mesures effectuées sur les enfants en vingt ans d’activité, le seul témoin irréfutable de la contamination radioactive toujours présente dans une grande partie du territoire de Biélorussie. Il va à l’encontre de la version rassurante diffusée par les gouvernements et les organismes internationaux sous l’égide de l’OMS et de l’AIEA qui veulent faire croire que « Tchernobyl, c’est fini ». (voir le site d’Independent Who) Loin d’aider l’institut, on s’acharne à le faire disparaître.

Il y a donc deux raisons de défendre l’institut BELRAD, que pratiquement seule l’association Enfants de Tchernobyl Bélarus finance :
1) L’aide humanitaire, qui seule permet, par l’information des familles et l’utilisation des  cures de pectine pour réduire les effets délétères du Cesium137, tout spécialement chez   l ‘ e n f a n t , b i e n p l u s vulnérable que l’adulte.
2) Renforcer le combat pour que la vérité scientifique sur les conséquences sanitaires immédiates et à long terme d’un accident tel que celui de Tchernobyl soit enfin reconnue. BELRAD nous apporte pour cela une quantité de données irremplaçables.

Historique et financements :

A l’origine, le financement de BELRAD reposait sur l’aide du premier gouvernement biélorusse. Les gros donateurs étaient des millionnaires russes, comme Karpov, puis une fondation américaine qui a arrêté son aide à la suite de l’attentat de septembre 2001. D’autres sources, en provenance d’ONG occidentales, ont rapidement diminué.
– L’institut est né quand l’URSS disparaissait : il fallait répondre d’urgence aux immenses dégâts provoqués par la catastrophe de Tchernobyl sur la santé des habitants des zones contaminées et non évacuées de Biélorussie.
– La Fondation France Libertés de Danielle Mitterrand, qui nous avait aidé généreusement les premières années, a cessé toute aide.
– L’institut ne reçoit plus aucune aide d’origine publique depuis 2005.
– L’association Enfants de Tchernobyl Belarus se bat pratiquement seule pour assurer la survie de l’institut BELRAD.

Le contexte actuel :

En réponse à l’appel d’offre européen financé par EuropeAid inspiré par un nouveau programme de l’ONU, l’Institut Belrad a présenté, en avril 2009, un projet de radioprotection incluant les cures de pectine pour les enfants contaminés. Le financement demandé sur 18 mois s’élevait à 60 000 euros. La délégation de l’Union Européenne à Kiev, en charge de l’instruction de ces dossiers, a répondu à l’Institut par une insultante fin de non recevoir : « La thématique de votre projet n’est pas d’actualité ».

Pour comprendre ce refus, il faut savoir que les quatre agences de l’ONU (AIEA, OMS, PNUD, UNICEF) sous l’égide de l’AIEA, ont déclaré le 24 avril 2009 que les territoires affectés par l’accident de 1986 ne sont plus dangereux pour les populations… ce que même le gouvernement français n’ose prétendre en déconseillant formellement aux touristes de se rendre dans le Sud-Est du Bélarus (voir page web du Ministère des affaires étrangères).

Or, trois exemples – pour ne s’en tenir qu’à ceux-ci – en provenance des pays les plus touchés par l’accident, se sont inscrits en faux de cette affirmation, en confirmant l’utilité de la radioprotection des enfants telle que la pratique l’Institut Belrad au Bélarus, en empruntant la même méthode.

D’UKRAINE:

En partenariat avec le Centre de Médecine Radioactive de l’Académie des Sciences d’Ukraine, une ONG alsacienne qui s’occupe des enfants ukrainiens (Les Enfants de Tchernobyl ) a réalisé, en 2008, une étude qui reprenait le protocole de l’Institut Belrad de Nesterenko. Des centaines d’enfants, habitant des villages contaminés du nord de l’Ukraine, ont fait l’objet d’une mesure de la contamination radioactive en césium 137 incorporé dans leur organisme, avant et après leur séjour dans l’Est de la France, mais également avant et après des cures de Vitapect2, un composé de pectine, fabriqué sous licence pour l’Institut Belrad de Minsk. Dans sa dernière édition, la très officielle Revue de l’Académie des Sciences médicales du Ministère de la santé publique d’Ukraine a consacré un article de 9 pages aux résultats obtenus à l’initiative de l’association française. On retiendra de cette publication scientifique 4 informations majeures :

1) Les organismes des enfants qui n’étaient pas nés au moment de l’explosion du réacteur nucléaire contiennent du césium 137.
2) Les enfants sont contaminés par le biais de la chaîne alimentaire.
3) Un séjour de 3 semaines en France permet de réduire de 30% en moyenne la   c o n t a m i n a t i o n
interne en césium 137 et ne plus subir la contamination externe. Ces résultats sont remarquables et prouvent l’intérêt de ces projets.
4) Une cure de pectine de 3 semaines dans leur école permet de réduire de 50% à 70% la contamination interne en césium 137.

Pour permettre à BELRAD de continuer à soulager les souffrances des milliers d’enfants contaminés par les radiations dues à la catastrophe de Tchernobyl, toutes les aides sont les bienvenues.
Merci.

P.S. : Pour info, en 2011, la France possède 58 réacteurs nucléaires répartis dans 19 centrales.
         Tchernobyl: un seul réacteur, des centaines de milliers de morts, des millions de malades !

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